Ad-Dâʾ wa-ad-DawâʾIbn al-Qayyim

Ainsi, lorsque ce qui est aimé conduit à ce qui est aimé, les deux ressorts qui poussent à l’action se rejoignent ; et lorsque ce qui est détesté mène à ce qui est détesté, les deux ressorts qui incitent à l’abstention se rejoignent également.

Restent les deux autres cas, que les deux appels se disputent : ils forment le champ même de l’épreuve et de l’examen. L’âme privilégie ce qui est le plus proche, c’est-à-dire l’immédiat ; tandis que la raison et la foi préfèrent ce qui est le plus utile et le plus durable. Le cœur, quant à lui, oscille entre les deux sollicitations, penchant tantôt vers l’une, tantôt vers l’autre.

C’est là que réside l’épreuve, tant au regard de la Loi révélée qu’au regard du décret divin. L’appel de la raison et de la foi ne cesse de proclamer : « Hayya ‘alâ al-falâḥ ! » (en avant vers la réussite). Au lever du jour, les voyageurs se félicitent de leur marche nocturne, et, à l’instant de la mort, le serviteur se félicite de la taqwâ (piété).

Si les ténèbres de la nuit de l’amour s’épaississent et que règne le pouvoir de la passion et du désir, l’appel ajoute : « Ô âme, patiente ! Ce n’est qu’un moment, puis il passera… tout cela disparaîtra et s’évanouira. »

= Les deux dernières catégories sont omises dans le manuscrit L. (1) Le passage « le motif de l’action… qui s’y trouve » est omis dans les manuscrits F et L. (2) À l’exception du manuscrit S, qui porte le singulier « il préfère » ; cette leçon est également acceptable. (3) Le passage « … la foi » est omis dans le manuscrit S. Celui-ci porte : « Et c’est à cela qu’il appelle. » (4) Il s’agit d’un proverbe courant, que l’on emploie à propos d’un homme qui endure les difficultés dans l’espoir d’obtenir le repos. Voir Majma al-amthal, vol. 2, p. 318. (5) Il s’agit de la réponse à la condition introduite par *in* (« si »). De même, le verbe à l’inaccompli est à l’indicatif dans tous les manuscrits. (6) L’auteur l’a cité dans *Al-Bada’i*, p. 672, *Madârij al-sâlikîn*, vol. 3, p. 229, et *Rawdat al-muhibbîn*, p. 80. Bahâ’ Zuhayr a également composé un vers similaire, dont le premier hémistiche est le suivant (son *Dîwân*, p. 210) : « Ce n’est qu’une absence, puis nous nous retrouvons. »
فالمحبوب الموصل إلى المحبوب قد اجتمع فيه داعي الفعل من وجهين، والمكروه الموصل إلى مكروه قد اجتمع فيه (١) داعي الترك من وجهين. بقي القسمان الآخران يتجاذبهما الداعيان، وهما معترك الابتلاء والامتحان. فالنفس تؤثر أقربهما جوارًا منهما، وهو العاجل. والعقل والإيمان يؤثران (٢) أنفعهما وأبقاهمًا. والقلب بين الداعيين، وهو إلى هذا مرةً، وإلى هذا مرةً. وها هنا محلّ الابتلاء شرعًا وقدرًا. فداعي العقل والإيمان ينادي (٣) كل وقت: حيَّ على الفلاح، عند الصباح يحمد القومُ السُّرى (٤)، وفي الممات يحمد العبدُ التُّقَى. فإن اشتدّ ظلام ليل المحبة، وتحكّم سلطان الشهوة والإرادة يقول (٥): يا نفس اصبري، فما هي إلا ساعة ثم تنقضي … ويذهب هذا كلُّه ويزولُ (٦)
= سقط القسمان الأخيران من ل. (١) "داعي الفعل … فيه" ساقط من ف، ل. (٢) ما عدا س: "يؤثر" بالإفراد، وهو جيد أيضًا. (٣) "اوها هنا … الإيمان" ساقط من س. وفيها: "وإلى هذا ينادي". (٤) من الأمثال السائرة، يضرب للرجل يحتمل المشقّة رجاء الراحة. مجمع الأمثال (٢/ ٣١٨). (٥) جواب إنْ، وكذا جاء مضارعًا مرفوعًا في جميع النسخ. (٦) أنشده المؤلف في البدائع (٦٧٢)، ومدارج السالكين (٣/ ٢٢٩)، وروضة المحبين (٨٠). وللبهاء زهير بيت يشبهه، وصدره (ديوانه: ٢١٠): وما هي إلا غَيبة ثم نلتقي

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