…si ce n’est de se tourner vers Allah, de traiter exclusivement avec Lui et de préférer Son agrément à toute chose.
Celui qui emprunte cette voie, même s’il se voit privé de sa part d’ici-bas, a conquis la part éminente qui ne saurait jamais lui échapper ; s’il l’obtient, il obtient tout, et s’il la manque, il manque tout. S’il reçoit malgré tout son lot terrestre, il le goûte sous les formes les plus paisibles. Nulle route n’est plus utile au serviteur ni plus à même de le conduire à sa vraie jouissance, à son allégresse et à son bonheur. Et c’est Allah qui accorde la réussite.
Chapitre
Ce qui est aimé se divise en deux catégories : ce qui est aimé pour lui-même et ce qui est aimé pour autre chose. Or ce qui est aimé pour autre chose doit nécessairement remonter à ce qui est aimé pour lui-même, afin d’éviter une régression infinie impossible. Tout ce qui n’est pas le Bien-Aimé véritable n’est donc aimé que pour autre chose, et rien n’est aimé pour soi-même sinon Allah, Lui seul. Tout ce qui, hors de Lui, est aimé, ne l’est qu’en dépendance de l’amour porté au Seigneur, comme l’amour de Ses anges, de Ses prophètes et de Ses alliés ; cet amour découle de Son amour et en fait partie intrinsèquement, car aimer le Bien-Aimé entraîne inéluctablement d’aimer ce qu’Il aime.
Il convient de s’arrêter sur ce point ; c’est là que se distingue l’amour profitable — celui qui se rapporte à autre que Lui, mais par égard pour Lui — de l’amour qui n’apporte aucun bien, voire peut nuire.
Sache donc que nul n’est aimé pour son essence, sauf Celui dont la perfection est inséparable de Son essence, dont la divinité, la seigneurie et l’indépendance Lui appartiennent de manière intrinsèque. Quant à tout ce qui n’est pas Lui, on ne le déteste ou ne l’exècre qu’en raison de son opposition…
إلا (١) الإقبال على الله ومعاملته وحده، وإيثار مرضاته على كلّ شيء.
فإنّ سالك هذه الطريق إن فاته حظه من الدنيا فقد ظفر بالحظ العالي الذي لا فوت معه، وإن حصل للعبد حصل له كل شيء، وإن فاته فاته كل شيء. وإن ظفر بحظه من الدنيا ناله على أهنأ الوجوه. فليس للعبد أنفع من هذه الطريق ولا أوصل منها إلى لذته وبهجته وسعادته. وبالله التوفيق.
فصل
والمحبوب قسمان: محبوب لنفسه، ومحبوب لغيره. والمحبوب لغيره لابدّ أن ينتهي إلى المحبوب لنفسه، دفعًا للتسلسل المحال. وكلّ ما سوى المحبوب الحق فهو محبوب لغيره، وليس شيء يُحَبّ لنفسه إلا الله وحده، وكلّ ما سواه مما يُحَبّ وإنّما محبته تبع لمحبة الربّ تعالى (٢)، كمحبة ملائكته وأنبيائه وأوليائه، فإنّها تبع لمحبته سبحانه، وهي من لوازم محبته، فإنّ محبة المحبوب توجب محبةَ (٣) ما يحبّه.
وهذا موضع يجب الاعتناء به، فإنّه محلّ فرقان بين المحبة النافعة لغيره، والتي (٤) لا تنفع، بل قد تضرّ.
فاعلم أنّه لا يُحَبّ لذاته إلا مَن كماله من لِوازم ذاته، وإلهيتُه وربوبيته وغناه من لوازم ذاته. وما سواه وإنّما يبغض ويكرَه لمنافاته
(١) رسمها في ل، ز: "إلى"، وكذا كان في ف، فأصلحه بعض القراء.
(٢) ز: "محبته من محبة الربّ تعالى".
(٣) "محبة" ساقط من ف.
(٤) ف: "والمحبة التي".