La première fois, ce fut par oubli ; la deuxième, sous forme de condition ; et la troisième, délibérément.
Il (al-Khidr) dit : « Ne me tiens pas rigueur pour mon oubli et ne m’accable pas, dans mon affaire, d’une difficulté. » Puis ils rencontrèrent un jeune garçon et il le tua.
Ya‘lâ rapporta que Sa‘îd (ibn Jubayr) dit : « Ils trouvèrent des enfants qui jouaient ; il saisit alors un garçon mécréant, plaisant d’allure, le coucha sur le sol puis l’égorgea au couteau.
Mûsâ s’écria : “As-tu tué une âme pure sans qu’elle ait tué personne ?” — c’est-à-dire qui n’avait rien commis de répréhensible. Ibn ‘Abbâs la lisait zakiyyatan, zâkiyatan, muslimatan, comme on dit : “un garçon pur”.
Ils repartirent et trouvèrent un mur qui voulait s’écrouler ; il le redressa. Sa‘îd montra ainsi de la main — il leva la main et le mur se redressa. Ya‘lâ ajouta : « Il me semble que Sa‘îd dit : “Il le toucha de sa main et il se remit d’aplomb.” »
Mûsâ lui dit : « Si tu l’avais voulu, tu aurais pu exiger, pour cela, un salaire. » Sa‘îd commenta : « Un salaire dont nous aurions mangé. »
« Et il y avait derrière eux » — Ibn ‘Abbâs le lisait : « devant eux » — « un roi… » On rapporte, autres que Sa‘îd, qu’il s’appelait Hudad ibn Budad, tandis que le garçon tué se nommait, disent-ils, Haysûr.
« Un roi qui saisissait tout navire par la force » ; j’ai donc voulu, dit al-Khidr, que, lorsque cette barque passerait auprès de lui, il la laisse en raison de son défaut ; puis, une fois dépassé, ses propriétaires la répareraient et en tireraient profit. Certains disent qu’ils colmatèrent la brèche avec du goudron liquéfié (qârûra), d’autres : avec du goudron (al-qâr).
Quant au garçon, « ses parents étaient croyants, tandis que lui était mécréant. Nous avons craint qu’il ne les accable par son excès et sa mécréance », c’est-à-dire que leur amour pour lui ne les pousse à l’imiter dans sa religion. « Nous avons donc voulu que leur Seigneur leur donne en échange quelqu’un de meilleur que lui en pureté et plus affectueux » — allusion au verset : « As-tu tué une âme pure… ». « Plus affectueux » : ils auraient pour l’enfant de remplacement plus de miséricorde que pour le premier que Khidr avait tué. D’autres que Sa‘îd prétendent qu’ils reçurent en échange une fille.
Dâwud ibn Abî ‘Âṣim rapporta, d’après plus d’un transmetteur : « Il s’agissait d’une fille. »
Chapitre concernant la parole du Très-Haut : « Lorsqu’ils atteignirent le confluent des deux mers, ils oublièrent leur poisson… ». Dans la version d’al-Uṣaylî, on lit : « Lorsqu’il atteignit le confluent des deux mers… » ; la première lecture est toutefois conforme à la récitation usuelle.
Commentaire sur : « Il prit son chemin dans la mer, comme un tunnel (saraban) » : saraban signifie une voie, un passage que l’on suit. D’où l’autre verset : « — et (il est) libre de ses mouvements durant le jour » (sâribun bi-n-nahâr). Abû ‘Ubayda dit, à propos de « Il prit son chemin dans la mer, saraban » : c’est-à-dire un parcours, un trajet dans lequel il s’engouffra. Dans un autre verset, « — et (il est) libre de ses mouvements durant le jour ». Il ajouta encore, au sujet de « libre de ses mouvements durant le jour » : c’est-à-dire qu’il suit sa voie, son itinéraire. On dit aussi : « Untel s’est trouvé en sécurité dans sa demeure (sirbihi) » et « Untel s’en est allé (insaraba) » lorsqu’il s’est retiré.
L’expression : « L’un des deux rajoute à ce que rapporte l’autre » montre que l’un des deux cheikhs d’Ibn Jurayj — dans la chaîne précédente, il s’agit de Sufyân d’après ‘Amr ibn Dînâr seulement — a ajouté des détails que l’autre n’a pas mentionnés.
