On dira alors :
Ce qu’il avance, s’agissant de la transmission des doctrines des savants, est une erreur reconnue comme telle par l’ensemble des savants, et il en va de même pour la transmission des propos du Prophète – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui. Bien plus, lorsqu’un Compagnon connaît l’intention du Prophète – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui – dans le terme dont celui-ci avait coutume (1) de s’adresser aux gens, il lui est loisible de l’exposer aux Successeurs au moyen d’une autre expression grâce à laquelle ils saisissent l’intention du Prophète – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui. Si cette expression est plus explicite dans l’indication du sens, il est préférable de la rapporter. On ne s’attache à restituer le mot exact que lorsque l’intention n’est pas connue, et l’on transmet alors le terme même.
Allah – Très-Haut – a pourtant rapporté les paroles des communautés qui nous ont précédés en langue arabe, laquelle est plus parfaite dans l’exposé et la signification que les langues qu’elles utilisaient entre elles, surtout à notre égard, car l’exposé destiné à nous est, sans conteste, plus éclatant, tandis que la clarté et l’obscurité sont des notions relatives. Il est bien établi que les propos rapportés par Allah – Exalté soit-Il – de Moïse – sur lui la paix –, de Pharaon, de Jacob – sur lui la paix – et de ses fils, ainsi que d’autres peuples dont la langue n’était pas l’arabe, qu’elle fût hébraïque, copte, syriaque ou autre, Il les a cités en arabe. Ainsi en est-il de tout traducteur : il traduit la parole d’autrui avec une formulation plus limpide pour les auditeurs que celle employée au départ.
Par ailleurs, la langue arabe est prééminente (2) ; il n’existe aucune commune mesure entre l’éloquence de l’expression coranique et celle d’un autre discours, et malgré cela, Allah – glorifié et exalté soit-Il – a rapporté leurs propos au moyen de ces expressions d’une éloquence inégalée.
Les Compagnons et les Successeurs, après eux, n’ont cessé de relater les propos les uns des autres avec un terme différent qui mette en évidence le sens voulu pour les auditeurs, lorsque (3) cela leur apparaissait plus clair.
Or, cet objectant a attribué aux Compagnons et aux Successeurs des propos qu’ils n’ont jamais formulés,
(1) Écrit à l’origine avec le yā’ (يَعُود), et il est probable que la forme qu’il a retenue soit la bonne. Il dit dans al-Qāmūs (p. 387) : « jaʿalahu min ʿādatihi ».
(2) Écrit à l’origine mutaqāriba (متقاربة), et il est probable que la forme qu’il a attestée soit la bonne, ou un terme semblable.
(3) Écrit à l’origine wa-in (وَإِنّ).
فيقال:
هذا في نقل مذاهب العلماء غلط باتفاق العلماء، بل وفي نقل كلام النبي - صلى الله عليه وسلم -؛ بل الصحابي إذا عَلِمَ مُرادَ النبي - صلى الله عليه وسلم - بلفظه الذي تعوَّد
(١)
الخطاب به = كان له أن يبين للتابعين مراد النبي - صلى الله عليه وسلم - بلفظ آخر يفهمون به مراده، وإذا كان هذا اللفظ أوضح في الدلالة كانت الرواية به أولى، وإنما يتحرى اللفظ إذا لم يعلم مراده، فيؤدي اللفظ بعينه.
والله ــ تعالى ــ قد حكى أقوال الأمم قبلنا باللفظ العربي الذي هو أتم في البيان والدلالة من الألفاظ التي كانوا يتخاطبون بها، لا سيما لنا، فإنَّ البيان لنا أَجَلُّ بلا ريبٍ، والجلاء والخفاء أمر نسبي، ومعلوم أن ما ذكره الله ــ تعالى ــ من قول موسى ــ عليه السلام ــ وفرعون، ويعقوب ــ عليه السلام ــ وبنيه وغيرهم ممن كانت لغته غير عربية، بل إما عبرية وإما قبطية وإما سريانية وإما غير ذلك = ذكرها الله ــ تعالى ــ باللغة العربية، وهكذا كل مُتَرْجَمٍ يترجم كلام غيره بعبارة أجلى من تلك العبارة للمستمعين.
ثم العربية متفوقة
(٢)
، فليس بين عبارة القرآن وغيره نسبة في البلاغة؛ ومع هذا فالله ــ سبحانه وتعالى ــ حكى أقوالهم بهذه الألفاظ البليغة.
والصحابة والتابعون بعدهم مازالوا يحكون كلام بعضهم بلفظٍ آخر يَبِين به المعنى المراد للمستمعين، إن
(٣)
كان ذلك أجلى لهم.
وهذا المعترض قد حكى أقوال الصحابة والتابعين أقوالًا لم يقولوها،
(١) في الأصل بالياء (يعود)، ولعل الصواب ما أثبت. قال في القاموس (ص ٣٨٧): جَعَلَهُ من عادته.
(٢) في الأصل: (متقاربة)، ولعل الصواب ما أثبت أو كلمة نحوها.
(٣) في الأصل: (وإن).