« Et craignez Allah, ne m’humiliez pas ! » (v. 69) Ils répondirent : « Ne t’avions-nous pas interdit de prendre la défense de quiconque ? » (v. 70) Il dit : « Voici mes filles, si vraiment vous voulez agir. » (v. 71) Par ta vie, ils se perdaient bel et bien, aveuglés par leur ivresse. (sourate al-Hijr, v. 69-72) Ainsi se manifeste un amour passionnel dévoyé. Allah – exalté soit-Il – a donc relaté l’histoire de deux groupes, chacun d’eux ayant aimé avec passion ce qui lui était interdit parmi les formes apparentes, sans se soucier du tort que leur passion leur causait. Il s’agit d’un mal dont le remède déconcerte les médecins et dont la guérison se fait rare. Par Allah, c’est un mal incurable, un poison meurtrier : lorsqu’il s’attache à un cœur, il devient presque impossible aux créatures de l’en délivrer ; quand son feu embrase une âme, il est bien difficile aux hommes de l’en arracher. Ce mal comporte plusieurs degrés. Il peut aller jusqu’à la mécréance, comme chez celui qui érige l’objet de son amour en rival d’Allah et l’aime autant qu’Il aime Allah – que dire alors s’il l’aime encore davantage ! Cette passion n’est pas pardonnée à son auteur, car elle relève du plus grand polythéisme. Or Allah ne pardonne pas qu’on Lui associe quoi que ce soit, sauf si une repentance sincère, effaçant tout, survient. Le signe distinctif de cette passion idolâtre et mécréante est que l’amoureux fait passer la satisfaction de son bien-aimé avant la satisfaction de son Seigneur. Lorsque le droit et l’intérêt de l’objet aimé entrent en conflit avec le droit d’Allah et l’obéissance qui Lui est due, il privilégie l’objet aimé, recherche son agrément plutôt que celui d’Allah, lui offre ce qu’il possède de plus précieux ; quant à son Seigneur, – lorsqu’il Lui offre quelque chose – ce n’est que le plus médiocre de ses biens.
﴿وَاتَّقُوا اللَّهَ وَلَا تُخْزُونِ (٦٩) قَالُوا أَوَلَمْ نَنْهَكَ عَنِ الْعَالَمِينَ (٧٠) قَالَ هَؤُلَاءِ بَنَاتِي إِنْ كُنْتُمْ فَاعِلِينَ (٧١) لَعَمْرُكَ إِنَّهُمْ لَفِي سَكْرَتِهِمْ يَعْمَهُونَ (٧٢)﴾ [الحجر: ٦٧ - ٧٢]، فهذه عشقت. فحكاه (١) سبحانه عن طائفتين عشِقَ كلٌّ منهما ما حُرِّم عليه من الصور، ولم يبال بما (٢) في عشقه من الضرر. وهذا داء أعيا الأطبّاءَ دواؤه، وعزّ عليهم شفاؤه. وهو -لَعمرُ الله- الداء العضال، والسم القتّال، الذي ما عَلِقَ بقلب إلا وعزّ على الورى استنقاذه من إساره، ولا اشتعلت ناره في مهجة إلا وصعب على الخلق تخليصها من ناره. وهو أقسام. فإنّه تارةً يكون كفرًا، كمن اتخذ معشوقَه نِدًّا يحبّه كما يحبّ الله، فكيف إذا كانت محبته أعظم من محبة الله في قلبه؟ فهذا عشق لا يُغفر لصاحبه، فإنّه من أعظم الشرك، والله لا يغفر أن يُشرَك به؛ وإنما يُغفَر بالتوبة الماحية. وعلامة هذا العشق الشركي الكفري أن يقدِّم العاشقُ رضا معشوقه على رضا ربّه، وإذا تعارض عنده حقُّ معشوقه وحظّه وحقُّ ربّه وطاعته قدّم حقَّ معشوقه (٣) على حقِّ ربه، وآثر رضاه على رضاه (٤)، وبذل لمعشوقه أنفَسَ ما يقدِر عليه، وبذل لربّه -إن بذل- أردأ ما عنده،
(١) س: "فحكى الله". ل: "فحكاه الله". (٢) "بما" ساقط من س. (٣) "وحطه … معشوقه" ساقط من س. (٤) ف: "رضا ربه".