et l’introduit au Paradis.(1)
Il récita ensuite :
Contemple la magie qui coule dans l’éclat de ses regards ;
et contemple l’obscurité profonde de sa prunelle assoupie.(2)
Regarde ces quelques mèches au-dessus de sa joue :
on dirait de minuscules fourmis cheminant sur l’ivoire.
Puis il déclama :
Pourquoi blâment-ils la noirceur qui ombre ses joues,
alors qu’ils ne blâment pas la roseur des rameaux ?
Si l’on tient pour défaut la dispersion des mèches sur sa joue,
le cheveu des cils serait, plus encore, le défaut des yeux.(3)
Je lui dis alors : « Tu as rejeté le raisonnement analogique en fiqh, et tu l’emploies pourtant dans ta poésie ! »
Il répondit : « La fougue de l’émoi et l’ascendant de la passion m’y ont poussé. » Puis il mourut cette même nuit.(4)
C’est pour l’être qu’il aimait qu’il composa le livre Az-Zahra. On y lit notamment ces paroles(5) : « Celui qui désespère de la personne qu’il aime(6) et ne meurt pas(7) sur-le-champ finit par l’oublier ; car la première secousse du désespoir(8) surprend le cœur alors qu’il n’y est pas préparé, tandis que la seconde l’atteint quand la première l’a déjà disposé à la recevoir.(9) »