…en pervertissant sa bien-aimée et en souillant sa couche conjugale, injustice plus grave que de le dépouiller de l’ensemble de ses biens. Voilà pourquoi cette atteinte le blesse bien davantage que la perte de sa fortune ; à ses yeux, seul le fait de répandre son sang pourrait l’égaler. Quel forfait ! Son péché est plus odieux encore que celui de la fornication.
Si, de surcroît, la victime est un combattant dans la voie d’Allah, le fautif sera placé devant lui au Jour de la Résurrection et il lui sera dit : « Prends de ses bonnes œuvres tout ce que tu voudras », ainsi que l’a annoncé le Prophète ﷺ. Puis le Prophète ﷺ ajouta : « Que pensez-vous donc ? », c’est-à-dire : que restera-t-il alors de ses bonnes actions ?
Si, à cela, vient s’ajouter que le lésé est un voisin ou un parent, l’injustice se multiplie, car elle englobe désormais la rupture des liens de parenté et le tort causé au voisin. Or « n’entrera pas au Paradis celui qui rompt les liens du sang », pas plus que « celui dont le voisin n’est pas à l’abri de ses méfaits ».
Et si l’amoureux, pour parvenir à ses fins avec l’être qu’il convoite, sollicite l’aide des démons parmi les djinns — que ce soit par la sorcellerie, par leur mise à son service ou par tout procédé analogue — il ajoute au shirk (l’associationnisme) et à l’injustice la mécréance propre à la magie.
S’il ne pratique pas lui-même ces actes mais les agrée, se montrant satisfait de la mécréance parce qu’elle lui permet d’atteindre son objectif, il consent alors au kufr (mécréance), et cela n’est guère éloigné de la mécréance explicite.