Marwân, épouse fameuse(1). Cette jeune esclave était d’une beauté saisissante ; ‘Umar en était vivement épris. Il la réclamait sans cesse à son épouse, la pressant de la lui offrir, mais elle s’y refusait. La jeune fille ne cessa de hanter la pensée de ‘Umar. Lorsqu’il accéda au califat, Fâtima ordonna qu’on s’occupât d’elle : on la prépara et elle devint l’exemple même de la grâce et de la beauté. Puis Fâtima entra auprès de ‘Umar et lui dit : « Ô Commandeur des croyants, tu étais jadis tombé sous le charme de mon esclave unetelle ; tu me l’avais demandée et je te l’avais refusée. À présent, je t’en fais don de grand cœur(2). »
À ces mots, la joie illumina le visage de ‘Umar et il s’exclama : « Amène-la-moi sans tarder. » Lorsqu’elle la lui présenta, son admiration grandit encore. Il dit alors à la jeune fille : « Dévêts-toi. » Elle obéit. Puis il ajouta : « Un instant ! Dis-moi d’abord à qui tu appartenais et comment tu es parvenue jusqu’à Fâtima. »
Elle répondit : « Al-Hajjâj fit payer une somme d’argent à l’un de ses agents à Koufa ; j’étais au nombre des esclaves de cet agent(4). Il me prit et m’envoya à ‘Abd al-Malik, qui me fit don à Fâtima. »
Il demanda : « Qu’est devenu cet agent ? » — « Il est mort. » — « A-t-il laissé des enfants ? » — « Oui. » — « Dans quelle situation se trouvent-ils ? » — « Misérable. »
Alors il lui dit : « Remets tes vêtements et retourne à ta place. » Puis il écrivit à son gouverneur d’Irak : « Fais venir immédiatement Untel fils d’Untel par courrier spécial. » Lorsque l’homme arriva, il lui dit(5) : « Présente-moi tout ce qu’al-Hajjâj avait exigé de ton père. » Il ne lui remit(6) rien d’autre que…