« Et d’autres encore je l’ai entendu relater ce hadith » : c’est-à-dire le hadith cité. Dans la copie de al-Kushmîhanî, on lit « yuḥaddith » sans complément. Ibn Jurayj a précisé certains de ceux qu’il avait d’abord omis, comme ‘Uthmân ibn Abî Sulaymân ; d’autres maîtres d’Ibn Jurayj — ‘Abd Allâh ibn ‘Uthmân ibn Khuthaym, ‘Abd Allâh ibn Hurmuz, ‘Abd Allâh ibn ‘Ubayd ibn ‘Umayr — ont également rapporté une partie de ce récit d’après Sa‘îd ibn Jubayr. Parmi ceux qui ont transmis ce hadith de Sa‘îd ibn Jubayr, il y a Abû Isḥâq as-Sabî‘î — sa version se trouve chez Muslim, Abû Dâwûd et d’autres — ainsi qu’al-Ḥakam ibn ‘Utaybah, dont la version figure dans la Sîra al-kubrâ d’Ibn Isḥâq ; je mentionnerai plus loin les enseignements tirés de leurs versions.
Lorsque Ibn ‘Abbâs dit : « Interrogez-moi », cela montre qu’il est permis au savant de tenir de tels propos, à condition d’être à l’abri de l’autosatisfaction ou si la nécessité l’exige, notamment par crainte d’oublier la science.
L’expression : « Ô Abâ ‘Abbâs » est la kunya de ‘Abd Allâh ibn ‘Abbâs.
La parole : « Que Dieu fasse de moi ta rançon » constitue un argument pour ceux qui le permettent, contrairement à ceux qui l’interdisent ; la question sera examinée dans le Livre des bonnes manières.
« Il y a à Koufa un homme qui prêche » : dans la copie de al-Kushmîhanî, on lit « À Koufa, un homme prêche… » sans la particule inna en début. Le terme qâṣṣ — avec accentuation du ṣâd — désigne celui qui raconte aux gens des récits d’exhortation et autres.
« Il s’appelle Nauf » — avec un nûn fatha suivi d’un wāw soukûn.
الْأُولَى نِسْيَانًا، وَالْوُسْطَى شَرْطًا، وَالثَّالِثَةُ عَمْدًا.
قَالَ:
﴿لا تُؤَاخِذْنِي بِمَا نَسِيتُ وَلا تُرْهِقْنِي مِنْ أَمْرِي﴾ عُسْرًا. لَقِيَا غُلَامًا فَقَتَلَهُ.
قَالَ يَعْلَى:
قَالَ سَعِيدٌ: وَجَدَ غِلْمَانًا يَلْعَبُونَ، فَأَخَذَ غُلَامًا كَافِرًا ظَرِيفًا فَأَضْجَعَهُ، ثُمَّ ذَبَحَهُ بِالسِّكِّينِ.
قَالَ:
﴿أَقَتَلْتَ نَفْسًا زَكِيَّةً بِغَيْرِ نَفْسٍ﴾ لَمْ تَعْمَلْ بِالْحِنْثِ. وَكَانَ ابْنُ عَبَّاسٍ قَرَأَهَا زَكِيَّةً زَاكِيَةً مُسْلِمَةً، كَقَوْلِكَ غُلَامًا زَكِيًّا، فَانْطَلَقَا، فَوَجَدَا جِدَارًا يُرِيدُ أَنْ يَنْقَضَّ، فَأَقَامَهُ، قَالَ سَعِيدٌ بِيَدِهِ هَكَذَا وَرَفَعَ يَدَهُ فَاسْتَقَامَ،
قَالَ يَعْلَى:
حَسِبْتُ أَنَّ سَعِيدًا قَالَ: فَمَسَحَهُ بِيَدِهِ، فَاسْتَقَامَ.
