Ad-Dâʾ wa-ad-DawâʾIbn al-Qayyim

Bien plus, même si l’amoureux trouve sa passion exquise, celle-ci demeure l’un des plus grands supplices infligés au cœur.

  1. Le cœur de l’amant est un captif tenu dans la poigne de son bien-aimé ; celui-ci le soumet à toutes sortes d’humiliations. Hélas, grisé par l’ivresse de la passion, l’amoureux ne perçoit pas le malheur qui le frappe. Son cœur est

Comme un oisillon dans la main d’un enfant ; il le conduit
Vers la rive de la mort tandis que l’enfant s’amuse et joue.

Ainsi, la vie de l’amoureux ressemble à celle d’un prisonnier entravé, alors que la vie de l’homme libéré est celle d’un affranchi pleinement délivré. Comme on l’a dit à propos du passionné :

Apparemment libre aux yeux de tous, il n’en est pas moins captif ;
Un malade qui gravite autour du pivot de sa perte.

Un mort que l’on voit, sous les traits d’un vivant, aller et venir ;
Jusqu’au Jour de la Résurrection, il ne connaîtra pas de relèvement.

= Références. L’auteur l’a également citée dans *Ighathat al-lahfan* (92, 823). (1) Dans F : « la vile humiliation ». (2) L’auteur l’a citée comme exemple dans *Rawdat al-muhibbin* (202), ainsi que dans *Ighathat al-lahfan* (823). Ce vers est attribué à Ibn al-Zayyat dans *Mu‘jam al-shu‘ara* d’al-Marzubani (366), ainsi qu’à al-Fath ibn Khaqan dans *al-Zuhra* (85). Il figure dans *I‘tilal al-qulub* (312), cité par Ibn al-Zayyat. Dans tous ces ouvrages, le second hémistiche est le suivant : « franchir les bassins de la mort tandis que l’enfant joue ». Voir également le *Diwan de Majnun Layla* (38). Dans l’édition al-Madani et les publications qui en dépendent, on trouve après ce vers un ajout absent des manuscrits : « Comme l’a dit l’un d’eux : Tu as pris possession de mon cœur par la rupture et la dureté, … tandis que, l’esprit insouciant, tu t’amuses et tu joues. » (3) La phrase « l’amoureux, comme on l’a dit » ne figure que dans F. L’auteur a cité le premier hémistiche du premier vers dans *Rawdat al-muhibbin* (201). (4) Dans F : « l’œil le voit ».
والعشق، وإن استعذبه العاشق، فهو من أعظم عذاب القلب. الثالث: أنّ العاشق قلبه أسير في قبضة معشوقه، يسومه الهوانَ (١)، ولكن لسكرة العشق لا يشعر بمصابه، فقلبُه كعصفورةٍ في كفِّ طفلٍ يسومُها … حياضَ الردى والطفل يلهو ويلعب (٢) فعيشُ العاشق عيشُ الأسير الموثَق، وعيشُ الخليِّ عيشُ المسيَّب المطلَق. فالعاشق كما قيل (٣): طليقٌ برأي العينِ وهو أسيرُ … عليلٌ على قطب الهلاك يدورُ (٤) ومَيْتٌ يُرىَ في صورة الحيِّ غاديًا … وليس له حتى النشور نشورُ
= عزو. وأوردها المؤلف في إغاثة اللهفان (٩٢، ٨٢٣) أيضًا. (١) ف: "سوء الهوان". (٢) تمثل به المؤلف في روضة المحبين (٢٠٢)، وإغاثة اللهفان (٨٢٣) أيضًا. وقد نسب البيت إلى ابن الزيّات في معجم الشعراء للمرزباني (٣٦٦)، والفتح بن خاقان في الزهرة (٨٥). وهو في اعتلال القلوب (٣١٢) من إنشاد ابن الزيات. ورواية العجز فيها جميعًا: "ورود حياض الموت والطفل يلعب". وانظر ديوان مجنون ليلى (٣٨). وقد ورد بعده في طبعة المدني والنشرات التابعة لها زيادةٌ خلت عنها النسخ الخطية، وهي: "كما قال بعض هؤلاء: ملكتَ فؤادي بالقطيعة والجفا … وأنت خلىّ البال تلهو وتلعب" (٣) "فالعاشق كما قيل" انفردت بها ف. وقد تمثل المؤلف بصدر البيت الأول في روضة المحبين (٢٠١). (٤) ف: "تراه العين".

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