Le Prophète – paix et salut sur lui – a juré : « Nul serviteur ne croit véritablement tant que je ne lui suis pas plus cher que son fils, son père et l’humanité tout entière. »(1) Que dire alors de l’amour dû au Seigneur, exalté soit-Il ?
Il déclara encore à ʿUmar b. al-Khattâb : « Non ! Pas avant que je ne te sois plus cher que ta propre personne. »(2) Autrement dit : tu ne seras pas croyant tant que ton amour pour moi n’aura pas atteint ce degré.
Or, si le Prophète – paix et salut sur lui – est plus digne de notre amour, avec tout ce qu’il implique, que nous-mêmes, n’est-ce pas a fortiori le cas du Seigneur – exalté soit-Il, sanctifiés soient Ses Noms, béni soit Son Nom, élevée soit Sa Majesté, point de divinité en dehors de Lui –, qui est plus digne encore de l’amour de Ses adorateurs et de Ses serviteurs qu’ils ne le sont d’eux-mêmes ?(3)
Tout ce qui émane de Lui à l’égard de Son serviteur croyant l’appelle à L’aimer, qu’il s’agisse de ce que le serviteur apprécie ou redoute : Son don et Sa privation,(4) Sa préservation et Son épreuve, Sa contraction et Son expansion, Sa justice et Sa grâce, Son fait de donner la mort et de rendre la vie, Sa délicatesse et Sa bonté, Sa miséricorde et Sa bienfaisance, Sa couverture et Son pardon, Sa longanimité et Sa patience envers Son serviteur, l’exaucement de ses invocations, la dissipation de ses peines, le secours qu’Il lui accorde dans la détresse, l’allègement de ses tourments – alors qu’Il n’a absolument aucun besoin de lui, bien au contraire,(5) car Il se passe parfaitement de lui sous tous rapports,(6) – tout cela,(7) est un appel lancé aux cœurs pour qu’ils L’adorent et L’aiment.
Bien plus, le simple fait qu’Il laisse Son serviteur s’adonner au péché, qu’Il l’y assiste et le couvre jusqu’à ce qu’il ait satisfait son désir…