﴿لَوْ شِئْتَ لاتَّخَذْتَ عَلَيْهِ أَجْرًا﴾ قَالَ سَعِيدٌ:
أَجْرًا نَأْكُلُهُ، ﴿وَكَانَ وَرَاءَهُمْ﴾ وَكَانَ أَمَامَهُمْ - قَرَأَهَا ابْنُ عَبَّاسٍ أَمَامَهُمْ - مَلِكٌ يَزْعُمُونَ عَنْ غَيْرِ سَعِيدٍ أَنَّهُ هُدَدُ بْنُ بُدَدَ، وَالْغُلَامُ الْمَقْتُولُ اسْمُهُ يَزْعُمُونَ حيْسُورٌ. ﴿مَلِكٌ يَأْخُذُ كُلَّ سَفِينَةٍ غَصْبًا﴾ فَأَرَدْتُ إِذَا هِيَ مَرَّتْ بِهِ أَنْ يَدَعَهَا لِعَيْبِهَا، فَإِذَا جَاوَزُوا أَصْلَحُوهَا فَانْتَفَعُوا بِهَا، وَمِنْهُمْ مَنْ يَقُولُ سَدُّوهَا بِقَارُورَةٍ وَمِنْهُمْ مَنْ يَقُولُ بِالْقَارِ.
كَانَ أَبَوَاهُ مُؤْمِنَيْنِ وَكَانَ كَافِرًا، ﴿فَخَشِينَا أَنْ يُرْهِقَهُمَا طُغْيَانًا وَكُفْرًا﴾ أَنْ يَحْمِلَهُمَا حُبُّهُ عَلَى أَنْ يُتَابِعَاهُ عَلَى دِينِهِ،
﴿فَأَرَدْنَا أَنْ يُبْدِلَهُمَا رَبُّهُمَا خَيْرًا مِنْهُ زَكَاةً وَأَقْرَبَ رُحْمًا﴾ لِقَوْلِهِ:
﴿أَقَتَلْتَ نَفْسًا زَكِيَّةً﴾، ﴿وَأَقْرَبَ رُحْمًا﴾ هُمَا بِهِ أَرْحَمُ مِنْهُمَا بِالْأَوَّلِ الَّذِي قَتَلَ خَضِرٌ، وَزَعَمَ غَيْرُ سَعِيدٍ أَنَّهُمَا أُبْدِلَا جَارِيَةً،
وَأَمَّا دَاوُدُ بْنُ أَبِي عَاصِمٍ فَقَالَ عَنْ غَيْرِ وَاحِدٍ:
إِنَّهَا جَارِيَةٌ. قَوْلُهُ
(بَابُ قَوْلِهِ: ﴿فَلَمَّا بَلَغَا مَجْمَعَ بَيْنِهِمَا نَسِيَا حُوتَهُمَا﴾ وَوَقَعَ فِي رِوَايَةِ الْأَصِيلِيِّ (فَلَمَّا بَلَغَ مَجْمَعَ بَيْنِهِمَا)
وَالْأَوَّلُ هُوَ الْمُوَافِقُ لِلتِّلَاوَةِ.
قَوْلُهُ:
﴿فَاتَّخَذَ سَبِيلَهُ فِي الْبَحْرِ﴾ سَرَبًا: مَذْهَبًا، يَسْرَبُ يَسْلُكُ.
وَمِنْهُ:
﴿وَسَارِبٌ بِالنَّهَارِ﴾ قَالَ أَبُو عُبَيْدَةَ فِي قَوْلِهِ تَعَالَى: ﴿فَاتَّخَذَ سَبِيلَهُ فِي الْبَحْرِ سَرَبًا﴾ أَيْ مَسْلَكًا وَمَذْهَبًا يَسْرَبُ فِيهِ،
وَفِي آيَةٍ أُخْرَى ﴿وَسَارِبٌ بِالنَّهَارِ﴾ وَقَالَ أَيْضًا فِي قَوْلِهِ:
(وَسَارِبٌ بِالنَّهَارِ)
: سَالِكٌ فِي سَرَبِهِ أَيْ مَذْهَبِهِ، وَمِنْهُ أَصْبَحَ فُلَانٌ آمِنًا فِي سِرْبِهِ، وَمِنْهُ انْسَرَبَ فُلَانٌ إِذَا مَضَى.
