Par ailleurs, il est établi dans les deux Ṣaḥîḥ (1), d’après Abû Saʿîd, qu’un groupe de compagnons du Prophète ﷺ (2) partit en voyage. Ils firent halte auprès d’une tribu arabe et sollicitèrent l’hospitalité, mais on la leur refusa (3). Or, le chef de cette tribu fut mordu ; on essaya pour lui tous les remèdes possibles, sans résultat. L’un des membres de la tribu suggéra : « Allez donc voir ces voyageurs qui viennent d’arriver, peut-être que l’un d’eux possède quelque chose (4). » Ils se rendirent donc auprès des compagnons et dirent : « Ô vous, les voyageurs, notre chef a été mordu ; nous avons tout tenté sans succès. L’un de vous disposerait-il d’un remède ? » L’un des compagnons répondit : « Oui (5), par Allah, je pratique la *ruqya* (incantation légale). Cependant, par Allah, nous vous avons demandé l’hospitalité et vous nous l’avez refusée ; je ne pratiquerai donc pas la *ruqya* avant que vous ne conveniez d’une rétribution pour nous. » Ils convinrent alors d’un troupeau de brebis comme paiement. Le compagnon se dirigea vers le blessé, souffla légèrement sur lui en récitant : « Louange à Allah, Seigneur de l’univers » (sourate Al-Fâtiḥa, v. 2). On eût dit qu’il venait d’être libéré de ses entraves : il se leva aussitôt et se mit à marcher, sans plus aucun malaise (6). Les gens remirent donc aux compagnons la rétribution convenue. Quelques-uns dirent : « Partageons-la. » Mais celui qui avait procédé à la *ruqya* déclara : « Non, pas avant que nous allions trouver le Prophète ﷺ (7), que nous lui exposions ce qui s’est passé et que nous voyions ce qu’il nous ordonnera. » Ils se présentèrent donc devant le Messager d’Allah ﷺ et lui rapportèrent l’affaire. Il dit : « Et comment savais-tu que la Fâtiḥa est une *ruqya* ? » Puis il ajouta : « Vous avez bien fait ; partagez-la et réservez-moi une part. »
وقد ثبت في الصحيحين (١) من حديث أبي سعيد قال: انطلق نفر من أصحاب النبي ﷺ (٢) في سَفْرة سافروها حتى نزلوا على حيّ من أحياء العرب، فاستضافوهم، فأبوا أن يُضَيّفوهم (٣). فلُدِغَ سيّدُ ذلك الحي، فسعوا له بكل شيء، لا ينفعه شيء، فقال بعضهم: لو أتيتم هؤلاء الرهطَ الذين نزلوا، لعلّه أن يكون عند بعضهم شيء (٤). فأتوهم، فقالوا: أيها الرهط إن سيّدنا لُدِغ، وسعينا له بكل شيء لا ينفعه، فهل عند أحد منكم من شيء؟ فقال بعضهم: نعم (٥)، والله إنّي لأرقي، ولكن والله استضفناكم فلم تُضَيّفونا، فما أنا براقٍ حتى تجعلوا لنا جُعْلًا. فصالحوهم على قطيع من الغنم. فانطلق يتفُل عليه، ويقرأ ﴿الْحَمْدُ لِلَّهِ رَبِّ الْعَالَمِينَ (٢)﴾ [الفاتحة: ٢]. فكأنما نُشِطَ من عِقال، فانطلق يمشي، وما به قَلَبة (٦). فأوفَوهم جُعْلَهم الذي صالحوهم عليه. فقال بعضهم: اقتسِموا، فقال الذي رقَى: لا نفعل حتى نأتي النبي ﷺ (٧)، فنذكر له الذي كان، فننظر بما يأمرنا. فقدِموا على رسول الله ﷺ فذكروا له ذلك، فقال: "وما يدريك أنها رقية؟ " ثم قال: "قد أصَبتُم، اقتسِمُوا واضرِبوا لي معكم سهمًا".
(١) أخرجه البخاري في الإجارة، باب ما يعطي في الرقية … (٢٢٧٦) وغيره، ومسلم في السلام، باب جواز أخذ الأجرة على الرقية بالقرآن والأذكار (٢٢٠١). (٢) ف: "رسول الله ﷺ". (٣) س: "فلم يضيفوهم"، وأشير في الحاشية إلى ما أثبتناه من غيرها. (٤) ل: "عندهم بعض شيء". (٥) سقط "نعم" من ز. (٦) القلبة: الألم والعلّة. انظر النهاية (٤/ ٩٨). (٧) ل: "رسول الله ﷺ".