…ni volupté, ni félicité, ni succès, ni vie sans lui ; et, lorsqu’il vient à en être privé, le cœur souffre plus cruellement que l’œil lorsqu’il perd sa lumière, que l’oreille lorsqu’elle perd l’ouïe, que le nez lorsqu’il perd l’odorat, ou que la langue lorsqu’elle perd la parole. Pis encore, la corruption du cœur privé de l’amour de Celui qui l’a façonné, tiré du néant et qui est son Dieu véritable, est plus grave que la désagrégation du corps privé de l’âme (1). Seul celui qui possède encore une étincelle de vie intérieure peut admettre cela, car « nulle blessure ne fait souffrir un mort » (2).
Le fait est que le plus grand des plaisirs d’ici-bas constitue la cause qui mène au plus grand des plaisirs dans l’au-delà.
Les jouissances terrestres se répartissent en trois catégories :
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La plus élevée et la plus parfaite est celle qui conduit à la jouissance de l’au-delà. L’être humain reçoit pour ce plaisir la récompense la plus complète. C’est la raison pour laquelle le croyant est rétribué pour toute jouissance qu’il recherche en vue de la Face d’Allah : qu’il mange, qu’il boive, qu’il se vêtisse, qu’il s’unisse charnellement, ou qu’il apaise sa colère en terrassant (3) l’ennemi d’Allah et le sien. Que dire, alors, du délice qu’il éprouve dans la foi, dans la connaissance d’Allah, dans l’amour qu’il Lui porte (4), dans le désir ardent de Le rencontrer et dans l’espoir de contempler Sa Face généreuse dans les Jardins du délice ?
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La deuxième catégorie est un plaisir qui prive de la jouissance de l’au-delà et engendre des tourments plus grands encore : tel est le cas de ceux qui se sont donné, en dehors d’Allah, des idoles comme lien d’affection mutuelle dans la vie d’ici-bas, les aimant comme on aime Allah et jouissant les uns des autres. Dans l’au-delà, lorsqu’ils rencontreront leur Seigneur, ils diront : « Seigneur ! Nous nous sommes mutuellement jouis les uns des autres et nous avons atteint le terme que Tu nous avais fixé. » Il dira : « Le Feu est votre demeure, pour y demeurer éternellement, sauf ce qu’Allah voudra. Ton Seigneur est certes Sage, Omniscient. » (Les Bestiaux, 6 : 128). Et c’est ainsi que Nous livrons les uns…