…blâmable lorsqu’il engendre une peine plus grande que le plaisir lui-même ou qu’il prive d’une jouissance plus excellente et plus noble. Que dire alors s’il entraîne les plus cuisants regrets et fait manquer les plus sublimes délices et réjouissances ! À l’inverse, il est louable lorsqu’il conduit à un plaisir immense, permanent et stable, dénué de toute amertume ni contrariété quelle qu’elle soit : tel est le plaisir de l’Au-delà, ses félicités et la douceur d’y vivre.
Allah — exalté soit-Il — a dit : « Mais vous préférez la vie d’ici-bas, alors que l’Au-delà est bien meilleur et plus durable. » (sourate Al-Aʿlâ, 16-17).
Les magiciens dirent également à Pharaon, lorsqu’ils eurent cru : « Juge donc comme il te plaira ; tu ne juges, en réalité, que dans la vie présente. Nous avons certes cru en notre Seigneur afin qu’Il nous pardonne nos fautes et la sorcellerie à laquelle tu nous as contraints. Allah est meilleur et plus durable. » (sourate Tâ Hâ, 72-73).
Allah, exalté soit-Il, a créé les créatures pour leur faire goûter ce plaisir permanent dans la demeure de l’éternité. Quant à ce monde, il est voué à disparaître et ses plaisirs ne sont jamais ni purs ni durables. À l’opposé, les délices de l’Au-delà sont perpétuels, et son bonheur est exempt de toute souillure ou souffrance ; on y trouve tout ce que les âmes désirent et ce qui réjouit les regards, dans une immortalité sans fin. Nul être ne sait ce qu’Allah y a réservé à Ses serviteurs comme fraîcheur des yeux ; il s’y trouve ce qu’aucun œil n’a vu, qu’aucune oreille n’a entendu, et qui n’a jamais effleuré le cœur d’un homme.
C’est ce sens même que visait le conseiller bienveillant lorsqu’il déclara à son peuple : « Ô mon peuple, suivez-moi ; je vous guiderai sur la voie de la rectitude. Ô mon peuple, cette vie d’ici-bas n’est qu’un bien éphémère, tandis que l’Au-delà est la demeure permanente. » (sourate Ghâfir, 38-39). Il leur apprit ainsi que le bas-monde n’est qu’un bien de consommation.