certains juristes tardifs, apparus après le troisième siècle de l’Hégire, ont prétendu que, si le ciel est couvert, il est permis au calculateur de se conformer, pour son seul usage personnel, au calcul ; si celui-ci conclut à la visibilité du croissant, il jeûne, sinon il ne jeûne pas. Bien que cette opinion soit limitée au cas d’obscurcissement et restreinte au seul calculateur, elle demeure une position isolée, contredite par un consensus antérieur. Quant au fait de la suivre par temps clair, ou d’y suspendre l’application du jugement général adressé à l’ensemble des musulmans, aucun musulman ne l’a jamais soutenu. Cette thèse rejoint de près l’idée de certains Ismâʿîliens qui se contentent de compter les jours sans tenir compte du croissant ; quelques-uns rapportent même de Jaʿfar al-Ṣâdiq un tableau censé servir de référence, tableau que ‘Abd Allâh b. Mu‘âwiya a, en réalité, forgé de toutes pièces. De telles affirmations sont étrangères à la religion de l’Islam, et Allah a absous Jaʿfar et d’autres de tout propos de ce genre. Il ne fait aucun doute que, l’islam étant manifeste, nul ne peut publiquement fonder sa position sur ces spéculations ; toutefois, il se peut que, secrètement, on y recoure pour accepter ou rejeter un témoignage, nourrissant quelque soupçon sur le fait que la Loi n’aurait pas rattaché le jugement au croissant. Pour ma part, si Allah le veut, j’exposerai la question et mettrai en lumière ce qu’enseigne la Sharî‘a : preuves à l’appui, en montrant la raison d’être des textes, sur les plans scripturaire et rationnel. Allah, exalté soit-Il, dit : « Ils t’interrogent au sujet des nouveaux croissants. Dis : “Ils sont des repères temporels pour les gens et pour le pèlerinage.” » Il informe ainsi qu’ils constituent des repères temporels pour les gens ; c’est là une formule englobante pour l’ensemble de leurs affaires. Il mentionne spécifiquement le pèlerinage pour le distinguer : d’une part parce que le pèlerinage est assisté par les anges et d’autres créatures, d’autre part parce qu’il se tient dans les derniers mois de l’année, devenant ainsi un signe indicatif de l’année, tout comme le croissant
بَعْضَ الْمُتَأَخِّرِينَ مِنْ الْمُتَفَقِّهَةِ الحادثين بَعْدَ الْمِائَةِ الثَّالِثَةِ زَعَمَ أَنَّهُ إذَا غُمَّ الْهِلَالُ جَازَ لِلْحَاسِبِ أَنْ يَعْمَلَ فِي حَقِّ نَفْسِهِ بِالْحِسَابِ فَإِنْ كَانَ الْحِسَابُ دَلَّ عَلَى الرُّؤْيَةِ صَامَ وَإِلَّا فَلَا. وَهَذَا الْقَوْلُ وَإِنْ كَانَ مُقَيَّدًا بِالْإِغْمَامِ وَمُخْتَصًّا بِالْحَاسِبِ فَهُوَ شَاذٌّ مَسْبُوقٌ بِالْإِجْمَاعِ عَلَى خِلَافِهِ. فَأَمَّا اتِّبَاعُ ذَلِكَ فِي الصَّحْوِ أَوْ تَعْلِيقُ عُمُومِ الْحُكْمِ الْعَامِّ بِهِ فَمَا قَالَهُ مُسْلِمٌ. وَقَدْ يُقَارِبُ هَذَا قَوْلَ مَنْ يَقُولُ مِنْ الْإِسْمَاعِيلِيَّة بِالْعَدَدِ دُونَ الْهِلَالِ وَبَعْضُهُمْ يَرْوِي عَنْ جَعْفَرٍ الصَّادِقِ جَدْوَلًا يُعْمَلُ عَلَيْهِ وَهُوَ الَّذِي افْتَرَاهُ عَلَيْهِ عَبْدُ اللَّهِ بْنُ مُعَاوِيَةَ. وَهَذِهِ الْأَقْوَالُ خَارِجَةٌ عَنْ دِينِ الْإِسْلَامِ وَقَدْ بَرَّأَ اللَّهُ مِنْهَا جَعْفَرًا وَغَيْرَهُ. وَلَا رَيْبَ أَنَّ أَحَدًا لَا يُمْكِنُهُ مَعَ ظُهُورِ دِينِ الْإِسْلَامِ أَنْ يُظْهِرَ الِاسْتِنَادَ إلَى ذَلِكَ. إلَّا أَنَّهُ قَدْ يَكُونُ لَهُ عُمْدَةٌ فِي الْبَاطِنِ فِي قَبُولِ الشَّهَادَةِ وَرَدِّهَا وَقَدْ يَكُونُ عِنْدَهُ شُبْهَةٌ فِي كَوْنِ الشَّرِيعَةِ لَمْ تُعَلِّقْ الْحُكْمَ بِهِ. وَأَنَا إنْ شَاءَ اللَّهُ أُبَيِّنُ ذَلِكَ وَأُوَضِّحُ مَا جَاءَتْ بِهِ الشَّرِيعَةُ: دَلِيلًا وَتَعْلِيلًا شَرْعًا وَعَقْلًا. قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: {يَسْأَلُونَكَ عَنِ الْأَهِلَّةِ قُلْ هِيَ مَوَاقِيتُ لِلنَّاسِ وَالْحَجِّ} فَأَخْبَرَ أَنَّهَا مَوَاقِيتُ لِلنَّاسِ وَهَذَا عَامٌّ فِي جَمِيعِ أُمُورِهِمْ وَخَصَّ الْحَجَّ بِالذِّكْرِ تَمْيِيزًا لَهُ؛ وَلِأَنَّ الْحَجَّ تَشْهَدُهُ الْمَلَائِكَةُ وَغَيْرُهُمْ وَلِأَنَّهُ يَكُونُ فِي آخِرِ شُهُورِ الْحَوْلِ. فَيَكُونُ عَلَمًا عَلَى الْحَوْلِ كَمَا أَنَّ الْهِلَالَ