(les gens) : cette mention comporte une précaution oratoire appuyée, afin que l’on ne s’imagine pas, d’après la parole : « et il atteignait le summum de la générosité durant le mois de Ramadân », que sa générosité fût réservée au seul Ramadân ; l’auteur commence donc par lui reconnaître, premièrement, la générosité absolue de façon générale, puis il y adjoint l’accroissement de cette générosité pendant Ramadân.
Paroles du commentateur :
« Et il était au comble de la générosité durant Ramadân ».
Cette formulation a déjà été rapportée, dans le chapitre « Le début de la Révélation », par une autre chaîne de transmission remontant à az-Zouhrî, sous la forme : « Il était le plus généreux qu’il soit durant Ramadân ». Il a été expliqué que la vocalisation la plus répandue de « ajwadu » est au nominatif, bien que l’accusatif soit défendable ; la présente version vient conforter la lecture au nominatif.
« Parce que Jibrîl le rencontrait… »
Cette phrase expose la raison de la générosité évoquée. Elle est plus explicite que la version citée dans « Le début de la Révélation » où l’on lit : « Il atteignait le comble de la générosité en Ramadân lorsque Jibrîl le rencontrait ».
« Chaque nuit du mois de Ramadân, jusqu’à ce que le mois s’écoule » : c’est-à-dire jusqu’à la fin de Ramadân. Ces mots indiquent clairement que l’Ange rencontrait le Prophète صلى الله عليه وسلم ainsi chaque année, depuis la descente du Coran, et non pas uniquement durant les Ramadân postérieurs à l’Hégire – quand bien même le jeûne de Ramadân ne fut prescrit qu’après celle-ci – car le mois s’appelait déjà « Ramadân » avant l’obligation de son jeûne.
« Le Messager d’Allâh صلى الله عليه وسلم lui présentait le Coran » : ceci est l’inverse de ce que le titre du chapitre laissait entendre, où il est dit que Jibrîl présentait le Coran au Prophète. Dans la version du « Début de la Révélation » on lit : « Il le rencontrait chaque nuit de Ramadân et ils étudiaient ensemble le Coran ». On en déduit que chacun des deux présentait à l’autre. Ceci est appuyé par la version rapportée d’Abû Hurayra à la fin du chapitre – comme nous l’expliquerons.
Le hadith emploie ainsi le terme « Coran » pour désigner une partie, voire la plus grande partie du Livre : lors du premier Ramadân après la mission prophétique seule une fraction en était révélée, puis ainsi de suite chaque année, jusqu’au dernier Ramadân où tout le Coran était descendu, hormis quelques versets révélés postérieurement, entre ce Ramadân et le décès du Prophète صلى الله عليه وسلم en Rabî‘ al-Awwal de l’an onze. Font partie de ces révélations tardives la parole du Très-Haut : « Aujourd’hui, J’ai parachevé pour vous votre religion », descendue le jour de ‘Arafa – point sur lequel les savants sont unanimes et que l’ouvrage a déjà mentionné.
Du fait du petit nombre de versets révélés après le dernier Ramadân, leur révision ne fut pas mentionnée ; on apprend donc de ce passage que le mot « Coran » peut se rapporter métaphoriquement à une partie seulement du Livre, si bien que celui qui jure de « lire le Coran » s’acquitte de son serment en en récitant une portion, sauf s’il avait l’intention d’en lire la totalité.
Les savants ont divergé quant à la « dernière révision » : eut-elle lieu selon l’ensemble des modes de lecture autorisés (al-ahruf), ou selon l’un d’entre eux uniquement ? Dans ce second cas, s’agit-il du mode sur lequel ‘Uthmân rassembla toutes les copies, ou d’un autre ?
Aḥmad, Ibn Abî Dâwûd et aṭ-Ṭabarî rapportent, par la voie de ‘Ubayda b. ‘Amr as-Salmânî, que la version sur laquelle ‘Uthmân mit tout le monde d’accord correspond à la révision finale. De même, selon Muhammad b. Sîrîn : « Jibrîl révisait le Coran avec le Prophète صلى الله عليه وسلم… » – puis il ajoute à la fin : « Ils pensent que notre lecture est la plus récente, la plus proche de la révision finale ».
Al-Hâkim rapporte un texte similaire d’après Samura, avec une chaîne jugée bonne ; il en a même authentifié la teneur : « Le Coran fut présenté au Messager d’Allâh صلى الله عليه وسلم à plusieurs reprises, et ils (les Compagnons) disent : notre lecture actuelle correspond à la dernière révision ».
