Ainsi, lorsque ce qui est aimé conduit à ce qui est aimé, les deux ressorts qui poussent à l’action se rejoignent ; et lorsque ce qui est détesté mène à ce qui est détesté, les deux ressorts qui incitent à l’abstention se rejoignent également.
Restent les deux autres cas, que les deux appels se disputent : ils forment le champ même de l’épreuve et de l’examen. L’âme privilégie ce qui est le plus proche, c’est-à-dire l’immédiat ; tandis que la raison et la foi préfèrent ce qui est le plus utile et le plus durable. Le cœur, quant à lui, oscille entre les deux sollicitations, penchant tantôt vers l’une, tantôt vers l’autre.
C’est là que réside l’épreuve, tant au regard de la Loi révélée qu’au regard du décret divin. L’appel de la raison et de la foi ne cesse de proclamer : « Hayya ‘alâ al-falâḥ ! » (en avant vers la réussite). Au lever du jour, les voyageurs se félicitent de leur marche nocturne, et, à l’instant de la mort, le serviteur se félicite de la taqwâ (piété).
Si les ténèbres de la nuit de l’amour s’épaississent et que règne le pouvoir de la passion et du désir, l’appel ajoute : « Ô âme, patiente ! Ce n’est qu’un moment, puis il passera… tout cela disparaîtra et s’évanouira. »