ne possèdent rien, ni ne raisonnent ? » (Coran, 39 : 43).
Et Il dit encore : « Derrière eux se tient la Géhenne ; rien de ce qu’ils auront acquis ne les protégera, pas plus que les alliés qu’ils se seront choisis en dehors d’Allah ; un châtiment terrible les attend. » (Coran, 45 : 10).
Ainsi, lorsque le serviteur réserve son allégeance (1) à son Seigneur seul, Celui-ci lui accorde des intercesseurs et instaure un lien d’alliance (2) entre lui et Ses serviteurs croyants ; ceux-ci deviennent alors ses alliés pour Allah, à l’inverse de celui qui prend quelque créature pour alliée en dehors d’Allah.
Ceci est d’un ordre, et cela d’un autre ; de même, l’intercession idolâtre et illusoire appartient à une catégorie, tandis que l’intercession authentique, que l’on n’obtient que par le tawḥîd (l’unicité), relève d’une tout autre catégorie. C’est là le critère qui distingue les gens du tawḥîd de ceux du polythéisme. Or Allah guide qui Il veut vers la voie droite.
En somme, la véritable servitude ne saurait coexister avec l’association dans l’amour ; à l’inverse, l’amour voué à Allah fait partie intégrante de la servitude et en est l’une des exigences. L’amour du Messager — et même le fait de le préférer, dans l’affection (3), à soi-même (4), à son père et à ses enfants — est indispensable à la foi, car aimer le Messager relève de l’amour d’Allah. Il en est ainsi de tout amour « en Allah et pour Allah ». Dans les deux Ṣaḥîḥ, il est rapporté qu’il ﷺ a dit : « Trois qualités permettent de goûter la douceur de la foi » — et, dans une autre version authentique : « Nul ne goûtera la douceur de la foi s’il ne réunit trois caractéristiques » — : qu’Allah et Son Messager lui soient plus chers que toute autre chose ; qu’il n’aime autrui que pour Allah ; et qu’il répugne à revenir à la mécréance après qu’Allah l’en a délivré.
لَا يَمْلِكُونَ شَيْئًا وَلَا يَعْقِلُونَ (٤٣)﴾ [الزمر: ٤٣]، وقال تعالى: ﴿مِنْ وَرَائِهِمْ جَهَنَّمُ وَلَا يُغْنِي عَنْهُمْ مَا كَسَبُوا شَيْئًا وَلَا مَا اتَّخَذُوا مِنْ دُونِ اللَّهِ أَوْلِيَاءَ وَلَهُمْ عَذَابٌ عَظِيمٌ (١٠)﴾ [الجاثية: ١٠].
فإذا والى (١) العبد ربَّه وحده أقام له الشفعاء، وعقد الموالاة (٢) بينه وبيّن عباده المؤمنين، فصاروا أولياءه في الله، بخلاف من اتخذ مخلوقًا وليًّا من دون الله.
فهذا لون وذاك لون، كما أنّ الشفاعة الشركية الباطلة لون، والشفاعة الحقّ الثابتة التي إنّما تُنال بالتوحيد لون. وهذا موضع فرقان بين أهل التوحيد وأهل الإشراك. والله يهدي من يشاء إلى صراط
مستقيم.
والمقصود أنّ حقيقة العبودية لا تحصل مع الإشراك بالله في المحبة، بخلاف المحبة لله، فإنّها من لوازم العبودية وموجَباتها، فإنّ محبة الرسول -بل تقديمه في الحبّ (٣) على الأنفس (٤) والآباء
والأبناء- لا يتمّ الإيمان إلا بها، إذ محبته من محبة الله. وكذلك كلّ حبّ في الله ولله، كما في الصحيحين عنه ﷺ أنّه قال: "ثلاث من كنّ فيه وجد حلاوة الإيمان"- وفي لفظ في الصحيح: "لا يجد حلاوة الإيمان إلا من كان فيه ثلاث خصال-: أن يكون الله ورسوله أحبَّ إليه مما سواهما، وأن يحبّ المرءَ لا يحبّه إلا لله، وأن يكره أن يرجع في الكفر بعد إذ أنقذه
(١) ف: "فإن ولى".
(٢) ل: "وعقد له الموالاة".
(٣) "في الحب" ساقط من س. وفي ل: "في المحبة".
(٤) ف: "النفس".