De la même manière – qu’il s’agisse du moment où le voile se lève, de l’instant où l’on distingue les premières lueurs de l’au-delà, de l’heure où l’on contemple la séparation d’avec ce bas-monde et le passage vers Allah – la douleur, le regret et le châtiment y seront, à vrai dire, multipliés d’innombrables fois. En effet, l’homme éprouvé ici-bas espère toujours voir son malheur réparé par un dédommagement ; il sait, de surcroît, qu’il a été touché dans une chose vouée à la disparition, privée de toute permanence. Que dire, alors, de celui dont la perte porte sur ce dont il n’existe ni compensation, ni substitut (1), et dont la valeur ne peut se comparer à l’ensemble de ce monde ? Si Allah – exalté soit-Il – avait décrété la mort à cause d’un tel chagrin et d’une telle souffrance, le serviteur l’aurait bien méritée ; et la mort deviendrait alors son vœu le plus ardent et, en même temps, le sujet de son plus profond regret. Or cela ne concernerait que la peine liée à la simple privation (3). Que dire lorsqu’à cette perte se joignent des tourments effectifs infligés à l’âme et au corps, d’une ampleur qu’aucune mesure ne saurait cerner ? Béni soit Celui qui a chargé cette créature si faible de ces deux douleurs immenses que les montagnes les plus solidement implantées ne pourraient porter ! Représente-toi donc l’être ou la chose que tu chéris le plus ici-bas, au point que la vie ne t’est agréable qu’en sa compagnie ; suppose qu’au moment même où tu en as le plus besoin, on te l’enlève et que l’on t’en sépare : dans quel état te trouverais-tu ? Or, pour cet être, quelque compensation demeure possible ; qu’en est-il alors de Celui pour qui il n’existe aucun substitut ? De toute chose que tu perds, il est un dédommagement ; mais si tu perds Allah, nul dédommagement n’existe (4). Et, dans une tradition divine, Il dit : « Ô fils d’Adam, Je t’ai créé pour que tu M’adores ; ne te livre donc pas au jeu. Je Me suis engagé à pourvoir à ta subsistance ; ne t’épuise donc pas. Ô fils d’Adam, cherche-Moi, tu Me trouveras : si tu Me trouves, tu auras trouvé toute chose, et si… »
وهكذا الحال سواءٌ عند كشف الغطاء، ومعاينة طلائع الآخرة، والإشراف على مفارقة الدنيا، والانتقال منها إلى الله؛ بل الألم والحسرة والعذاب هناك أشدّ بأضعاف مضاعفة. فإنّ المصاب في الدنيا يرجو جبر مصيبته بالعوض، ويعلم أنّه قد أصيب بشيء زائل لا بقاء له؛ فكيف بمن مصيبته بما لا عوضَ عنه، ولا بدلَ منه (١)، ولا نسبة بينه وبيّن الدنيا جميعها؟ فلو قضى الله سبحانه بالموت من هذه الحسرة والألم لكان العبد جديرًا به، وإنّ الموت لَيعود أعظمَ أمنيته وأكبرَ حسراته. هذا (٢) لو كان الألم على مجرّد الفوات (٣)، فكيف وهناك من العذاب على الروح والبدن بأمور أخرى وجودية ما لا يُقدَر قدرُه؟ فتبارك من حمّل هذا الخلق الضعيف هذين الألمين العظيمين اللذين لا تحملهما الجبال الرواسي! فأعرض الآن على نفسك أعظمَ محبوب لك في الدنيا بحيث لا تطيب لك الحياة إلا معه، فأصبحتَ وقد أُخِذ منك، وحيل بينك وبينه، أحوجَ ما كنتَ إليه، كيف يكون حالك؟ هذا، ومنه كلّ عوض، فكيف بمن لا عوض عنه؟ من كلّ شيء إذا ضيّعتَه عوض … وما من الله إنْ ضيّعتَه عوضُ (٤) وفي أثر إلهي: "ابنَ آدم خلقتك لعبادتي فلا تلعَبْ، وتكفّلت برزقك فلا تتعَبْ، ابنَ آدم اطلبْني تجدْني، فإن وجدتَني وجدتَ كلّ شيء، وإن
(١) ف: "لابدّ منه". (٢) ف: "وهذا". (٣) س: "مجرد غاية الفوات". (٤) تقدم في ص (١٧٣).