Ad-Dâʾ wa-ad-DawâʾIbn al-Qayyim

Un autre disait :
« Il n’est ni bien dans ce bas-monde ni dans ses délices…
lorsque tu demeures seul, isolé, sans être amoureux. » (1)

Un autre ajoutait :
« Trouve refuge dans un foyer dont l’amour t’emplira de douceur ;
le temps s’est enfui et te voilà toujours solitaire. » (2)

Un autre encore proclamait :
« Les amants gémissent de l’ardeur qui les consume ; plût à Dieu que
j’endure à leur place, seul, tout ce qu’ils subissent !
Ainsi mon cœur recueillerait toute la délectation de l’amour,
délectation qu’aucun amoureux n’a goûtée avant moi ni ne goûtera après moi. » (3)

Qu’en est-il donc de cet amour qui constitue la vie des cœurs et la nourriture des âmes, alors qu’il n’est pour le cœur…

(1) *Manazil al-ahbab*, p. 51. Voir également : *Rawdat al-muhibbin*, p. 283, et *Madarij al-salikin*, vol. 3, p. 312. (2) Ce vers est de Bashshar ibn Burd ; il est extrait d’un poème figurant dans son *Diwan* (Ibn Ashur, vol. 3, p. 62 ; Ihsan Abbas, p. 269), dont le premier vers est : « Cesse d’évoquer Abda : ce n’est que folie ; Console-toi et dors comme ils ont dormi. » Dans son *Diwan*, le premier hémistiche est donné sous la forme : « Trouve donc refuge auprès d’un compagnon qui te réjouira », et il est également rapporté ainsi : « qui te procurera du plaisir ». Voir son *Diwan* (al-Alawi, p. 66, note). Ces vers relèvent du quatrième schéma métrique du kamil, tandis que la version citée ici relève du deuxième. Dans *Rawdat al-muhibbin* (p. 284), on lit : « … tandis que tu es seul et isolé », et dans *Madarij al-salikin* (vol. 3, p. 212) : « alors que tu es seul avec lui », selon le premier schéma métrique. Je ne sais pas si toutes ces variantes résultent de la mémoire défaillante de l’auteur, ou si les copistes et les éditeurs y ont également contribué. (3) Ces deux vers ont déjà été cités p. 427.
ويقول الآخر: ولا خيرَ في الدنيا ولا في نعيمها … وأنتَ وحيدٌ مفرَدٌ غيرُ عاشقِ (١) ويقول الآخر: اسكُنْ إلى سكَنٍ تلَذُّ بحبّه … ذهب الزمانُ وأنتَ منفردُ (٢) ويقول الآخر: تشكّى المحبّون الصبابةَ ليتني … تحمّلتُ ما يلقَون مِن بينهم وحدي فكانت لقلبي لذّةُ الحبّ كلّها … فلم يلقَها قبلي محِبٌّ ولا بعدي (٣) فكيف بالمحبة التي هي حياة القلوب وغذاء الأرواح، وليس للقلب
(١) منازل الأحباب (٥١). وانظر: روضة المحبين (٢٨٣)، ومدارج السالكين (٣/ ٣١٢). (٢) البيت لبشار بن برد من قصيدة في ديوانه (ابن عاشور: ٣/ ٦٢، إحسان عباس: ٢٦٩) مطلعها: دَعْ ذكرَ عبدةَ إنه فَنَدُ … وتعزَّ ترقدُ مثلَ ما رقدوا ورواية صدر البيت فيه: فاسكُنْ إلى سكَنٍ تُسَرُّ به ويروى: "تلذّ به". انظر: ديوانه (العلوي ٦٦، الحاشية). فالأبيات من الضرب الرابع من الكامل. والذي ورد هنا من الضرب الثاني. وفي روضة المحبين (٢٨٤): " … وأنت خالٍ مفردُ" وفي مدارج السالكين (٣/ ٢١٢): "وأنت منفرد به" من الضرب الأول. ولا أدري أذلك كله من تصرّف ذاكرة المؤلف أم فيه نصيب للناسخين والناشرين أيضًا؟ (٣) سبق البيتان في ص (٤٢٧).

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