Ibn Mâjah rapporte, par la chaîne de transmission de Humayd, d’après Anas, qu’on interrogea ce dernier au sujet du qunût ; il répondit : « Il se fait avant l’inclinaison (rukûʿ) et après. » Cette chaîne est solide.
Ibn al-Mundhir rapporte, par une autre voie, d’après Humayd, d’après Anas, que certains Compagnons du Prophète ﷺ ont récité le qunût dans la prière de l’aube (ṣalât al-faǧr) avant l’inclinaison, tandis que d’autres l’ont fait après.
Muḥammad b. Naṣr rapporte, par une autre voie encore, d’après Humayd, d’après Anas, que le premier à avoir instauré le qunût avant l’inclinaison – de façon permanente – fut ʿUthmân, afin que les gens rattrapent la rakaʿa. ʿĀṣim a été corroboré, dans ce même propos, par ʿAbd al-ʿAzîz b. Ṣuhaib, d’après Anas, comme on le verra dans le Livre des Expéditions (al-Maghâzî) avec la formulation suivante :
Un homme interrogea Anas au sujet du qunût : devait-il se faire après l’inclinaison ou lorsqu’on termine la récitation ? Il répondit : « Non ; plutôt lorsqu’on achève la récitation. »
La synthèse de ce qui est rapporté d’Anas est la suivante : le qunût prononcé à l’occasion d’une calamité (qunût al-nâzilah) se fait, sans divergence de sa part, après l’inclinaison ; s’il ne s’agit pas d’une calamité, l’avis authentique rapporté de lui est qu’il se fait avant l’inclinaison. Les Compagnons eux-mêmes ont divergé sur ce point, et il apparaît qu’il s’agit là d’une divergence permise.
Sa parole :
« Il avait envoyé un groupe qu’on appelait “les lecteurs (al-qurrâʾ)”. » Le commentaire complet viendra dans le Livre des Expéditions, ainsi que pour la version transmise par Abû Mijlaz. Le rapporteur al-Taymî est Sulaymân, qui transmet d’Anas directement et, comme ici, par intermédiaire.
1004 – Musaddad nous a rapporté ; Ismâʿîl nous a rapporté ; Khâlid, d’après Abû Qilâbah, d’après Anas b. Mâlik :
« Le qunût se faisait dans le maghrib et dans le faǧr. »
Sa parole :
« Ismâʿîl nous a rapporté. » Il s’agit d’Ismâʿîl b. ʿUlayya, et Khâlid est al-Ḥadhdhâʾ.
Sa parole :
« Le qunût se faisait dans le maghrib et dans le faǧr. » L’introduction de cette narration a déjà été expliquée au début du présent chapitre, et certaines de ses parties ont été commentées dans la description de la prière. Muslim a rapporté, d’après al-Barâʾ, un récit allant dans le même sens.
Al-Ṭaḥâwî s’est appuyé sur ce hadith pour soutenir l’abandon du qunût dans la prière de l’aube ; il dit : « Ils sont unanimes quant à son abrogation dans le maghrib ; il en est donc de même pour le ṣubḥ. » Fin de citation. – Il n’échappe pas ce que cette conclusion comporte de discutable.
D’autres l’ont contredit : « Ils sont unanimes sur le fait que le Prophète ﷺ a pratiqué le qunût dans le ṣubḥ, puis ils ont divergé pour savoir s’il l’a abandonné ; on doit donc s’en tenir à ce sur quoi ils s’accordent jusqu’à ce que soit établi ce sur quoi ils diffèrent. »
Il m’est apparu que la sagesse voulant que le qunût motivé par une calamité soit placé dans la station debout après redressement, plutôt qu’en prosternation – alors même que la prosternation est le lieu privilégié pour l’exaucement, comme l’atteste la parole : « L’état où le serviteur est le plus proche de son Seigneur est lorsqu’il est prosterné » – tient à ce que, dans le qunût de calamité, les fidèles puissent participer à l’invocation de l’imâm, ne fût-ce qu’en disant « Âmîn ». C’est pourquoi il a été convenu qu’on s’y exprime à haute voix, contrairement au qunût du ṣubḥ où l’on diverge tant sur son emplacement que sur la manière de le prononcer à voix haute ou basse.
[Complément]
Ibn al-ʿArabî mentionne que le terme qunût comporte dix acceptions ; notre maître, le ḥâfiẓ Zayn al-Dîn al-ʿIrâqî, les a versifiées en ces lignes qu’il nous a récitées plus d’une fois en guise d’ijâza :
« Compte les sens du mot qunût, tu verras…
Plus de dix acceptions dignes d’agrément.
Invocation, humilité, adoration, obéissance…
Sa permanence, son affirmation de la servitude.
