Ad-Dâʾ wa-ad-DawâʾIbn al-Qayyim

et l’introduit au Paradis.(1)

Il récita ensuite :

Contemple la magie qui coule dans l’éclat de ses regards ;
et contemple l’obscurité profonde de sa prunelle assoupie.(2)
Regarde ces quelques mèches au-dessus de sa joue :
on dirait de minuscules fourmis cheminant sur l’ivoire.

Puis il déclama :

Pourquoi blâment-ils la noirceur qui ombre ses joues,
alors qu’ils ne blâment pas la roseur des rameaux ?
Si l’on tient pour défaut la dispersion des mèches sur sa joue,
le cheveu des cils serait, plus encore, le défaut des yeux.(3)

Je lui dis alors : « Tu as rejeté le raisonnement analogique en fiqh, et tu l’emploies pourtant dans ta poésie ! »
Il répondit : « La fougue de l’émoi et l’ascendant de la passion m’y ont poussé. » Puis il mourut cette même nuit.(4)

C’est pour l’être qu’il aimait qu’il composa le livre Az-Zahra. On y lit notamment ces paroles(5) : « Celui qui désespère de la personne qu’il aime(6) et ne meurt pas(7) sur-le-champ finit par l’oublier ; car la première secousse du désespoir(8) surprend le cœur alors qu’il n’y est pas préparé, tandis que la seconde l’atteint quand la première l’a déjà disposé à la recevoir.(9) »

(1) Voir le commentaire de l’auteur sur ce hadith à la fin du chapitre. (2) Le manuscrit S porte : *min lawāḥiẓihi* (« de ses regards »). (3) Dans le manuscrit F, le premier hémistiche figure ainsi : « Si son défaut est le défaut de la poésie ». (4) Le manuscrit F porte : « durant sa nuit ». Voir également *Tārīkh Baghdād*, V, p. 262. (5) Le début de cette citation constitue le titre du quarante-huitième chapitre de cet ouvrage. Voir p. 452. (6) Le manuscrit Z porte : *ta’assā bi-man* (« il prit exemple sur celui qui… »). Le manuscrit S porte : *bās bi-man*, lecture obscure. (7) Dans *al-Zahra*, on lit : *lam yaltafit* (« il ne prêta pas attention »). La lecture correcte est peut-être : *lam yuftalat* (« il ne fut pas épargné »). (8) Le manuscrit Z porte : *at-ta’assī* (« le fait de prendre exemple ») ; c’est une corruption du texte. (9) Le mot *al-ūlā* (« la première ») manque dans le manuscrit S. Dans *al-Zahra*, on trouve : *al-awwalah*.
وأدخله الجنّة" (١). ثم أنشد: انظر إلى السِّحر يجري في لواحظه … وانظر إلى دَعَجٍ في طرفه الساجي (٢) وانظر إلى شعَراتٍ فوق عارضه … كأنهنَّ نِمالٌ دبَّ في عاجِ ثم أنشد: ما لهم أنكروا سوادًا بخَدَّيْـ … ـهِ ولا ينكرون وردَ الغصون إن يكن عيبُ خدِّه بدَدَ الشَّعـ … ـرِ فعيبُ العيون شَعْرُ الجفونِ (٣) فقلت له: نفيتَ القياس في الفقه، وأثبتَّه في الشعر. فقال: غلبة الوجد وملكة النفس دعَوَا إليه. ثم مات من ليلته (٤). وبسبب معشوقه صنّف كتاب "الزهرة". ومن كلامه فيه (٥): من يئس ممن (٦) يهواه ولم يمُتْ (٧) من وقته سلاه وذلك أنً أول روعات اليأس (٨) تأتي القلب، وهو غير مستعدّ لها، فأما الثانية فتأتي القلب، وقد وطّأته لها الروعة الأولى (٩).
(١) انظر كلام المصنف على هذا الحديث في آخر الفصل. (٢) س: "من لواحظه". (٣) ورد الشطر الأول في ف هكذا: "إن يكن عيبه عيب الشعر". (٤) ف: "في ليلته". وانظر: تاريخ بغداد (٥/ ٢٦٢). (٥) وأوله عنوان الباب الثامن والأربعين منه. انظر ص (٤٥٢). (٦) ز: "تأسّى بمن". وفي س: "باس بمن". (٧) في الزهرة: "لم يلتفت"، ولعل صوابه: "لم يُفتلَتْ". (٨) ز: "التأسي"، تحريف. (٩) "الأولى" ساقط من س. وفي الزهرة: "الأولة".

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