Ad-Dâʾ wa-ad-DawâʾIbn al-Qayyim

Dixièmement : il passait, en apparence, pour son esclave au sein de la demeure ; il entrait, sortait et restait auprès d’elle sans que personne n’y trouve à redire. La familiarité précédait donc la sollicitation, et cela compte parmi les ressorts les plus puissants. On demanda un jour à une noble dame de l’aristocratie arabe : « Qu’est-ce qui t’a poussée à l’adultère ? » Elle répondit : « La proximité des oreillers et la longue obscurité. » Autrement dit : l’oreiller de cet homme touchait presque le mien, et la nuit, longue et noire, s’étendait entre nous.

Onzièmement : elle mobilisa contre lui les maîtresses de la ruse et de la tromperie ; elle le leur fit voir, leur exposa sa situation afin qu’elles l’aident à le séduire. Lui, de son côté, s’en remit à Allah pour se protéger d’elles et dit : « Et si Tu n’éloignes pas de moi leur complot, je pencherai vers elles et serai du nombre des ignorants. » (Coran 12 : 33).

Douzièmement : elle le menaça de la prison et de l’humiliation. Il s’agissait là d’une forme de contrainte : la menace venait d’une personne dont on pouvait craindre, avec raison, qu’elle la mette à exécution. Se trouvaient ainsi réunis l’élan du désir et le souci d’échapper à l’étroitesse de la geôle et au déshonneur.

(1) Dans les copies F et L : *wa-kana* (« et il était »). (2) Il s’agit de Hind bint al-Khuss al-Iyadiyya, une femme de l’époque antéislamique connue pour sa finesse d’esprit, son éloquence et sa langue acérée. Voir *Gharib Abi Ubayd*, 1/166, et *al-Bayan* d’al-Jahiz, 1/312 et 324. (3) *As-sawad* désigne une conversation confidentielle et un entretien secret. (4) Dans L : « Le coussin de l’homme est l’un de mes coussins. » (5) Telle est la leçon de tous les manuscrits. De même, le terme *tawaadahu*, au sens de « le menaça », figure dans *Tariq al-hijratayn* (p. 635), ainsi que dans le brouillon de l’auteur et dans d’autres témoins. Les éditions imprimées portent : *tawaaadtuhu* (« je le menaçai ») ; il s’agit peut-être d’une intervention des éditeurs. (6) Dans S : *wa-huwa* (« et c’est lui »). (7) Dans F et L : *man yaghlib* (« celui qui l’emporte »). Dans Z : *man taghallab* (« celui qui prend le dessus ») ; ce manuscrit vocalise également *huddid* à la voix passive (« fut menacé »). (8) Dans F : *fa-tajtamiu bihi* (« elle se réunit par son intermédiaire »).
العاشر: أنّه كان في الظاهر مملوكًا لها في الدار بحيث يدخل ويخرج ويحضر معها ولا ينكَر عليه، فكان (١) الإنس سابقًا على الطلب، وهو من أقوى الدواعي؛ كما قيل لامرأة شريفة من أشراف العرب (٢): ما حملكِ على الزنى؟ قالت: "قُربُ الوِساد، وطول السواد" (٣). تعني قرب وساد الرجل من وسادي (٤)، وطول السِّواد بيننا. الحادي عشر: أنّها استعانت عليه بأئمة المكر والاحتيال، فأرته إيّاهنّ، وشكت حالها إليهنّ، لتستعين بهنّ عليه؛ فاستعان هو بالله عليهن، فقال: ﴿وَإِلَّا تَصْرِفْ عَنِّي كَيْدَهُنَّ أَصْبُ إِلَيْهِنَّ وَأَكُنْ مِنَ الْجَاهِلِينَ (٣٣)﴾ [يوسف: ٣٣]. الثاني عشر: أنها تواعدته (٥) بالسجن والصَّغار. وهذا نوع إكراه، إذ هو (٦) تهديد ممن يغلب (٧) على الظنّ وقوعُ ما هدَّد به، فيجتمع (٨) داعي الشهوة وداعي السلامة من ضيق السجن والصغار.
(١) ف، ل: "وكان". (٢) هي هند بنت الخُسّ الإيادية، امرأة جاهلية ذات دهاء وفصاحة ولسن. انظر: غريب أبي عبيد (١/ ١٦٦) والبيان للجاحظ (١/ ٣١٢، ٣٢٤). (٣) السواد: المسارّة والمناجاة. (٤) ل: "وسادة الرجل من وسادتي". (٥) كذا في جميع النسخ. وكذا ورد "تواعده" بمعنى توعّده في طريق الهجرتين (٦٣٥) في مسودة المصنف وغيرها. وفي النسخ المطبوعة: "توعّدته"، ولعله من تصرّف الناشرين. (٦) س: "وهو". (٧) ف، ل: "من يغلب". وفي ز: "من تغلّب"، وكذلك ضبط فيها: "هُدِّد" بالبناء للمجهول. (٨) ف: "فتجتمع به".

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