Silence, prière, station debout prolongée…
Et la constance dans l’obéissance fructueuse. »
[Conclusion]
Les chapitres consacrés au witr contiennent, parmi les hadiths marfûʿ, quinze traditions, dont une suspendue. Huit d’entre elles se répètent ici et dans les sections précédentes ; il en reste sept complètement distinctes que Muslim a également retenues. S’y ajoutent trois narrations mawṣûl rapportées des Compagnons. Allâh sait mieux.
مَا أَخْرَجَهُ ابْنُ مَاجَهْ مِنْ رِوَايَةِ حُمَيْدٍ عَنْ أَنَسٍ أَنَّهُ سُئِلَ عَنِ الْقُنُوتِ فَقَالَ:
قَبْلَ الرُّكُوعِ وَبَعْدَهُ إِسْنَادُهُ قَوِيٌّ، وَرَوَى ابْنُ الْمُنْذِرِ مِنْ طَرِيقٍ أُخْرَى عَنْ حُمَيْدٍ عَنْ أَنَسٍ أَنَّ بَعْضَ أَصْحَابِ النَّبِيِّ
ﷺ
قَنَتُوا فِي صَلَاةِ الْفَجْرِ قَبْلَ الرُّكُوعِ، وَبَعْضَهُمْ بَعْدَ الرُّكُوعِ.
وَرَوَى مُحَمَّدُ بْنُ نَصْرٍ مِنْ طَرِيقٍ أُخْرَى عَنْ حُمَيْدٍ عَنْ أَنَسٍ، أَنَّ أَوَّلَ مَنْ جَعَلَ الْقُنُوتَ قَبْلَ الرُّكُوعِ - أَيْ دَائِمًا - عُثْمَانُ، لِكَيْ يُدْرِكَ النَّاسُ الرَّكْعَةَ، وَقَدْ وَافَقَ عَاصِمًا عَلَى رِوَايَتِهِ هَذِهِ عَبْدُ الْعَزِيزِ بْنُ صُهَيْبٍ،
عَنْ أَنَسٍ كَمَا سَيَأْتِي فِي الْمَغَازِي بِلَفْظِ:
سَأَلَ رَجُلٌ أَنَسًا عَنِ الْقُنُوتِ بَعْدَ الرُّكُوعِ أَوْ عِنْدَ الْفَرَاغِ مِنَ الْقِرَاءَةِ؟
قَالَ:
لَا بَلْ عِنْدَ الْفَرَاغِ مِنَ الْقِرَاءَةِ، وَمَجْمُوعُ مَا جَاءَ عَنْ أَنَسٍ مِنْ ذَلِكَ أَنَّ الْقُنُوتَ لِلْحَاجَةِ بَعْدَ الرُّكُوعِ لَا خِلَافَ عَنْهُ فِي ذَلِكَ، وَأَمَّا لِغَيْرِ الْحَاجَةِ فَالصَّحِيحُ عَنْهُ أَنَّهُ قَبْلَ الرُّكُوعِ، وَقَدِ اخْتَلَفَ عَمَلُ الصَّحَابَةِ فِي ذَلِكَ، وَالظَّاهِرُ أَنَّهُ مِنَ الِاخْتِلَافِ الْمُبَاحِ.
قَوْلُهُ:
(كَانَ بَعَثَ قَوْمًا يُقَالُ لَهُمُ: الْقُرَّاءُ)
سَيَأْتِي الْكَلَامُ عَلَيْهِ مُسْتَوْفًى فِي كِتَابِ الْمَغَازِي، وَكَذَا عَلَى رِوَايَةِ أَبِي مِجْلَزٍ، وَالتَّيْمِيُّ الرَّاوِي عَنْهُ هُوَ سُلَيْمَانُ، وَهُوَ يَرْوِي عَنْ أَنَسٍ نَفْسِهِ، وَيُرْوَى عَنْهُ أَيْضًا بِوَاسِطَةٍ كَمَا فِي هَذَا الْحَدِيثِ.
١٠٠٤ - حَدَّثَنَا مُسَدَّدٌ،
قَالَ:
حَدَّثَنَا إِسْمَاعِيلُ،
قَالَ:
حَدَّثَنَا خَالِدٌ، عَنْ أَبِي قِلَابَةَ،
عَنْ أَنَسِ بْنِ مَالِكٍ قَالَ:
كَانَ الْقُنُوتُ فِي الْمَغْرِبِ وَالْفَجْرِ.
قوله:
(حَدَّثَنَا إِسْمَاعِيلُ)
هُوَ ابْنُ عُلَيَّةَ، وَخَالِدٌ هُوَ الْحَذَّاءُ.