Par la voie de Mujâhid, Ibn ‘Abbâs demanda : « Laquelle des deux lectures estimez-vous avoir été la dernière ? »
Ils répondirent : « La lecture de Zayd b. Thâbit ».
Il dit : « Non. Le Messager d’Allâh صلى الله عليه وسلم présentait le Coran à Jibrîl chaque année ; l’année de son décès il le présenta deux fois, et la lecture d’Ibn Mas‘ûd fut la dernière des deux ». Cela diffère donc du propos rapporté de Samura et de ceux qui l’ont suivi.
Chez Musaddad, dans son Musnad, on lit par la voie d’Ibrâhîm an-Nakha‘î qu’Ibn ‘Abbâs entendit un homme déclarer : « La première lecture ».
Il lui dit : « Qu’entends-tu par “première lecture” ? »
L’homme répondit : « ‘Umar envoya Ibn Mas‘ûd à Koufa comme instructeur ; les gens adoptèrent sa lecture, puis ‘Uthmân la changea. Ils appellent donc la lecture d’Ibn Mas‘ûd “la première lecture” ».
Ibn ‘Abbâs répliqua : « C’est en réalité la dernière lecture avec laquelle le Prophète صلى الله عليه وسلم présenta (le Coran) à Jibrîl ».
An-Nasâ’î rapporte, par la voie d’Abû Ẓabyân : Ibn ‘Abbâs me demanda : « Laquelle des deux lectures récites-tu ? »
Je répondis : « La première lecture, celle d’Ibn Umm ‘Abd – c’est-à-dire ‘Abd Allâh b. Mas‘ûd ».
Il dit : « Au contraire, c’est bien la dernière : le Messager d’Allâh صلى الله عليه وسلم révisait…"
النَّاسِ) فِيهِ احْتِرَاسٌ بَلِيغٌ لِئَلَّا يُتَخَيَّلُ مِنْ قَوْلِهِ وَأَجْوَدُ مَا يَكُونُ فِي رَمَضَانَ أَنَّ الْأَجْوَدِيَّةَ خَاصَّةٌ مِنْهُ بِرَمَضَانَ فِيهِ فَأَثْبَتَ لَهُ الْأَجْوَدِيَّةَ الْمُطْلَقَةَ أَوَّلًا ثُمَّ عَطَفَ عَلَيْهَا زِيَادَةَ ذَلِكَ فِي رَمَضَانَ.
قَوْلُهُ:
(وَأَجْوَدُ مَا يَكُونُ فِي رَمَضَانَ)
تَقَدَّمَ فِي بَدْءِ الْوَحْيِ مِنْ وَجْهٍ آخَرَ عَنِ الزُّهْرِيِّ بِلَفْظِ: وَكَانَ أَجْوَدُ مَا يَكُونُ فِي رَمَضَانَ وَتَقَدَّمَ أَنَّ الْمَشْهُورَ فِي ضَبْطِ أَجْوَدُ أَنَّهُ بِالرَّفْعِ وَأَنَّ النَّصْبَ مُوَجَّهٌ، وَهَذِهِ الرِّوَايَةُ مِمَّا تُؤَيِّدُ الرَّفْعَ.
قَوْلُهُ:
(لِأَنَّ جِبْرِيلَ كَانَ يَلْقَاهُ)
فِيهِ بَيَانُ سَبَبِ الْأَجْوَدِيَّةِ الْمَذْكُورَةِ،
وَهِيَ أَبْيَنُ مِنَ الرِّوَايَةِ الَّتِي فِي بَدْءِ الْوَحْيِ بِلَفْظِ:
وَكَانَ أَجْوَدُ مَا يَكُونُ فِي رَمَضَانَ حِينَ يَلْقَاهُ جِبْرِيلُ.
قَوْلُهُ:
(فِي كُلِّ لَيْلَةٍ فِي شَهْرِ رَمَضَانَ حَتَّى يَنْسَلِخَ)
أَيْ رَمَضَانُ، وَهَذَا ظَاهِرٌ فِي أَنَّهُ كَانَ يَلْقَاهُ كَذَلِكَ فِي كُلِّ رَمَضَانَ مُنْذُ أُنْزِلَ عَلَيْهِ الْقُرْآنُ وَلَا يَخْتَصُّ ذَلِكَ بِرَمَضَانَاتِ الْهِجْرَةِ، وَإِنْ كَانَ صِيَامُ شَهْرِ رَمَضَانَ إِنَّمَا فُرِضَ بَعْدَ الْهِجْرَةِ لِأَنَّهُ كَانَ يُسَمَّى رَمَضَانَ قَبْلَ أَنْ يُفْرَضَ صِيَامُهُ.
