à savoir Ibrâhîm et Muhammad – sur eux la bénédiction et la paix d’Allah –, comme l’a déclaré le Prophète ﷺ : « Allah m’a pris pour intime (*khalîl*), tout comme Il a pris Ibrâhîm pour intime. »(1)
Dans un autre hadith authentique, il dit : « Si j’avais dû choisir, parmi les habitants de la terre, un intime, j’aurais pris Abû Bakr pour intime ; mais votre compagnon est l’intime d’Allah. »(2)
Et, dans un troisième récit : « Je me désavoue de toute intimité (*khulla*) envers quiconque. »(3)
Lorsque Ibrâhîm demanda un fils, qu’Allah le lui accorda et que l’amour de cet enfant s’attacha à son cœur, une part de ce cœur s’en trouva détournée. Par jalousie pour Son intime, le Bien-Aimé ne voulut pas qu’il subsistât dans ce cœur une place pour un autre que Lui ; Il lui ordonna donc de l’immoler.(4) L’ordre fut donné en songe, afin que l’exécution commandée fût une épreuve et une mise à l’épreuve d’autant plus redoutables.
Le but n’était pas de sacrifier l’enfant, mais de l’arracher du cœur de son père, pour que celui-ci fût entièrement voué au Seigneur. Dès que l’intime se hâta d’obéir et plaça l’amour d’Allah au-dessus de l’amour de son fils, le but fut atteint : l’égorgement fut levé et l’enfant fut racheté par un sacrifice immense. En vérité, le Seigneur Très-Haut n’ordonne jamais quelque chose pour l’abolir ensuite complètement ; il en subsiste toujours une part ou un substitut. Ainsi a-t-Il maintenu la législation du rachat, tout comme Il a conservé la recommandation de l’aumône avant l’entretien confidentiel, et comme Il a laissé subsister les cinq prières après avoir levé l’obligation des cinquante, en en préservant la récompense.(5)
عليهما: إبراهيم ومحمد، كما قال ﷺ: "إن الله اتخذني خليلًا، كما اتخذ إبراهيم خليلًا" (١).
وفي الصحيح عنه ﷺ: "لو كنت متخذا من أهل الأرض خليلًا لاتخذتُ أبا بكر خليلًا، ولكن صاحبكم خليل الله" (٢).
وفي حديث آخر: "إني أبرأ إلى كلّ خليل من خُلّته" (٣).
ولما سأل إبراهيمُ الولدَ، فأُعطِيَه، وتعلّق حبه بقلبه، فأخذ منه شعبة؛ غار الحبيب على خليله أن يكون في قلبه موضع لغيره، فأمره بذبحه (٤). وكان الأمر في المنام، ليكون تنفيذ المأمور به أعظم ابتلاءً
وامتحانًا. ولم يكن المقصود ذبح الولد، ولكن المقصود ذبحه من قلبه، ليخلص القلب للربّ. فلما بادر الخليل إلى الامتثال، وقدّم محبة الله على محبة ولده؛ حصل المقصود، فرُفع الذبح. وفُدي بذبح عظيم، فإنّ الربّ تعالى ما أمر بشيء ثم أبطله (٥) رأسًا، بل لابدّ أن يبقى بعضه أو بدَلُه، كما أبقى شرعية الفداء، وكما أبقى استحباب الصدقة بين يدي المناجاة، وكما أبقى الخمسَ صلواتٍ بعد رفع الخمسين وأبقى ثوابها
(١) من حديث جندب ﵁. أخرجه مسلم في المساجد، باب النهي عن بناء المساجد على القبور … (٥٣٢).
(٢) من حديث عبد الله بن مسعود ﵁. أخرجه مسلم في فضائل الصحابة، باب من فضائل أبي بكر الصديق ﵁ (٢٣٨٣).
(٣) أخرجه مسلم في الموضع السابق من حديث ابن مسعود ﵁ (٢٣٨٣/ ٧) ولفظه: "ألا إنّي أبرأ إلى كل خِلّ من خِلّه".
(٤) ف: "بذبح ولده".
(٥) ف: "وأبطله".