قَوْلُهُ:
(يَزِيدُ أَحَدُهُمَا عَلَى صَاحِبِهِ)
يُسْتَفَادُ بَيَانُ زِيَادَةِ أَحَدِهِمَا عَلَى الْآخَرِ مِنَ الْإِسْنَادِ الَّذِي قَبْلَهُ، فَإِنَّ الْأَوَّلَ مِنْ رِوَايَةِ سُفْيَانَ، عَنْ عَمْرِو بْنِ دِينَارٍ فَقَطْ وَهُوَ أَحَدُ شَيْخَيِ ابْنِ جُرَيْجٍ فِيهِ.
قَوْلُهُ:
(وَغَيْرُهُمَا قَدْ سَمِعْتُهُ يُحَدِّثُهُ)
أَيْ يُحَدِّثُ الْحَدِيثَ الْمَذْكُورَ، وَعَدَّاهُ بِغَيْرِ الْبَاءِ. وَوَقَعَ فِي رِوَايَةِ الْكُشْمِيهَنِيِّ يُحَدِّثُ بِحَذْفِ الْمَفْعُولِ، وَقَدْ عَيَّنَ ابْنُ جُرَيْجٍ بَعْضَ مَنْ أَبْهَمَهُ كَعُثْمَانَ بْنِ أَبِي سُلَيْمَانَ، وَرَوَى شَيْئًا مِنْ هَذِهِ الْقِصَّةِ عَنْ سَعِيدِ بْنِ جُبَيْرٍ مِنْ مَشَايِخِ ابْنِ جُرَيْجٍ، عَبْدُ اللَّهِ بْنُ عُثْمَانَ بْنِ خُثَيْمٍ، وَعَبْدُ اللَّهِ بْنُ هُرْمُزَ، وَعَبْدُ اللَّهِ بْنُ عُبَيْدِ بْنِ عُمَيْرٍ، وَمِمَّنْ رَوَى هَذَا الْحَدِيثَ عَنْ سَعِيدِ بْنِ جُبَيْرٍ، أَبُو إِسْحَاقَ السَّبِيعِيُّ وَرِوَايَتُهُ عِنْدَ مُسْلِمٍ، وَأَبِي دَاوُدَ وَغَيْرِهِمَا، وَالْحَكَمُ بْنُ عُتَيْبَةَ وَرِوَايَتُهُ فِي السِّيرَةِ الْكُبْرَى لِابْنِ إِسْحَاقَ، وَسَأَذْكُرُ بَيَانَ مَا فِي رِوَايَاتِهِمْ مِنْ فَائِدَةٍ.
قَوْلُهُ:
(إِذْ قَالَ: سَلُونِي)
فِيهِ جَوَازُ قَوْلِ الْعَالِمِ ذَلِكَ، وَمَحَلُّهُ إِذَا أُمِنَ الْعُجْبُ أَوْ دَعَتِ الضَّرُورَةُ إِلَيْهِ كَخَشْيَةِ نِسْيَانِ الْعِلْمِ.
قَوْلُهُ:
(أَيْ أَبَا عَبَّاسٍ)
هِيَ كُنْيَةُ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَبَّاسٍ.
وَقَوْلُهُ:
(جَعَلَنِي اللَّهُ فِدَاءَكَ)
فِيهِ حُجَّةٌ لِمَنْ أَجَازَ ذَلِكَ خِلَافًا لِمَنْ مَنَعَهُ، وَسَيَأْتِي الْبَحْثُ فِيهِ فِي كِتَابِ الْأَدَبِ.
قَوْلُهُ:
(إِنَّ بِالْكُوفَةِ رَجُلًا قَاصًّا)
فِي رِوَايَةِ الْكُشْمِيهَنِيِّ بِالْكُوفَةِ رَجُلٌ قَاصٌّ بِحَذْفِ إِنَّ مِنْ أَوَّلِهِ، وَالْقَاصُّ بِتَشْدِيدِ الْمُهْمَلَةِ الَّذِي يَقُصُّ عَلَى النَّاسِ الْأَخْبَارَ مِنَ الْمَوَاعِظِ وَغَيْرِهَا.
قَوْلُهُ:
(يُقَالُ لَهُ نَوْفٌ)
بِفَتْحِ النُّونِ وَسُكُونِ الْوَاوِ