قَوْلُهُ:
(كَانَ الْقُنُوتُ فِي الْمَغْرِبِ وَالْفَجْرِ)
قَدْ تَقَدَّمَ تَوْجِيهُ إِيرَادِ هَذِهِ الرِّوَايَةِ فِي أَوَّلِ هَذَا الْبَابِ، وَتَقَدَّمَ الْكَلَامُ عَلَى بَعْضِهَا فِي أَثْنَاءِ صِفَةِ الصَّلَاةِ. وَقَدْ رَوَى مُسْلِمٌ مِنْ حَدِيثِ الْبَرَاءِ نَحْوَ حَدِيثِ أَنَسٍ هَذَا،
وَتَمَسَّكَ بِهِ الطَّحَاوِيُّ فِي تَرْكِ الْقُنُوتِ فِي الصُّبْحِ قَالَ:
لِأَنَّهُمْ أَجْمَعُوا عَلَى نَسْخِهِ فِي الْمَغْرِبِ، فَيَكُونُ فِي الصُّبْحِ كَذَلِكَ. انْتَهَى.
وَلَا يَخْفَى مَا فِيهِ.
وَقَدْ عَارَضَهُ بَعْضُهُمْ فَقَالَ:
أَجْمَعُوا عَلَى أَنَّهُ
ﷺ
قَنَتَ فِي الصُّبْحِ، ثُمَّ اخْتَلَفُوا هَلْ تَرَكَ، فَيُتَمَسَّكَ بِمَا أَجْمَعُوا عَلَيْهِ حَتَّى يَثْبُتَ مَا اخْتَلَفُوا فِيهِ؟
وَظَهَرَ لِي أَنَّ الْحِكْمَةَ فِي جَعْلِ الْقُنُوتِ النَّازِلَةَ فِي الِاعْتِدَالِ دُونَ السُّجُودِ مَعَ أَنَّ السُّجُودَ مَظِنَّةُ الْإِجَابَةِ كَمَا ثَبَتَ:
أَقْرَبُ مَا يَكُونُ الْعَبْدُ مِنْ رَبِّهِ وَهُوَ سَاجِدٌ، وَثُبُوتُ الْأَمْرِ بِالدُّعَاءِ فِيهِ أَنَّ الْمَطْلُوبَ مِنْ قُنُوتِ النَّازِلَةِ أَنْ يُشَارِكَ الْمَأْمُومُ الْإِمَامَ فِي الدُّعَاءِ وَلَوْ بِالتَّأْمِينِ، وَمِنْ ثَمَّ اتَّفَقُوا عَلَى أَنَّهُ يُجْهَرُ بِهِ، بِخِلَافِ الْقُنُوتِ فِي الصُّبْحِ فَاخْتُلِفَ فِي مَحَلِّهِ وَفِي الْجَهْرِ بِهِ.
(تَكْمِلَةٌ)
: ذَكَرَ ابْنُ الْعَرَبِيِّ أَنَّ الْقُنُوتَ وَرَدَ لِعَشَرَةِ مَعَانٍ،
فَنَظَمَهَا شَيْخُنَا الْحَافِظُ زَيْنُ الدِّينِ الْعِرَاقِيُّ فِيمَا أَنْشَدَنَا لِنَفْسِهِ إِجَازَةً غَيْرَ مَرَّةٍ:
وَلَفْظُ الْقُنُوتِ اعْدُدْ مَعَانِيَهُ تَجِدْ … مَزِيدًا عَلَى عَشْرِ مَعَانِي مَرْضِيَّهْ
دُعَاءُ خُشُوعٍ وَالْعِبَادَةُ طَاعَةٌ … إِقَامَتُهَا إِقْرَارُهُ بِالْعُبُودِيَّهْ
سُكُوتُ صَلَاةٍ وَالْقِيَامُ وَطُولُهُ … كَذَاكَ دَوَامُ الطَاعَةِ الرَّابِحِ الْقُنِيَّهْ
(خَاتِمَةٌ)
: اشْتَمَلَتْ أَبْوَابُ الْوِتْرِ مِنَ الْأَحَادِيثِ الْمَرْفُوعَةِ عَلَى خَمْسَةَ عَشَرَ حَدِيثًا، مِنْهَا وَاحِدٌ مُعَلَّقٌ، الْمُكَرَّرُ مِنْهَا فِيهِ وَفِيمَا مَضَى ثَمَانِيَةُ أَحَادِيثَ، وَالْخَالِصُ سَبْعَةٌ وَافَقَهُ مُسْلِمٌ عَلَى تَخْرِيجِهَا، وَفِيهِ مِنَ الْآثَارِ ثَلَاثَةٌ مَوْصُولَةٌ، وَاللَّهُ أَعْلَمُ.