…d’un cœur distrait et insouciant.¹
Ce remède, en vérité, est salutaire et fait disparaître le mal ; mais l’inattention du cœur à l’égard d’Allah annule l’effet de la parole prononcée.
De même, la consommation de biens illicites neutralise la force de l’invocation et l’affaiblit. Dans le Ṣaḥîḥ de Muslim², Abû Hurayra rapporte que le Messager d’Allah – paix et salut sur lui – a dit : « Ô gens ! Allah est Pur et n’agrée que ce qui est pur. Allah a prescrit aux croyants ce qu’Il a prescrit aux Messagers ; Il a ainsi révélé : “Ô Messagers, mangez des nourritures licites et accomplissez des œuvres pies, car Je suis, Moi, parfaitement Informé de ce que vous faites” (s. al-Muʾminûn, 23 : 51), et : “Ô vous qui croyez, mangez des nourritures licites que Nous vous avons attribuées” (s. al-Baqara, 2 : 172). »
Puis il évoqua l’homme qui, après un long voyage, se présente hirsute et couvert de poussière, levant les mains vers le ciel et disant : « Seigneur ! Seigneur ! » alors que sa nourriture est illicite, sa boisson illicite, son vêtement illicite, et qu’il a été nourri par l’illicite ; comment, dès lors, pourrait-il être exaucé ?
(1) Rapporté par al-Hakim dans *al-Mustadrak*, t. 1, p. 670-671, no 1817 ; par al-Tirmidhi, no 3479 ; par Ibn Hibban dans *al-Majruhin*, t. 1, p. 368 ; par Ibn Adi dans *al-Kamil*, t. 4, p. 62 ; ainsi que par d’autres, par l’intermédiaire de Salih al-Marri, d’après Hicham ibn Hassan, d’après Muhammad ibn Sirin, d’après Abu Hurayra, qui le rapporta. Al-Hakim a déclaré : « La chaîne de transmission de ce hadith est solide ; Salih al-Marri est le seul à l’avoir rapporté. Il compte parmi les ascètes de Basra, et les deux [al-Bukhari et Muslim] ne l’ont pas rapporté. » Al-Dhahabi lui répondit en disant : « Salih est un narrateur délaissé. »
Al-Tirmidhi a jugé ce hadith faible, tandis qu’Ibn Adi et Ibn Hibban l’ont compté parmi les narrations réprouvées de Salih al-Marri.
Ce hadith est également rapporté d’après Abdullah ibn Amr par Ahmad dans *al-Musnad*, t. 2, p. 177, no 6655 ; toutefois, la chaîne passe par Hasan ibn Musa, qui le rapporte d’après Ibn Lahi'a. Ibn al-Madini a déclaré : « Hasan ibn Musa n’a entendu Ibn Lahi'a que vers la fin de la vie de celui-ci… » Al-Mundhiri et al-Haythami l’ont jugé hasan (bon). Voir *al-Targhib wa al-Tarhib*, t. 2, p. 491-492 ; *Majma al-Zawa'id*, t. 10, p. 148 ; et *Musnad al-Faruq* d’Ibn Kathir, t. 2, p. 649.
(2) Dans le *Livre de la zakat*, chapitre : « L’acceptation de l’aumône provenant d’un gain licite et son accroissement », no 1015.