Puis nous demeurâmes assis jusqu’à ce que nous eûmes accompli la prière de midi. Voilà que les femmes arrivèrent ; la jeune fille, toutefois, n’était pas avec elles. Elles s’arrêtèrent devant lui et dirent : « Ô ʿUtba, que penses-tu de celle qui recherche ton union et apaise ton tourment(1) ? » — « Qu’a-t-elle donc ? » répondit-il. Elles répliquèrent : « Son père l’a conduite vers la contrée de Samâwa. »
Je leur demandai alors qui était cette jeune fille. « Il s’agit de Rayyâ, fille d’al-Ghaṭrîf al-Sulamî », dirent-elles. ʿUtba leva la tête vers elles et déclama :
Ô mes deux amis, Rayyâ s’est mise en route dès l’aurore ;
son convoi a gagné la terre de Samâwa(2).
Ô mes deux amis, mes yeux se sont obscurcis à force de pleurer ;
n’est-il pas quelque autre regard que je puisse emprunter ?(3)
Je lui dis alors : « Je suis arrivé avec une somme considérable destinée aux gens de biens(4). Par Allah, je la mettrai entièrement à ta disposition jusqu’à ce que tu sois pleinement comblé, et davantage encore. Allons à la mosquée des Anṣâr. »
Nous nous levâmes et marchâmes jusqu’à rencontrer un groupe d’entre eux. Je les saluai, ils me rendirent un salut plein de courtoisie. Je dis : « Ô vous, que pensez-vous de ʿUtba et de son père ? » — « Ils comptent parmi les notables des Arabes », répondirent-ils. J’ajoutai : « Un premier trait d’amour l’a atteint ; je ne vous demande que de nous prêter main-forte pour gagner Samâwa. » — « Nous écoutons et nous obéissons », dirent-ils.
Nous montâmes alors, et le groupe se joignit à nous, jusqu’à ce que nous aperçûmes les demeures des Banû Sulaym. On avertit al-Ghaṭrîf de notre arrivée ; il sortit à notre rencontre sans tarder et nous dit : « Soyez accueillis avec honneur ! » Nous répondrons : « Et qu’Allah te salue ; nous sommes tes hôtes. » Il reprit : « Vous descendez dans la plus noble des demeures. » Puis il appela : « Ô serviteurs, aidez nos visiteurs à descendre. »
Aussitôt, on étendit les nattes de cuir et les coussins(5),
ثم جلسنا حتى صلينا الظهر. فإذا بالنسوة قد أقبلن، وليست الجارية فيهن، فوقفن عليه، وقلن له: يا عتبةُ ما ظنّكَ بطالبةِ وصلك وكاسفةِ بالك (١)؟ قال: وما بالها؟ قلن: أخذها أبوها، وارتحل بها إلى
أرض السماوة. فسألتُهن عن الجارية، فقلن: هي ريّا ابنة الغِطريف السُّلَمي. فرفع عتبة رأسه إليهن، وقال:
خليلَيَّ ريّا قد أجدَّ بكورُها … وسارت إلى أرض السماوة عِيرُها (٢)
خليلَيَّ إني قد عَشِيتُ من البكا … فهل عند غيري مقلةٌ أستعيرُها (٣)
فقلت له: إنّي قد وردتُ بمال جزيل أريد به أهلَ السَّتْر (٤)، ووالله لأبذلنَّه أمامك حتى تبلغَ رضاك وفوق الرضا! فقم بنا إلى مسجد الأنصار. فقمنا وسِرْنا حتى أشرفنا على ملأ منهم، فسلّمتُ، فأحسنوا الردّ. فقلتُ: أيها الملأ ما تقولون في عتبة وأبيه؟ قالوا: من سادات العرب. فقلت: إنّه قد رُميَ بداية من الهوى، وما أريد منكم إلا المساعدة إلى السماوة. فقالوا: سمعًا وطاعة.
فركبنا، وركب القوم معنا، حتى أشرفنا على منازل بني سُلَيم. فأُعْلِم الغطريفُ بنا، فخرج مبادرًا، فاستقبلنا، وقال: حُييّتم بالإكرام. فقلنا: وأنتَ فحيّاك الله، إنّا لك أضياف. فقال: نزلتم أكرَم منزل. فنادى: يا معشر العبيد أنزِلوا القومَ. ففُرشت الأنطاع والنَّمارق (٥)،
(١) في النسخ كلها: "كاشفة بالك" بالشين المعجمة، تصحيف.
(٢) ف: "أخذن بكورها" تحريف.
(٣) في المستجاد بيت آخر بينهما.
(٤) ز: "السير"، تصحيف.
(٥) النِّطَع: بساط من أديم. والنُّمُرُقة: الوسادة.