Ibn Hajar Al-Asqalani
ابن حجر العسقلاني
À propos de l'auteur
Nom complet : Shihâb ad-Dîn Abou al-Fadl Ahmad ibn 'Alî ibn Muhammad ibn Muhammad ibn Ahmad al-Kinânî al-'Asqalânî ash-Shâfi'î.
Naissance et décès : Il est né le 12 Sha'bân 773 H (18 février 1372) en Égypte. Il mourut après la prière du 'Ishâ' le samedi 8 Dhû al-Hijja 852 H (2 février 1449) au Caire, qu'Allâh lui fasse miséricorde.
Sa place dans la Oumma : Il est le savant classique « dont l'œuvre de toute une vie constitue la synthèse finale de la science du hadith ». Il porte les titres les plus élevés que la Oumma puisse donner à un savant du hadith : Hâfiz al-'Asr (le Hâfiz de son époque), Shaykh al-Islâm, et Amîr al-Mu'minîn fî al-Hadîth (le Commandeur des Croyants dans le hadith). Sheikh al-Albânî (رحمه الله) dit de lui : « Ibn Hajar était le plus fort de ceux parmi les savants qui avaient mémorisé le hadith. »
Ses origines : Sa famille était originaire de la région de Qâbis en Tunisie. Certains membres s'étaient installés en Palestine — d'où le nom « al-'Asqalânî » (d'Ascalon, en Palestine) — avant de fuir la menace des Croisés. Son père, 'Alî ibn Muhammad, était lui-même un savant shâfi'ite et poète qui connaissait les sept lectures canoniques du Coran. Ses deux parents moururent dans son enfance, et il devint orphelin dès l'âge de quatre ans. SubhânAllâh, de cet orphelin, Allâh fit le plus grand muhaddith de son époque.
Sa jeunesse prodigieuse : Son tuteur, Zakî ad-Dîn al-Kharrûbî, l'inscrivit aux études coraniques dès l'âge de cinq ans. Il excellait, apprenant la sourate Maryam en un seul jour et mémorisant le Coran entier à l'âge de neuf ans. Il mémorisa ensuite des textes classiques tels que le Mukhtasar d'Ibn al-Hâjib en usûl al-fiqh, le Hâwî et le 'Umdat al-Ahkâm. À seulement douze ans, il menait la prière de Tarâwîh à La Mecque en 785 H, ce qui témoigne de la maturité et de la précision de sa mémoire.
Sa formation : Ses professeurs dépassèrent les huit cents. Il étudia le hadith pendant dix ans auprès du grand hâfiz Zayn ad-Dîn al-'Irâqî (رحمه الله), l'une des plus hautes autorités du hadith de son temps. Il étudia le fiqh shâfi'ite auprès d'al-Bulqînî et d'Ibn al-Mulaqqin, et la langue arabe auprès d'al-Majd al-Fayrûzâbâdî (l'auteur du célèbre dictionnaire Al-Qâmûs al-Muhît). Il voyagea à Damas, Jérusalem, La Mecque, Médine et au Yémen pour étudier auprès des plus grands savants.
Sa mémoire exceptionnelle : En raison de sa compréhension rapide et de sa mémoire puissante, il pouvait suivre et corriger des textes qu'on lui lisait pendant qu'il écrivait autre chose. SubhânAllâh, cela illustre le don extraordinaire qu'Allâh lui avait accordé.
Ses postes : Il devint le Qâdî en chef d'Égypte, puis la Syrie fut ajoutée à sa juridiction, un poste qu'il occupa pendant plus de vingt et un ans. Il enseigna à al-Azhar, à la mosquée de 'Amr et dans d'autres lieux. Les savants les plus éminents, y compris ses propres professeurs et contemporains, demandaient ses livres.
Ses œuvres : Il écrivit environ 150 ouvrages couvrant le hadith, les sciences du hadith, la critique biographique des transmetteurs, l'histoire, le tafsîr, la poésie et le fiqh shâfi'ite. Parmi les plus célèbres :
Fath al-Bârî bi Sharh Sahîh al-Boukhârî — Le couronnement de sa carrière et le joyau de toute la littérature de sharh al-hadith. Il le commença en 817 H, après avoir terminé son introduction (Hady as-Sârî) en 813 H, et acheva le commentaire entier en Rajab 842 H — soit plus de vingt-cinq ans de travail. Lorsqu'il fut achevé, une grande célébration fut organisée près du Caire, en présence des savants, des juges et des personnalités les plus éminentes d'Égypte. Ibn Hajar lut les dernières pages de son œuvre, puis des poètes récitèrent des éloges et de l'or fut distribué. L'historien Ibn Iyâs dit que ce fut « la plus grande célébration de l'époque en Égypte ». Des rois étrangers, comme le fils de Timûr, Shâhrukh, et le sultan du Maroc, demandèrent des copies de l'ouvrage avant même qu'il ne fût terminé. Ce livre reste à ce jour le commentaire le plus célèbre et le plus apprécié du Sahîh d'al-Boukhârî.
