commerçant ; il faisait fructifier un capital qui était le sien comme celui d’autrui et sillonnait les contrées (1). Il était en outre un dévot d’une grande piété. Un jour, il partit en voyage et se trouva face à un brigand, le visage masqué et l’arme à la main. Celui-ci lui dit : « Dépose ce que tu portes, car je vais te tuer. » – « Que veux-tu de mon sang ? Prends donc l’argent », répondit Abû Miʿlaq. Le brigand répliqua : « L’argent est déjà à moi ; c’est ta vie que je veux. »
— (2) « Puisque (3) tu refuses tout arrangement, permets-moi d’accomplir quatre rakʿa. » – « Prie autant qu’il te plaira », concéda l’agresseur.
Abû Miʿlaq se purifia, puis il accomplit (4) quatre rakʿa. Dans la dernière prosternation, il formula notamment cette supplication (5) : « Ô Wadûd (6), ô Toi qui détiens le Trône majestueux, ô Auteur (7) de ce que Tu veux ! Je Te conjure par Ta puissance qu’on ne saurait atteindre, par Ta royauté qu’on ne peut léser, et par Ta lumière qui emplit les recoins de Ton Trône : préserve-moi (8) du mal de ce brigand. Ô Secoureur, viens à mon secours ! Ô Secoureur, viens à mon secours ! » – il répéta cela (9) trois fois.
Soudain, un cavalier surgit, une lance à la main qu’il tenait entre les oreilles de sa monture. Dès que le brigand l’aperçut, il fonça sur lui ; le cavalier le transperça et l’abattit. Puis il se tourna vers Abû Miʿlaq et lui dit : « Lève-toi. » Celui-ci s’exclama : « Qui es-tu, que mon père et ma mère te soient sacrifiés (10) ? Aujourd’hui, Allah m’a secouru par ton intermédiaire ! » Le cavalier répondit : « Je suis un ange des habitants du quatrième ciel. Lorsque tu as prononcé ta première invocation, j’ai entendu le fracas des portes du ciel ; puis… »
تاجرًا، يتّجر بمال له ولغيره، يضرب به في (١) الآفاق، وكان ناسكًا ورِعًا. فخرج مرةً، فلقيه لصّ مقنَّع في السلاح، فقال له: ضَعْ ما معك، فإني قاتلك. قال: ما تريد إلى دمي؟ شأنك بالمال. قال: أما المال فلي، ولست أريد إلا دمك. قال (٢): أمّا إذ (٣) أبيتَ، فذرني أصلي أربع ركعات. قال صلِّ ما بدا لك. فتوضأ، ثم صلّى (٤) أربع ركعات. فكان (٥) من دعائه في آخر سجدة أن قال: يا ودود (٦)، يا ذا العرش المجيد، يا فعالُ (٧) لما يريد، أسألك بعزّك الذي لا يُرام، ومُلكك الذي لا يضام، وبنورك الذي ملأ أركانَ عرشك: أن تكفيَني (٨) شرَّ هذا اللصّ. يا مغيثُ أغِثنْي، يا مغيثُ أغِثْني (٩) ثلاث مرات. فإذا هو بفارس قد أقبل، بيده حَرْبة، قد وضعها بين أذنَي فرسِه. فلمّا بصُر به اللصُّ أقبل نحوَه، فطعنه، فقتله. ثم أقبل إليه، فقال: قم، فقال: من أنت، بأبي أنت (١٠) وأمّي؟ فقد أغاثني الله بك اليوم. فقال: أنا ملَك من أهل السماء الرابعة، دعوتَ بدعائك الأول، فسمعتُ لأبواب السماء قعقعةً، ثم
(١) "في "ساقط من ف.
(٢) ف: "فقال".
(٣) س، ل: "إذا".
(٤) ف: "وصلّى".
(٥) س: "وكان".
(٦) س، ل: "يا ودود، يا ودود".
(٧) س، ز: "فعالًا".
(٨) س: "تكفّني"، وفي الحاشية أشير إلى هذه النسخة.
(٩) كذا في س، ز. وفي ف ورد "يا مغيث أغثني" مرة واحدة، وفي ل ثلاث مرات.
(١٠) "أنت" ساقط من ف.