Quant à ceux qui soutiennent – tels que la majorité des disciples d’al-Shâfiʿî – que l’observation du croissant n’est pas valable pour l’ensemble des contrées, certains ont fixé la limite à la distance qui autorise le raccourcissement de la prière, tandis que d’autres l’ont rattachée aux zones où les horizons diffèrent effectivement, comme entre le Ḥijâz et la Syrie, ou entre l’Irak et le Khorasan. Ces deux critères demeurent cependant fragiles : la distance permettant le qaṣr n’a aucun rapport avec le croissant, et, s’agissant des provinces, qui en a jamais défini la frontière ?
Ces deux avis se trompent sur deux points.
Premier point : la visibilité varie selon l’orientation est–ouest. Chaque fois que le croissant est aperçu à l’est, il doit nécessairement l’être à l’ouest, mais l’inverse n’est pas vrai. En effet, le coucher du soleil se produit plus tard à l’ouest qu’à l’est ; si donc le croissant a déjà été vu à l’est, il aura, à l’ouest, gagné en clarté et se sera davantage éloigné du soleil et de son halo au moment du coucher, ce qui le rend d’autant plus visible. Il n’en va pas de même lorsqu’il est aperçu à l’ouest : la cause peut être simplement le retard du coucher du soleil dans cette région, retard qui accroît la distance et la luminosité du croissant ; or, lorsque le soleil s’est couché à l’est, celui-ci se trouvait encore proche de l’astre. De plus, lorsqu’on le voit à l’ouest, il est déjà couché pour les habitants de l’est. Ce phénomène est manifeste pour le coucher du soleil, du croissant et des autres astres. Ainsi, lorsque l’heure du maghrib entre à l’ouest, elle est déjà commencée à l’est, jamais l’inverse ; de même, lorsqu’un astre se lève à l’ouest, il s’est déjà levé à l’est, et cela ne s’inverse pas. En somme, le lever et le coucher des étoiles à l’est précèdent toujours ceux de l’ouest.
وَاَلَّذِينَ قَالُوا:
لَا تَكُونُ رُؤْيَةً لِجَمِيعِهَا كَأَكْثَرِ أَصْحَابِ الشَّافِعِيِّ مِنْهُمْ مَنْ حَدَّدَ ذَلِكَ بِمَسَافَةِ الْقَصْرِ وَمِنْهُمْ مَنْ حَدَّدَ ذَلِكَ بِمَا تَخْتَلِفُ فِيهِ الْمَطَالِعُ: كَالْحِجَازِ مَعَ الشَّامِ وَالْعِرَاقِ مَعَ خُرَاسَانَ وَكِلَاهُمَا ضَعِيفٌ؛ فَإِنَّ مَسَافَةَ الْقَصْرِ لَا تَعَلُّقَ لَهَا بِالْهِلَالِ. وَأَمَّا الْأَقَالِيمُ فَمَا حَدَّدَ ذَلِكَ؟
ثُمَّ هَذَانِ خَطَأٌ مِنْ وَجْهَيْنِ:
أَحَدُهُمَا: أَنَّ الرُّؤْيَةَ تَخْتَلِفُ بِاخْتِلَافِ التَّشْرِيقِ وَالتَّغْرِيبِ فَإِنَّهُ مَتَى رُئِيَ فِي الْمَشْرِقِ وَجَبَ أَنْ يُرَى فِي الْمَغْرِبِ وَلَا يَنْعَكِسُ؛ لِأَنَّهُ يَتَأَخَّرُ غُرُوبُ الشَّمْسِ بِالْمَغْرِبِ عَنْ وَقْتِ غُرُوبِهَا بِالْمَشْرِقِ فَإِذَا كَانَ قَدْ رُئِيَ ازْدَادَ بِالْمَغْرِبِ نُورًا وَبُعْدًا عَنْ الشَّمْسِ وَشُعَاعِهَا وَقْتَ غُرُوبِهَا فَيَكُونُ أَحَقَّ بِالرُّؤْيَةِ وَلَيْسَ كَذَلِكَ إذَا رُئِيَ بِالْمَغْرِبِ لِأَنَّهُ قَدْ يَكُونُ سَبَبُ الرُّؤْيَةِ تَأَخُّرَ غُرُوبِ الشَّمْسِ عِنْدَهُمْ فَازْدَادَ بُعْدًا وَضَوْءًا وَلَمَّا غَرَبَتْ بِالْمَشْرِقِ كَانَ قَرِيبًا مِنْهَا. ثُمَّ إنَّهُ لَمَّا رُئِيَ بِالْمَغْرِبِ كَانَ قَدْ غَرَبَ عَنْ أَهْلِ الْمَشْرِقِ فَهَذَا أَمْرٌ مَحْسُوسٌ فِي غُرُوبِ الشَّمْسِ وَالْهِلَالِ وَسَائِرِ الْكَوَاكِبِ وَلِذَلِكَ إذَا دَخَلَ وَقْتُ الْمَغْرِبِ بِالْمَغْرِبِ دَخَلَ بِالْمَشْرِقِ وَلَا يَنْعَكِسُ وَكَذَلِكَ الطُّلُوعُ إذَا طَلَعَتْ بِالْمَغْرِبِ طَلَعَتْ بِالْمَشْرِقِ وَلَا يَنْعَكِسُ فَطُلُوعُ الْكَوَاكِبِ وَغُرُوبُهَا بِالْمَشْرِقِ سَابِقٌ.