: « Qutba b. al-Faḍl nous a rapporté, Aḥmad b. Muḥammad b. Masrūq nous a rapporté, Suwayd nous a rapporté, Ibn Mus-hir (1) nous a rapporté, d’après Hishâm b. ‘Urwa (2), d’après son père, d’après ‘Â’isha, avec élévation (marfû‘). » Il s’agit là de l’erreur la plus flagrante. Jamais la voie « Hishâm, de son père, de ‘Â’isha » (3)(4) ne saurait porter un tel propos aux yeux de quiconque a ne fût-ce qu’un soupçon de connaissance du ḥadith (5).
Nous prenons Allah à témoin que ‘Â’isha n’a, à aucun moment, rapporté cela du Messager d’Allah (6), qu’‘Urwa ne l’a jamais transmis d’elle, et qu’Hishâm ne l’a jamais rapporté de lui.
Quant au ḥadith attribué à Ibn al-Mâjishûn, d’après ‘Abd al-‘Azîz b. Abî Ḥâzim, d’après Ibn Abî Najîḥ, d’après Mujâhid, d’après Ibn ‘Abbâs, avec élévation, c’est un mensonge forgé contre Ibn al-Mâjishûn : il ne l’a jamais narré (7) et al-Zubayr b. Bakkâr ne l’a jamais rapporté de lui. Il ne s’agit que d’une fabrication de certains falsificateurs.
Gloire à Allah ! Comment une chaîne pareille pourrait-elle porter un tel contenu ? Qu’Allah flétrisse…
« … Wahid, d’après Suwayd, d’après Ali, d’après Abu Yahya al-Qattat, d’après Mujahid, d’après Ibn Abbas ; c’est la version retenue. »
Ce qui indique également que ce ḥadith n’est pas authentique, c’est que sa transmission était fluctuante : tantôt il était rapporté sous sa forme correcte, comme chez Ibn al-Jawzi dans *al-Dhamm* (p. 256), tantôt par l’intermédiaire d’Aïcha.
(1) Dans F, on lit : « Abu Mushir », ce qui est erroné. Dans S, chaque occurrence de *thana* (*haddathana*, « il nous a rapporté ») dans cette chaîne a été déformée en *ibn*. On y trouve ainsi : « Suwayd ibn Mushir ». L’original devait probablement être : « Suwayd, *thana* Ibn Mushir », comme dans Z et L. Lorsque *thana* a été déformé en *ibn*, le mot *ibn* s’est trouvé répété ; l’un des deux a donc été supprimé.
(2) Dans Z, on lit : « d’après Urwa », ce qui est erroné.
(3) Dans S : « et il ne peut le porter » ; dans F : « et il ne peut le supporter ».
(4) Le passage allant de « attribué au Prophète » à « Aïcha » est absent de L.
(5) Voir également *Zad al-maad*, t. 4, p. 277, et *Rawdat al-muhibbin*, p. 289.
(6) Dans F : « d’après le Prophète ».
(7) Dans Z : « ce qu’il a rapporté ».