il ne discerne pas les degrés du désirable et du détestable tels qu’ils sont réellement, soit d’une faiblesse de l’âme et d’une impuissance du cœur qui ne l’amènent pas à préférer ce qui lui est le plus profitable, alors même qu’il sait pertinemment que c’est ce qu’il y a de meilleur pour lui. Lorsque la perception devient saine, que l’âme se fortifie et que le cœur s’enhardit à privilégier l’objet d’amour supérieur et l’objet d’aversion moindre, l’homme est guidé vers les causes du bonheur. Ainsi, chez certains, l’emprise de la passion est plus forte que celle de la raison et de la foi ; ce qui domine écrase alors ce qui est faible. Chez d’autres, au contraire, la souveraineté de la foi et de la raison est plus puissante que celle de la passion. Il arrive que, bien des malades, malgré les mises en garde du médecin contre ce qui leur est nuisible, ne puissent s’empêcher d’y céder : leur âme et leur désir réclament cet objet, si bien qu’ils font passer leur convoitise avant leur raison. Les médecins les qualifient alors de « dépourvus de dignité ». De la même façon, la plupart des cœurs malades préfèrent ce qui accroît leur maladie, tant leur penchant pour cela est fort. L’origine du mal réside donc dans la faiblesse de la perception, la faiblesse et la bassesse de l’âme ; l’origine du bien tient à la perfection de la perception, à la vigueur, à la noblesse et au courage de l’âme. L’amour et la volonté sont la racine et le point de départ de toute action ; la répulsion et l’aversion sont la racine et le point de départ de toute abstention. Ces deux forces qui siègent dans le cœur constituent la source même du bonheur ou du malheur du serviteur.
لم يدرك مراتب المحبوب والمكروه على ما هي (١) عليه، وإمّا لضعفٍ في النفس وعجزٍ في القلب لا يطاوعه لإيثار الأصلح له، مع (٢) علمه بأنّه الأصلح. فإذا صحّ إدراكه، وقويت نفسه، وتشجّع (٣) القلب على إيثار المحبوب الأعلى والمكروه الأدنى، فقد وُفّق لأسباب السعادة. فمن الناس من يكون سلطان شهوته أقوى من سلطان عقله وإيمانه، فيقهر الغالبُ الضعيفَ (٤). ومنهم من يكون سلطان إيمانه وعقله أقوى (٥) من سلطان شهوته. وإذا كان كثير من المرضى يحميه الطبيب عما يضرّه، فتأبى عليه نفسه وشهوته إلا تناولَه، ويقدّم شهوته على عقله، وتسميه الأطباء "عديم المروءة"؛ فهكذا أكثر مرضى القلوب يؤثرون ما يزيد مرضَهم لقوة شهوتهم له (٦). فأصل الشرّ من ضعف الإدراك، وضعف النفس ودناءتها. وأصل الخير من كمال الإدراك، وقوة النفس وشرفها وشجاعتها. فالحبّ والإرادة أصل كلّ فعل ومبدؤه، والبغض والكراهة أصل كلّ ترك (٧) ومبدؤه. وهاتان القوتان في القلب أصل سعادة العبد وشقاوته.
(١) س: "ما كان". (٢) ما عدا ز: "لرفع" وهو تحريف "له مع". (٣) س: "وشجع". (٤) ف، ز: "للضعيف". (٥) "من سلطان عقله … " ساقط من ل. (٦) "له" ساقط من ف. (٧) س: "أصل ترك". وفي ز: "كل شيء" بدلًا من "كل فعل"، و"كل ترك".