… du Messager. Quant à celui qui instaure une religion sans qu’Allah ne l’ait autorisée, il est évident que les principes qui la requièrent ne sauraient être rapportés du Prophète ; car il s’agit là d’un faux, et ce qui découle du faux est faux, tout comme la conséquence de la vérité est vérité. Cette distinction met également en lumière ce que les Anciens pieux (salaf) et les imâms visaient lorsqu’ils blâmaient le kalâm et ses adeptes : elle concerne celui qui s’appuie sur des preuves viciées ou qui emploie des preuves pour défendre des doctrines erronées. Quant à celui qui énonce la vérité à laquelle Allah a donné Son agrément, tant dans la sentence que dans la preuve, il fait partie des gens de science et de foi ; et Allah dit la vérité et guide vers le droit chemin. S’adresser à des gens en utilisant leur propre terminologie et leur langue n’est pas répréhensible – lorsqu’il y a nécessité et que les significations véhiculées sont authentiques – ; de même qu’il est permis, et même louable en cas de besoin, de s’adresser aux non-Arabes – qu’ils soient Romains, Perses ou Turcs – dans leur langue et selon leurs usages. Les imâms n’ont jugé cela blâmable que lorsqu’il n’y a pas nécessité. Ainsi le Prophète – paix et bénédiction sur lui – dit à Umm Khâlid bint Khâlid ibn Sa‘îd ibn al-‘Âṣ, encore enfant, née en Abyssinie où son père avait émigré : « Ô Umm Khâlid, ceci est sana », le terme sana signifiant « beau » dans la langue abyssinienne, parce qu’elle faisait partie des locuteurs de cette langue. De même, le Coran et le ḥadith peuvent être traduits pour celui qui a besoin qu’on les lui explique par la traduction ; et le musulman lit, dans la langue des autres peuples, ce dont il a besoin dans leurs ouvrages et leurs propos, puis les traduit en arabe. Le Prophète ordonna ainsi à Zayd ibn Thâbit d’apprendre l’écriture des Juifs afin qu’il puisse lui lire leurs textes et y répondre, car il ne se fiait pas à eux à ce sujet.
الرَّسُولِ. وَأَمَّا مَنْ شَرَعَ دِينًا لَمْ يَأْذَنْ بِهِ اللَّهُ فَمَعْلُومٌ أَنَّ أُصُولَهُ الْمُسْتَلْزِمَةَ لَهُ لَا يَجُوزُ أَنْ تَكُونَ مَنْقُولَةً عَنْ النَّبِيِّ إذْ هُوَ بَاطِلٌ وَمَلْزُومُ الْبَاطِلِ بَاطِلٌ كَمَا أَنَّ لَازِمَ الْحَقِّ حَقٌّ. وَهَذَا التَّقْسِيمُ يُنَبِّهُ أَيْضًا عَلَى مُرَادِ السَّلَفِ وَالْأَئِمَّةِ بِذَمِّ الْكَلَامِ وَأَهْلِهِ: إذْ ذَلِكَ يَتَنَاوَلُ لِمَنْ اسْتَدَلَّ بِالْأَدِلَّةِ الْفَاسِدَةِ أَوْ اسْتَدَلَّ عَلَى الْمَقَالَاتِ الْبَاطِلَةِ. فَأَمَّا مَنْ قَالَ الْحَقَّ الَّذِي أَذِنَ اللَّهُ فِيهِ حُكْمًا وَدَلِيلًا فَهُوَ مِنْ أَهْلِ الْعِلْمِ وَالْإِيمَانِ. وَاَللَّهُ يَقُولُ الْحَقَّ وَهُوَ يَهْدِي السَّبِيلَ. وَأَمَّا مُخَاطَبَةُ أَهْلِ اصْطِلَاحٍ بِاصْطِلَاحِهِمْ وَلُغَتِهِمْ فَلَيْسَ بِمَكْرُوهِ - إذَا اُحْتِيجَ إلَى ذَلِكَ وَكَانَتْ الْمَعَانِي صَحِيحَةً - كَمُخَاطَبَةِ الْعَجَمِ: مِنْ الرُّومِ وَالْفُرْسِ وَالتُّرْكِ بِلُغَتِهِمْ وَعُرْفِهِمْ فَإِنَّ هَذَا جَائِزٌ حَسَنٌ لِلْحَاجَةِ. وَإِنَّمَا كَرِهَهُ الْأَئِمَّةُ إذَا لَمْ يَحْتَجْ إلَيْهِ وَلِهَذَا قَالَ النَّبِيُّ لِأُمِّ خَالِدٍ بِنْتِ خَالِدِ بْنِ سَعِيدِ بْنِ العاص - وَكَانَتْ صَغِيرَةً وُلِدَتْ بِأَرْضِ الْحَبَشَةِ لِأَنَّ أَبَاهَا كَانَ مِنْ الْمُهَاجِرِينَ إلَيْهَا فَقَالَ لَهَا - {يَا أُمَّ خَالِدٍ هَذَا سَنَا} وَالسَّنَا بِلِسَانِ الْحَبَشَةِ الْحَسَنُ؛ لِأَنَّهَا كَانَتْ مِنْ أَهْلِ هَذِهِ اللُّغَةِ. وَكَذَلِكَ يُتَرْجَمُ الْقُرْآنُ وَالْحَدِيثُ لِمَنْ يَحْتَاجُ إلَى تَفْهِيمِهِ إيَّاهُ بِالتَّرْجَمَةِ وَكَذَلِكَ يَقْرَأُ الْمُسْلِمُ مَا يَحْتَاجُ إلَيْهِ مِنْ كُتُبِ الْأُمَمِ وَكَلَامِهِمْ بِلُغَتِهِمْ. وَيُتَرْجِمُهَا بِالْعَرَبِيَّةِ. كَمَا أَمَرَ النَّبِيُّ زَيْدَ بْنَ ثَابِتٍ أَنْ يَتَعَلَّمَ كِتَابَ الْيَهُودِ لِيَقْرَأَ لَهُ وَيَكْتُبَ لَهُ ذَلِكَ حَيْثُ لَمْ يَأْمَنْ مِنْ الْيَهُودِ عَلَيْهِ.