« Ô Messager d’Allah, par Allah, tu m’es plus cher que toute chose, à l’exception de moi-même. » Il répondit : « Non, ô ‘Umar, pas tant que je ne t’aurai pas été plus cher que ta propre personne. » ‘Umar déclara alors : « Par Celui qui t’a envoyé avec la vérité, tu m’es désormais plus cher que moi-même. » Le Prophète conclut : « À présent, ô ‘Umar ! »
Si tel est le rang de l’amour que l’on porte à Son serviteur et Messager, qu’il faut préférer à l’amour que l’on se voue à soi-même, à son fils, à son père et à l’ensemble des gens, que dire alors de l’amour dû à Celui qui l’a envoyé — exalté soit-Il — et de l’obligation de le placer au-dessus de tout autre amour ?
L’amour voué au Seigneur — qu’Il soit glorifié — se distingue de tous les autres tant par son intensité et sa nature que par l’exclusivité qui Lui revient. Ce qui Lui est dû exige qu’Il soit plus aimé du serviteur que son fils et son père, plus encore que son ouïe, sa vue et l’âme qui est en sa poitrine ; ainsi, son Dieu véritable et Unique Objet d’adoration lui devient plus cher que tout cela.
Une chose peut être aimée sous un aspect et non sous un autre, ou aimée pour autre chose qu’elle-même. Or, nul n’est aimé pour soi, sous tous les aspects, hormis Allah Seul ; l’adoration ne convient qu’à Lui. Allah dit : « S’il y avait dans [les cieux et la terre] d’autres divinités qu’Allah, tous deux seraient voués à la ruine » (Les Prophètes, 22). Le ta’alluh (l’adoration exclusive) se compose d’amour, d’obéissance et d’humilité.