…car après toi comme après moi, nul ami équitable ne subsistera,
nulle âme ne trouvera plus d’âme qui lui corresponde.
Elle poussa alors un dernier sanglot, puis ses pleurs s’arrêtèrent. Nous leur creusâmes une tombe unique et nous les y enterrâmes tous deux. Je repartis ensuite (1) et demeurai sept ans dans mon pays. Puis je me rendis au Ḥijâz, atteignis Médine et déclarai : « Par Allah, je visiterai assurément la tombe de ʿUtba. » Lorsque j’y parvins, j’aperçus un arbre sur lequel pendaient des bandelettes rouges et jaunes. Je demandai aux maîtres des lieux : « Comment appelle-t-on cet arbre ? » — « L’arbre des deux époux ! » répondirent-ils.
Quand bien même il n’existerait, pour tempérer la rigueur habituellement affichée à propos de l’amour, qu’un seul texte le permettant, il suffirait du ḥadith transmis avec une chaîne jugée ḥasan : le récit de Suwayd ibn Saʿid, d’après ʿAlî ibn Mus-hir, d’après Abû Yaḥyâ al-Qattât, d’après Mujâhid, d’après Ibn ʿAbbâs, qui le remonte au Prophète : « Quiconque aime, se montre chaste, garde le secret et meurt ainsi est martyr. » (2)
Suwayd l’a également rapporté d’après Ibn Mus-hir, par l’intermédiaire de Hishâm ibn ʿUrwa, de son père, d’après ʿÂʾisha, en le rattachant au Prophète.
Al-Khaṭîb l’a encore transmis, via al-Azharî, al-Muʿaffâ ibn Zakariyâ, Quṭbah ibn al-Faḍl (3) et Aḥmad ibn Masrûq, selon lui.