Troisième section : clarification de sa manière de fragmenter le ḥadith, de l’abréger, de le reprendre dans les chapitres et de le répéter. L’hâfiẓ Abou l-Faḍl Muḥammad b. Ṭāhir al-Maqdisî – qu’Allah lui fasse miséricorde – a dit, dans un fascicule que nous avons reçu de lui et qu’il intitula « Réponse à l’homme pointilleux » : Sache que l’Imâm al-Bukhârî – qu’Allah l’agrée – cite un même ḥadith en plusieurs endroits de son ouvrage, l’exploitant dans chaque chapitre avec une chaîne différente, et, grâce à la pertinence de ses déductions et à l’ampleur de sa compréhension juridique, il en extrait le sens requis par le chapitre où il le place. Il est rare qu’il rapporte un ḥadith dans deux chapitres avec la même chaîne et la même formulation ; il le fait plutôt par une autre voie, et ce, pour des raisons que nous allons mentionner – Allah est plus savant de ses intentions. Parmi ces raisons : 1. Il rapporte le ḥadith d’un Compagnon, puis le reproduit d’un autre Compagnon, son but étant alors de le soustraire au rang de « gharîb » (isolé). Il agit de même pour les transmetteurs de la deuxième, de la troisième génération, et ainsi de suite jusqu’à ses propres maîtres. Celui qui n’est pas versé dans la discipline pense qu’il s’agit d’une simple répétition, alors qu’en réalité se trouve là un supplément d’utilité. 2. Il a authentifié certains aḥâdîth selon ce principe : chacun d’eux renferme plusieurs enseignements distincts ; il le cite donc dans chaque chapitre par une voie différente de la première. 3. Certains narrateurs transmettent le ḥadith dans sa totalité, d’autres de façon abrégée ; il les rapporte tels quels afin de lever toute ambiguïté à propos de leurs transmetteurs. 4. Il arrive que les formulations divergent : un rapporteur emploie un terme pouvant être compris d’une certaine manière, un autre remplace ce terme par une expression qui peut renvoyer à un autre sens ; lorsque les deux versions remplissent ses conditions, il les rapporte et consacre à chaque variante un chapitre distinct. 5. Certains ḥadîths présentent une opposition entre version « reliée » (mawṣûl) et version « interrompue » (mursal) ; lorsqu’il privilégie la reliée, il la retient et introduit la version interrompue pour indiquer qu’à ses yeux elle n’entame pas la validité de la première. 6. Il en va de même quand se trouvent en balance versions « arrêtées » (mawqûf) et « élevées » (marfû‘). 7. Il existe des aḥâdîth où certains transmetteurs ajoutent un maillon dans la chaîne tandis que d’autres l’omettront ; il les rapporte sous les deux formes, lorsque, selon lui, le narrateur a certes entendu le ḥadith de son shaykh qui le lui raconta d’un autre, puis rencontra ce second et l’entendit directement ; il le transmit donc des deux façons. 8. Il peut citer un ḥadith rapporté sous forme ‘an‘ana (où le terme « ‘an » est utilisé) puis le reproduire par une autre voie mentionnant explicitement l’audition, conformément à sa méthode requérant l’établissement d’une rencontre effective dans la ‘an‘ana. – Tout ce qui précède concerne la reproduction d’un même texte dans un ou plusieurs autres passages. Quant à sa manière de fragmenter le ḥadith dans les chapitres ou de n’en retenir qu’une partie, c’est qu’en présence d’un texte court ou dont les éléments sont intrinsèquement liés, comportant deux enseignements ou davantage, il le répète en fonction de ces enseignements en veillant, malgré tout, à ne pas le priver d’un bénéfice documentaire : il le rapporte alors par un maître autre que celui dont il le rapporta