Ad-Dâʾ wa-ad-DawâʾIbn al-Qayyim

et d’obéissance. Il peut ainsi s’appliquer du supérieur à l’inférieur : on dira, par exemple, dintu-hu fa-dâna, c’est-à-dire : « je l’ai contraint et il s’est soumis ». Le poète dit :

Il sut soumettre les Ribâb lorsqu’ils répugnaient
à la sujétion ; ils se levèrent alors, pleins de puissance et d’audace. (1)

Le verbe s’emploie également de l’inférieur vers le supérieur, comme dans les expressions : dintu Allâha, dintu lillâh, « Untel lâ yadînu Allâha dînan » ou « lâ yadînu Allâha bi-dînin ». Dâna Allâha signifie : il a obéi à Allah, L’a aimé et craint ; dâna lillâh signifie : il s’est incliné devant Lui, s’est humilié, soumis et a consenti.

La dîn intérieure (2) requiert impérativement l’amour et l’humilité, tout comme l’adoration. À l’inverse, la dîn extérieure (3) n’exige pas nécessairement l’amour, bien qu’elle comporte visiblement soumission et abaissement.

C’est pourquoi Allah, exalté soit-Il, a qualifié le Jour de la Résurrection de « yawm ad-dîn » : ce sera le jour où Il rétribuera les hommes pour leurs œuvres ; à qui aura fait le bien, le bien, et à qui aura fait le mal, le mal (4). Cette appellation implique la récompense et le règlement de comptes ; on l’a donc expliqué par « Jour de la rétribution » ou « Jour du jugement ».

Le Très-Haut dit encore : « Pourquoi donc, si vraiment vous n’êtes pas destinés à rendre des comptes (86), ne la faites-vous pas revenir ? » (5) [Coran 56 : 86-87]. En d’autres termes : « Rendez donc l’âme à sa demeure, si vous n’êtes pas des créatures dépendantes, ni dominées (6), ni vouées à être rétribuées. »

(1) Vers d’al-A‘châ dans son Dîwân, p. 61. On y trouve, après « la religion » : « poursuis-le par une expédition et un assaut ». (2) Dans le manuscrit F : « Ainsi, la religion ». (3) Dans le manuscrit F : « contrairement au sens apparent ». (4) Dans le manuscrit L : « Que ce soit un bien, ce sera donc un bien ; et que ce soit un mal, ce sera donc un mal. » Le mot « mal » manque dans le manuscrit S. (5) Le manuscrit F donne le verset complet (87). (6) Dans le manuscrit F : « qui ne sont soumis ni gouvernés par la contrainte ».
والطاعة. فلذلك يكون من الأعلى إلى الأسفل، كما يقال: دِنتُه فدانَ، أي قهرته فذلّ. قال الشاعر: هو دانَ الرِّبابَ إذ كرهوا الـ .... ـدِّينَ فأضْحَوا بعزّة وصِيالِ (١) ويكون من الأدنى للأعلى، كما يقال: دِنْتُ اللهَ، ودِنْتُ لِلَّهِ، وفلان لا يدين اللهَ دينًا، ولا يدين الله بدينٍ. فدان اللهَ أي: أطاع الله وأحبّه وخافه. ودان لله أي: خشع له وخضَع وذلّ وانقاد. والدين (٢) الباطن لا بد فيه من الحبّ والخضوع كالعبادة سواءً، بخلاف الدين الظاهر (٣) فإنه لا يستلزم الحبّ، وإن كان فيه انقياد وذلّ في الظاهر. وسمّى الله سبحانه يومَ القيامة "يومَ الدين" لأنّه اليوم الذي يدين فيه الناسَ بأعمالهم، إن خيرًا فخير، وإن شرًّا فشرٌّ (٤). وذلك يتضمّن جزاءهم وحسابهم، فلذلك فسِّر بيوم الجزاء ويوم الحساب. وقال تعالى: ﴿فَلَوْلَا إِنْ كُنْتُمْ غَيْرَ مَدِينِينَ (٨٦) تَرْجِعُونَهَا﴾ (٥) [الواقعة: ٨٦، ٨٧]، أي: هلّا تردّون الروح إلى مكانها، إن كنتم غير مربوبين ولا مقهورين (٦) ولا مجزييّن.
(١) للأعشى في ديوانه (٦١). وفيه بعد "الدين": "دراكًا بغزوةٍ وصيال". (٢) ف: "فالدين". (٣) ف: "بخلاف الظاهر". (٤) ل: "فخيرًا وإن شرًّا فشرًّا". وقد سقط "فشرّ" من س. (٥) كمل الآية (٨٧) في ف. (٦) ف: "غير مدينين مقهورين".

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