Un compagnon des affres, où son cœur s’est noyé ;
Nulle présence ne lui sera rendue avant la mort.
- Cette passion détourne l’homme de ce qui profite à sa religion comme à sa vie d’ici-bas. Rien, en vérité, n’est plus funeste aux intérêts spirituels et temporels que l’amour des formes.
Quant aux intérêts religieux, ils exigent de rassembler les fragments épars du cœur et de le tourner tout entier vers Allah ; or l’amour des formes est ce qui l’éparpille et le disperse le plus.
Les intérêts terrestres, pour leur part, dépendent en réalité de ceux de la religion : que ceux-ci se brisent et se perdent, et ceux-là se dissiperont plus encore.
- Les calamités de ce monde et de l’Au-delà fondent sur les amoureux des formes plus promptement que le feu ne s’empare d’un bois desséché.
La raison en est la suivante : plus le cœur s’approche de cette passion et plus il s’y attache, plus il s’éloigne d’Allah ; et les cœurs les plus éloignés d’Allah sont ceux des amoureux des formes. Lorsqu’un cœur se détourne d’Allah, les fléaux l’assaillent de toutes parts, car Satan en devient le maître. Et lorsque l’ennemi s’empare d’un homme et exerce son emprise, il ne ménage aucun effort pour lui nuire : aucun tourment qu’il puisse lui infliger ne lui est épargné.
Que peut-on donc attendre d’un cœur dont l’ennemi a pris possession — cet ennemi qui, de toutes les créatures, est le plus empressé à le précipiter dans l’égarement et la corruption — tandis que s’éloigne de lui son Protecteur, auprès de Qui il n’est ni bonheur, ni réussite, ni joie sinon dans Sa proximité et Sa protection ?