قَوْلُهُ:
(يَعْرِضُ عَلَيْهِ رَسُولُ اللَّهِ
ﷺ
الْقُرْآنَ)
هَذَا عَكْسُ مَا وَقَعَ فِي التَّرْجَمَةِ لِأَنَّ فِيهَا أَنَّ جِبْرِيلَ كَانَ يَعْرِضُ عَلَى النَّبِيِّ
ﷺ
وَفِي هَذَا أَنَّ النَّبِيَّ
ﷺ
كَانَ يَعْرِضُ عَلَى جِبْرِيلَ،
وَتَقَدَّمَ فِي بَدْءِ الْوَحْيِ بِلَفْظِ:
وَكَانَ يَلْقَاهُ فِي كُلِّ لَيْلَةٍ مِنْ رَمَضَانَ فَيُدَارِسُهُ الْقُرْآنَ فَيُحْمَلُ عَلَى أَنَّ كُلًّا مِنْهُمَا كَانَ يَعْرِضُ عَلَى الْآخَرِ، وَيُؤَيِّدُهُ مَا وَقَعَ فِي رِوَايَةِ أَبِي هُرَيْرَةَ آخِرَ أَحَادِيثِ الْبَابِ كَمَا سَأُوَضِّحُهُ. وَفِي الْحَدِيثِ إِطْلَاقُ الْقُرْآنِ عَلَى بَعْضِهِ وَعَلَى مُعْظَمِهِ، لِأَنَّ أَوَّلَ رَمَضَانَ مِنْ بَعْدِ الْبَعْثَةِ لَمْ يَكُنْ نَزَلَ مِنَ الْقُرْآنِ إِلَّا بَعْضَهُ، ثُمَّ كَذَلِكَ كُلُّ رَمَضَانَ بَعْدَهُ، إِلَى رَمَضَانَ الْأَخِيرِ فَكَانَ قَدْ نَزَلَ كُلُّهُ إِلَّا مَا تَأَخَّرَ نُزُولُهُ بَعْدَ رَمَضَانَ الْمَذْكُورِ، وَكَانَ فِي سَنَةِ عَشْرٍ إِلَى أَنْ مَاتَ النَّبِيُّ
ﷺ
فِي رَبِيعٍ الْأَوَّلِ سَنَةَ إِحْدَى عَشْرَةَ،
وَمِمَّا نَزَلَ فِي تِلْكَ الْمُدَّةِ قَوْلُهُ تَعَالَى:
﴿الْيَوْمَ أَكْمَلْتُ لَكُمْ دِينَكُمْ﴾ فَإِنَّهَا نَزَلَتْ يَوْمَ عَرَفَةَ وَالنَّبِيُّ
ﷺ
بِهَا بِالِاتِّفَاقِ، وَقَدْ تَقَدَّمَ فِي هَذَا الْكِتَابِ، وَكَأَنَّ الَّذِي نَزَلَ فِي تِلْكَ الْأَيَّامِ لَمَّا كَانَ قَلِيلًا بِالنِّسْبَةِ لِمَا تَقَدَّمَ اغْتُفِرَ أَمْرُ مُعَارَضَتِهِ، فَيُسْتَفَادُ مِنْ ذَلِكَ أَنَّ الْقُرْآنَ يُطْلَقُ عَلَى الْبَعْضِ مَجَازًا، وَمِنْ ثَمَّ لَا يَحْنَثُ مَنْ حَلَفَ لَيَقْرَأَنَّ الْقُرْآنَ فَقَرَأَ بَعْضَهُ، إِلَّا إِنْ قَصَدَ الْجَمِيعَ.