précédemment – comme cela a été expliqué – ce qui permet d’accroître les voies de transmission du ḥadith. Il se peut toutefois que la provenance du ḥadith soit limitée à une seule chaîne ; il use alors de procédés : il le rapporte intégralement à un endroit et, ailleurs, sous forme suspendue ; parfois il le cite dans sa totalité, parfois il s’en tient à la portion utile au chapitre considéré. Lorsque le ḥadith comprend plusieurs phrases sans lien entre elles, il isole chaque phrase dans un chapitre autonome afin d’éviter la longueur ; il peut aussi, lorsqu’il en a l’entrain, le rapporter dans son ensemble. – Tout cela relève du « morcellement » (taqṭî‘). Certains commentateurs du Ṣaḥîḥ ont rapporté qu’au cours du livre du Ḥajj, dans certaines copies, se trouvait – après le chapitre « Le raccourcissement du sermon à ‘Arafat » – un chapitre intitulé « Hâter l’arrêt à ‘Arafat », où imâm Abû ‘Abd Allâh (al-Bukhârî) aurait noté : « Il serait bon d’ajouter dans ce chapitre le ḥadîth de Mâlik, d’après Ibn Shihâb, mais je ne souhaite pas l’y insérer. »
[الفصل الثالث في بيان تقطيعه للحديث واختصاره وفائدة إعادته له في الأبواب وتكراره] قال الحافظ أبو الفضل محمد بن طاهر المقدسي فيما رويناه عنه في جزء سماه جواب المتعنت: اعلم أن البخاري (رحمه الله) كان يذكر الحديث في كتابه في مواضع، ويستدل به في كل باب بإسناد آخر، ويستخرج منه بحسن استنباطه وغزارة فقهه معنى يقتضيه الباب الذي أخرجه فيه، وقلما يورد حديثا في موضعين بإسناد واحد ولفظ واحد، وإنما يورده من طريق أخرى لمعان نذكرها والله أعلم بمراده منها. فمنها أنه يخرج الحديث عن صحابي ثم يورده عن صحابي آخر، والمقصود منه أن يخرج الحديث عن حد الغرابة، وكذلك يفعل في أهل الطبقة الثانية والثالثة وهلم جرا إلى مشايخه، فيعتقد من يرى ذلك من غير أهل الصنعة أنه تكرار، وليس كذلك، لاشتماله على فائدة زائدة. ومنها أنه صحح أحاديث على هذه القاعدة، يشتمل كل حديث منها على معان متغايرة، فيورده في كل باب من طريق غير الطريق الأولى. ومنها أحاديث يرويها بعض الرواة تامة ويرويها بعضهم مختصرة، فيوردها كما جاءت ليزيل الشبهة عن ناقليها. ومنها أن الرواة ربما اختلفت عباراتهم فحدث راو بحديث فيه كلمة تحتمل معنى، وحدث به آخر فعبر عن تلك الكلمة بعينها بعبارة أخرى تحتمل معنى آخر فيورده بطرقه إذا صحت على شرطه، ويفرد لكل لفظة بابا مفردا. ومنها أحاديث تعارض فيها الوصل والإرسال ورجح عنده الوصل فاعتمده وأورد الإرسال منبها على أنه لا تأثير له عنده في الوصل. ومنها أحاديث تعارض فيها الوقف والرفع والحكم فيها كذلك. ومنها أحاديث زاد فيها بعض الرواة رجلا في الإسناد ونقصه بعضهم فيوردها على الوجهين، حيث يصح عنده أن الراوي سمعه من شيخ حدثه به عن آخر ثم لقي الآخر فحدثه به، فكان يرويه على الوجهين. ومنها أنه ربما أورد حديثا عنعنه راويه فيورده من طريق أخرى مصرحا فيها بالسماع على ما عرف من طريقته في اشتراط ثبوت اللقاء في المعنعن، فهذا جميعه فيما يتعلق بإعادة المتن الواحد في موضع آخر أو أكثر. وأما تقطيعه للحديث في الأبواب تارة واقتصاره منه على بعضه أخرى؛ فذلك لأنه إن كان المتن قصيرا أو مرتبطا بعضه ببعض وقد اشتمل على حكمين فصاعدا، فإنه يعيده بحسب ذلك، مراعيا مع ذلك عدم إخلائه من فائدة حديثية، وهي إيراده له عن شيخ سوى الشيخ الذي أخرجه عنه قبل ذلك، كما تقدم تفصيله، فتستفيد بذلك تكثير الطرق لذلك الحديث، وربما ضاق عليه مخرج الحديث حيث لا يكون له إلا طريق واحدة فيتصرف حينئذ فيه فيورده في موضع موصولا وفي موضع معلقا، ويورده تارة تاما وتارة مقتصرا على طرفه الذي يحتاج إليه في ذلك الباب، فإن كان المتن مشتملا على جمل متعددة لا تعلق لإحداها بالأخرى فإنه يخرج كل جملة منها في باب مستقل فرارا من التطويل، وربما نشط فساقه بتمامه، فهذا كله في التقطيع، وقد حكى بعض شراح البخاري أنه وقع في أثناء الحج في بعض النسخ بعد باب قصر الخطبة بعرفة، باب تعجيل الوقوف، قال أبو عبد الله: يزاد في هذا الباب حديث مالك عن ابن شهاب، ولكني لا أريد أن أدخل فيه