Par Allah, les soucis, les angoisses (1) et les chagrins s’effacent. Nulle inquiétude auprès d’Allah, nulle angoisse (2), nul chagrin, sauf lorsque le serviteur laisse échapper (3) le sens renfermé dans ce bi ; son cœur devient alors semblable à un poisson privé d’eau : il bondit et se débat (4) jusqu’à y retourner.
Lorsque cette conformité du serviteur à son Seigneur, dans ce qu’Il aime, fut établie (5), la conformité du Seigneur à Son serviteur, dans ses besoins et ses requêtes, s’établit à son tour. Il dit en effet : « Si Mon serviteur Me sollicite, Je lui accorderai ; et s’il cherche refuge auprès de Moi, Je le protégerai. » Autrement dit : de même qu’il s’accorde à Mon dessein en observant Mes ordres et en se rapprochant de Moi par ce qui M’est agréable, Moi aussi Je m’accorde à son désir et à sa crainte dans ce qu’il Me demande d’accomplir pour lui (6) et dans ce dont il implore Ma protection pour qu’il n’en soit pas atteint.
Cette symbiose réciproque se renforça au point de susciter — pour ainsi dire — l’« hésitation » du Seigneur, qu’Il soit exalté, à faire mourir Son serviteur : celui-ci déteste la mort, et le Seigneur — Très-Haut — déteste ce que Son serviteur déteste et hait de lui causer du tort ; de ce point de vue, Il ne devrait donc pas le faire mourir. Or, l’intérêt véritable du serviteur réside précisément dans le fait qu’Il le fasse mourir : Il ne le fait mourir que pour le faire revivre ; ne l’éprouve par la maladie (7) que pour le guérir ; ne l’appauvrit que pour l’enrichir ; ne le prive que pour mieux lui donner. Il ne l’a fait sortir du Paradis alors qu’il n’était encore qu’une semence dans les reins de son père que pour le ramener à ce Jardin dans la condition la plus parfaite ; et s’Il a dit à son père : « Sors-en », c’était uniquement pour vouloir l’y faire revenir (8).