Nom complet : Taqî ad-Dîn Abû al-'Abbâs Ahmad ibn 'Abd al-Halîm ibn 'Abd as-Salâm ibn Taymiyya al-Harrânî al-Hanbalî.
Naissance et décès : Il est né le 10 Rabî' al-Awwal 661 H (22 janvier 1263) à Harrân, et il est décédé le 20 Dhû al-Qi'da 728 H (26 septembre 1328) à Damas.
Sa place dans la Oumma : Il est surnommé Cheikh al-Islâm, titre que lui ont attribué de nombreux savants de son époque et des générations suivantes, en reconnaissance de sa science immense et de son dévouement à la défense de la Sunna. Il était un savant, juriste, mujtahid, muhaddith et théologien sunnite de l'école hanbalite.
Ses origines et sa jeunesse : Il est né dans une famille bénie de savants hanbalites. Son grand-père Majd ad-Dîn et son père Shihâb ad-Dîn étaient tous deux des savants reconnus. À l'âge de sept ans, sa famille émigra vers Damas pour fuir l'invasion mongole. C'est dans cette ville qu'il grandit, baigné dans un environnement de science et de piété.
Sa formation : Il étudia auprès de plus de deux cents savants. Allâh l'avait doté d'une mémoire exceptionnelle et d'une intelligence remarquable. À seulement 19 ans, il enseignait déjà les sciences islamiques et maîtrisait le Coran, le hadith, le fiqh, la théologie et la langue arabe. À 17 ans, il avait déjà reçu l'autorisation de délivrer des fatwas.
Ses contributions à la da'wa : Cheikh al-Islâm consacra sa vie à défendre la 'aqîda des Salaf as-Sâlih et à combattre les innovations (bid'a) qui s'étaient répandues dans la Oumma. Il réfuta les égarements des philosophes, des sectes déviantes et de ceux qui altéraient le tawhîd par le culte des tombes et la demande d'intercession aux morts. Il défendit avec force la voie du juste milieu d'Ahl as-Sunnah wa al-Jamâ'a dans les questions des Noms et Attributs d'Allâh.
Parmi ses œuvres majeures : le Minhâj as-Sunna an-Nabawiyya, Al-'Aqîda al-Wâsitiyya, Al-Furqân bayna Awliyâ' ar-Rahmân wa Awliyâ' ash-Shaytân, et ses célèbres Majmû' al-Fatâwâ. Son élève Ibn al-Qayyim al-Jawziyya (رحمه الله) a recensé environ 350 ouvrages de sa plume.
Son jihâd et son courage : Il ne se contenta pas de la science théorique, mais participa activement à la défense des musulmans. Il prit part à la bataille de Shaqhab contre les Tatars et donna une fatwa autorisant les combattants à rompre le jeûne du Ramadan pour avoir la force de combattre, suivant l'exemple du Prophète ﷺ lors de la conquête de La Mecque.
Ses épreuves : Comme beaucoup de savants de la vérité, il fut éprouvé par l'emprisonnement à plusieurs reprises à cause de ses positions fermes sur la 'aqîda et son refus de se plier aux pressions des autorités et de certains savants qui s'opposaient à lui. Il vécut ces épreuves avec une patience (sabr) exemplaire et continua à écrire et à adorer Allâh en prison. Il disait (رحمه الله) : « Que peuvent me faire mes ennemis ? Mon paradis est dans mon cœur, où que j'aille il m'accompagne. Mon emprisonnement est une retraite spirituelle, mon exil est un voyage, et mon exécution est un martyre. »
Son adoration : Ibn al-Qayyim rapporte qu'Ibn Taymiyya s'asseyait après la prière du Fajr pour faire le dhikr d'Allâh jusqu'à presque midi, puis disait : « Ceci est mon repas du matin, si je ne le prends pas, mes forces diminuent. »
Son décès : Il mourut en prison à Damas le 20 Dhû al-Qi'da 728 H. Les gens de Damas lui firent des funérailles grandioses, auxquelles assistèrent environ 200 000 hommes et 15 000 femmes, qu'Allâh lui fasse miséricorde et l'accueille dans Firdaws al-A'lâ.
Son héritage : Son œuvre reste une référence incontournable pour quiconque cherche à comprendre la 'aqîda authentique d'Ahl as-Sunnah et les fondements du fiqh. Ses écrits continuent d'illuminer les cœurs et de guider les musulmans vers le retour au Coran et à la Sunna, conformément à la compréhension des Salaf as-Sâlih.