وَاخْتُلِفَ فِي الْعَرْضَةِ الْأَخِيرَةِ هَلْ كَانَتْ بِجَمِيعِ الْأَحْرُفِ الْمَأْذُونِ فِي قِرَاءَتِهَا أَوْ بِحَرْفٍ وَاحِدٍ مِنْهَا؟ وَعَلَى الثَّانِي فَهَلْ هُوَ الْحَرْفُ الَّذِي جَمَعَ عَلَيْهِ عُثْمَانُ جَمِيعَ النَّاسِ أَوْ غَيْرُهُ؟ وَقَدْ رَوَى أَحْمَدُ، وَابْنُ أَبِي دَاوُدَ،
وَالطَّبَرِيُّ مِنْ طَرِيقِ عُبَيْدَةَ بْنِ عَمْرٍو السَّلْمَانِيِّ أَنَّ الَّذِي جَمَعَ عَلَيْهِ عُثْمَانُ النَّاسَ يُوَافِقُ الْعَرْضَةَ الْأَخِيرَةَ وَمِنْ طَرِيقِ مُحَمَّدِ بْنِ سِيرِينَ قَالَ:
كَانَ جِبْرِيلُ يُعَارِضُ النَّبِيَّ
ﷺ
بِالْقُرْآنِ - الْحَدِيثَ نَحْوَ حَدِيثِ ابْنِ عَبَّاسٍ وَزَادَ فِي آخِرِهِ -: فَيَرَوْنَ أَنَّ قِرَاءَتَنَا أَحْدَثُ الْقِرَاآتِ عَهْدًا بِالْعَرْضَةِ الْأَخِيرَةِ.
وَعِنْدَ الْحَاكِمِ نَحْوُهُ مِنْ حَدِيثِ سَمُرَةَ وَإِسْنَادُهُ حَسَنٌ، وَقَدْ صَحَّحَهُ هُوَ وَلَفْظُهُ عُرِضَ الْقُرْآنُ عَلَى رَسُولِ اللَّهِ
ﷺ
عَرْضَاتٍ،
وَيَقُولُونَ:
إِنَّ قِرَاءَتَنَا هَذِهِ هِيَ الْعَرْضَةُ الْأَخِيرَةُ وَمِنْ طَرِيقِ مُجَاهِدٍ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ قَالَ: أَيُّ الْقِرَاءَتَيْنِ تَرَوْنَ كَانَ آخِرَ الْقِرَاءَةِ؟
قَالُوا:
قِرَاءَةُ زَيْدِ بْنِ ثَابِتٍ،
فَقَالَ:
لَا، إِنَّ رَسُولَ اللَّهِ
ﷺ
كَانَ يَعْرِضُ الْقُرْآنَ كُلَّ سَنَةٍ عَلَى جِبْرِيلَ، فَلَمَّا كَانَ فِي السَّنَةِ الَّتِي قُبِضَ فِيهَا عَرَضَهُ عَلَيْهِ مَرَّتَيْنِ وَكَانَتْ قِرَاءَةُ ابْنِ مَسْعُودٍ آخِرُهُمَا وَهَذَا يُغَايِرُ حَدِيثَ سَمُرَةَ وَمَنْ وَافَقَهُ،
وَعِنْدَ مُسَدَّدٍ فِي مُسْنَدِهِ مِنْ طَرِيقِ إِبْرَاهِيمَ النَّخَعِيِّ أَنَّ ابْنَ عَبَّاسٍ سَمِعَ رَجُلًا يَقُولُ:
الْحَرْفُ الْأَوَّلُ،
فَقَالَ:
مَا الْحَرْفُ الْأَوَّلُ؟
قَالَ:
إِنَّ عُمَرَ بَعَثَ ابْنَ مَسْعُودٍ إِلَى الْكُوفَةِ مُعَلِّمًا فَأَخَذُوا بِقِرَاءَتِهِ فَغَيَّرَ عُثْمَانُ الْقِرَاءَةَ، فَهُمْ يَدْعُونَ قِرَاءَةَ ابْنِ مَسْعُودٍ الْحَرْفَ الْأَوَّلَ،
فَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ:
إِنَّهُ لَآخِرُ حَرْفٍ عَرَضَ بِهِ النَّبِيُّ
ﷺ
عَلَى جِبْرِيلَ وَأَخْرَجَ النَّسَائِيُّ مِنْ طَرِيقِ أَبِي ظَبْيَانَ قَالَ: قَالَ لِيَ ابْنُ عَبَّاسٍ: أَيُّ الْقِرَاءَتَيْنِ تَقْرَأُ؟
قُلْتُ:
الْقِرَاءَةَ الْأُولَى قِرَاءَةَ ابْنِ أُمِّ عَبْدٍ - يَعْنِي عَبْدَ اللَّهِ بْنَ مَسْعُودٍ -
قَالَ:
بَلْ هِيَ الْأَخِيرَةُ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ
ﷺ
كَانَ يَعْرِضُ