Hady as-Sârî — L'introduction monumentale du Fath al-Bârî, un ouvrage en soi, dans lequel il traite de la biographie d'al-Boukhârî, de sa méthodologie, des transmetteurs contestés et de questions fondamentales liées au Sahîh.
Bulûgh al-Marâm min Adillat al-Ahkâm — Un recueil concis des hadiths utilisés comme preuves juridiques, classés par chapitres de fiqh. Ce livre est devenu l'un des textes les plus étudiés dans le monde musulman pour le fiqh fondé sur les preuves.
Tahdhîb at-Tahdhîb — Son ouvrage monumental de biographies critiques des transmetteurs de hadiths dans les six grands recueils (al-Kutub as-Sitta), basé sur le Tahdhîb al-Kamâl d'al-Mizzî.
Taqrîb at-Tahdhîb — Un résumé du précédent, où il donne pour chaque transmetteur un jugement bref et synthétique.
Lisân al-Mîzân — Une refonte du Mîzân al-I'tidâl d'adh-Dhahabî sur les transmetteurs critiqués.
Al-Isâba fî Tamyîz as-Sahâba — Le dictionnaire le plus complet des Compagnons du Prophète ﷺ.
Ad-Durar al-Kâmina — Un ouvrage biographique sur les personnalités du VIIIe siècle hégirien.
Nukhbat al-Fikar fî Mustalah Ahl al-Athar — Un texte concis et fondamental en sciences du hadith (mustalah al-hadîth), dont il composa lui-même le commentaire (Nuzhat an-Nazar). Ces deux textes sont parmi les premiers étudiés par les étudiants en science du hadith dans le monde entier.
Badhl al-Mâ'ûn fî Akhbâr at-Tâ'ûn — Un ouvrage sur la peste noire, contenant des méditations sur la maladie et le décret divin.
Et bien d'autres ouvrages de tafsîr, de fiqh, d'histoire et de poésie.
Son caractère : Il était humble, tolérant, patient et endurant. Il était décrit comme constant, prudent, ascète, généreux, dépensant en charité et assidu dans la prière et le jeûne surérogatoires. Il était bon envers ceux qui lui faisaient du tort, et pardonnait à ceux qu'il avait le pouvoir de punir. Une vie entière de proximité avec le hadith du Prophète ﷺ avait imprégné son cœur d'un amour profond pour le Messager d'Allâh ﷺ, comme en témoigne sa poésie rassemblée dans son Dîwân.
Remarque sur sa 'aqîda : En toute honnêteté, il convient de mentionner que l'imam Ibn Hajar (رحمه الله) suivait la voie ash'arite en matière de 'aqîda, et cela se retrouve dans certains passages du Fath al-Bârî où il fait le ta'wîl de certains Attributs divins. Des savants comme l'imam Ibn Bâz (رحمه الله) ont annoté le Fath al-Bârî pour corriger ces points et clarifier la position des Salaf as-Sâlih. Cela ne diminue en rien la valeur immense de son œuvre dans le hadith, et le musulman sage prend le bénéfice de sa science colossale tout en suivant la voie des Salaf dans les questions de 'aqîda.
Son décès : Ses funérailles furent suivies par « cinquante mille personnes », dont le sultan et le calife ; « même les chrétiens furent en deuil ». Qu'Allâh lui accorde Sa vaste miséricorde et l'accueille dans Firdaws al-A'lâ.
Son héritage : L'imam Ibn Hajar al-'Asqalânî est, sans exagération, le plus grand muhaddith de la seconde moitié de l'histoire islamique. Son Fath al-Bârî est un ouvrage dont aucun étudiant en science ne peut se passer. Son Bulûgh al-Marâm est récité et étudié dans les mosquées et les madrasas du monde entier. Ses ouvrages de jarh wa ta'dîl (Tahdhîb at-Tahdhîb, Taqrîb at-Tahdhîb, Lisân al-Mîzân) sont les outils de travail quotidiens de tout chercheur en hadith. Et sa Nukhba avec sa Nuzha sont le point d'entrée de tout étudiant dans les sciences du hadith. Qu'Allâh nous fasse bénéficier de sa science et nous rassemble avec lui et avec le Prophète ﷺ dans Firdaws al-A'lâ.

