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Chapitre
Les amoureux se répartissent en trois catégories (1) :
- Il en est qui s’éprennent de la beauté absolue.
- D’autres se passionnent pour une beauté circonscrite, qu’ils espèrent ou non pouvoir atteindre.
- Enfin, certains ne tombent amoureux que de celui ou celle dont ils pensent pouvoir obtenir la rencontre.
Entre ces formes d’amour, il existe des degrés variables de force et de faiblesse. Ainsi, l’amoureux de la beauté absolue a le cœur qui erre dans toutes les vallées ; dans chaque visage harmonieux, il voit l’objet de son désir :
Un jour à Buḥzwā, le lendemain à al-ʿUḏayb,
puis à al-ʿAqîq, et ensuite à al-Khulayṣāʾ ;
Tantôt il se tourne vers Najd, parfois vers le ravin d’al-ʿAqîq,
et d’autres fois vers le château de Taymāʾ.
Son amour est vaste, mais instable ; il change sans cesse d’objet.
Il soupire pour l’un, puis s’éprend d’un autre,
et les oublie tous lorsque paraît le matin.
(1) Voir *Rawdat al-muhibbin*, p. 187.
(2) Le terme *al-mutlaq* (« absolu ») est omis dans le manuscrit S, tandis que *qalbahu* (« son cœur ») est omis dans le manuscrit F.
(3) Dans F, *yantaji* est une altération due au copiste. Ces deux vers sont tirés d’une *qasida sahibiyya* d’Abu Muhammad al-Khazim. Voir *Al-Yatima*, t. 3, p. 191, où l’on lit : « Tantôt à Hizwa, tantôt à al-Aqiq, et tantôt à al-Udhayb. »
(4) L’expression *kathir al-tanaqqul* (« très mobile ») est omise dans L, qui porte : « Et un autre a dit. »
(5) L’expression *thumma ya‘shaqu yakhruj* (« puis il aime et s’en va ») est omise dans S. Ce vers appartient à un ensemble de poèmes de Sumnun ibn Hamza, que l’auteur a cité dans *Tariq al-hijratayn*, p. 32, sans en préciser l’auteur. L’auteur de *Al-Zuhra*, p. 62, l’attribue à « certains hommes de cette époque ». Sumnun mourut après al-Junayd (en 297 de l’hégire) ; il fut donc contemporain d’Abu Bakr, mort en 296 ou 297 de l’hégire. Al-Sulami l’a attribué à Sumnun dans *Tabaqat al-sufiyya*, p. 198, et al-Khatib l’a rapporté d’après lui dans *Tarikh Baghdad*, t. 9, p. 236. Voir également *Sifat…* =
فصل
والعشاق ثلاثة أقسام (١):
منهم من يعشق الجمال المطلق.
ومنهم من يعشق الجمال المقيّد، سواء طمع بوصاله أو لم يطمع.
ومنهم من لا يعشق إلا من يطمع في الوصول إليه.
وبيّن هذه الأنواع تفاوت في القوة والضعف. فعاشق الجمال المطلق قلبه (٢) يهيم في كلّ واد، وله في كلّ صورة جميلة مراد!
يومًا بُحزْوَى ويومًا بالعُذَيب ويَو … مًا بالعقيق ويومًا بالخُلَيصاءِ
وتارةً تنتحي نجدًا وآونةً … شِعْبَ العقيق وطورًا قصرَ تيماءِ (٣)
فهذا عشقه واسع، ولكنّه غير ثابت كثير التنقّل (٤).
يهيم بهذا ثم يعشق غيرَه … ويسلاهُمُ من وقته حين يُصبحُ (٥)
(١) انظر: روضة المحبين (١٨٧).
(٢) "المطلق" ساقط من س. و"قلبه" ساقط من ف.
(٣) ف: "ينتجي" تصحيف. والبيتان من قصيدة صاحبيّة لأبي محمَّد الخازن.
انظر: اليتيمة (٣/ ١٩١)، وفيه: "بحزوى ويومًا بالعقيق، وبالعذيب يومًا".
(٤) "كثير التنقل" ساقط من ل، وفيها: "وقال آخر".
(٥) "ثم يعشق يخرج" ساقط من س. والبيت من أبيات لسمنون بن حمزة أوردها المؤلف في طريق الهجرتين (٣٢) دون نسبة. وعزاها صاحب الزهرة (٦٢) إلى "بعض أهل هذا العصر". وسمنون توفي بعد الجنيد (٢٩٧ هـ) فهو معاصر لأبي بكر المتوفى ٢٩٦ هـ أو ٢٩٧ هـ. وقد أوردها السلمي في طبقات الصوفية (١٩٨) لسمنون، ونقلها عنه الخطيب في تاريخ بغداد (٩/ ٢٣٦). وانظر صفة =