La survenue d’un acte volontaire n’est possible qu’en présence de sa cause : l’amour et la volonté. Quant à la non-action, elle provient tantôt de l’absence de ce qui la motive et en est la cause, tantôt de l’existence d’une répulsion et d’une aversion qui l’empêchent. C’est là le domaine de l’ordre et de l’interdiction ; on le nomme kaff (l’abstention), et c’est à son sujet que se rattachent récompense et châtiment.
Ainsi disparaît l’ambiguïté touchant la question de l’abstention : relève-t-elle de l’être ou du néant ? L’examen attentif montre qu’elle est de deux sortes : l’abstention imputable à l’absence de la cause incitative est négative, tandis que celle due à la présence d’un motif faisant obstacle à l’acte constitue une réalité positive.
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L’une comme l’autre, l’action volontaire et l’abstention volontaire, ne sont choisies par l’être vivant qu’en raison du bénéfice qu’il en escompte : soit la jouissance procurée par ce bénéfice, soit la disparition d’une douleur dont il est soulagé. C’est pourquoi l’on dit : « il a guéri sa poitrine » ou « il a guéri son cœur ».
Le poète a dit :
« Elle serait la guérison de mon mal si je pouvais l’atteindre ;
mais nulle guérison de ce mal ne s’obtient de sa part. »
Cette finalité est convoitée par l’homme raisonnable — et même par l’animal privé de raison —, mais la plupart des gens se méprennent de façon déroutante : ils recherchent la jouissance par ce qui finit par leur occasionner un mal bien plus grave…