Ad-Dâʾ wa-ad-DawâʾIbn al-Qayyim

Par jalousie pour lui, pour sa beauté et pour l’agrément de sa conversation,
je préserve mes regards, ne les posant que sur la rose de ses joues.

Mais lorsque la hampe de l’aurore se dresse,
il s’en va, emportant le sceau de son Seigneur et sa quittance.

Abû Bakr déclara alors : « Que le vizir consigne l’aveu qu’il vient de faire ; qu’il ne l’en libère qu’une fois qu’il aura produit deux témoins attestant qu’il est bien parti muni du sceau de son Seigneur et de sa décharge. »

Ibn Surayj répliqua : « Il m’incombe ici ce qu’il t’incombe à toi-même au sujet de tes propres vers :

Je promène chastement mon regard dans le jardin des charmes,
et j’empêche mon âme d’atteindre ce qui est illicite. »

Le vizir éclata de rire et dit : « Vous avez réuni finesse et esprit. »

Abû Bakr al-Khatîb a rapporté cette anecdote dans son Histoire.

Un jour, il reçut une consultation juridique ainsi rédigée :

Ô Ibn Dâwûd, ô juriste de l’Irak,
donne-nous ton avis au sujet des meurtrières que sont les prunelles ;

Doivent-elles répondre du crime qu’elles commettent,
ou le sang des amants leur est-il licite ?

Il écrivit de sa propre main, au bas des deux vers :

Je détiens la réponse aux questions des amants ;
écoute-la d’un cœur ulcéré, consumé de désir.

(1) À l’exception du manuscrit ف, qui donne : « sabban bihi » (en le versant sur lui). (2) (5, p. 262). Toutefois, le contexte du récit y diffère de celui que rapporte l’auteur. Dans le récit d’al-Khatib, le débat eut lieu dans l’assemblée du juge Abu ‘Umar Muhammad ibn Yusuf, et la question portait sur le ẓihâr (répudiation assimilant l’épouse à une parente interdite), avec d’autres divergences. La version rapportée ici correspond à celle que l’on trouve dans *al-Masun* (p. 126), *Zahr al-adab* (p. 728), *Wafayat al-a‘yan* (4, p. 260) et *Manazil al-ahbab* (p. 76). (3) Le manuscrit ل donne : « fawatuka al-ahdaq » (la perte de tes regards).
ضنًّا به وبحسنه وحديثه … وأنزّه اللحظاتِ في وجَناته (١) حتى إذا ما الصبح لاح عَمودُه … ولّى بخاتَم ربه وبَراته فقال أبو بكر: يحفظ عليه الوزير ما أقرَّ به حتى يقيم شاهدَين على أنّه ولّى بخاتم ربه وبراءته. فقال ابن سريج: يلزمني في هذا ما يلزمك في قولك: أنزِّه في روض المحاسن مقلتي … وأمنع نفسي أن تَنال محرَّما فضحك الوزير فقال: لقد جمعتما لطفًا وظرفًا. ذكر ذلك أبو بكر الخطيب في تاريخه (٢). وجاءته يومًا فتيا مضمونها: يا ابنَ داود يا فقيهَ العراقِ … أفتِنا في قواتل الأحداقِ (٣) هل عليها بما أتت من جناح … أم حلالٌ لها دمُ العُشّاقِ فكتب الجواب تحت البيتين بخطه: عندي جواب مسائل العشّاقِ … فأسمعه من قرِحِ الحشا مشتاقِ
(١) ما عدا ف: "صبًّا به". (٢) (٥: ٢٦٢) ولكن سياق القصة فيه مغاير لما ذكره المصنف هنا. فالمناظرة في رواية الخطيب وقعت في مجلس القاضي أبي عمر محمَّد بن يوسف، والمسألة من مسائل الظهار، مع خلافات أخرى. وسياقها هنا يوافق ما ورد في المصون (١٢٦)، وزهر الآداب (٧٢٨)، ووفيات الأعيان (٤/ ٢٦٠)، ومنازل الأحباب (٧٦). (٣) ل: "فواتك الأحداق".

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