Réfléchis donc à la manière dont le Très-Haut a établi que le serviteur est par Lui lorsqu’il entend, voit, saisit et marche, lorsqu’Il dit : « Je suis son ouïe par laquelle il entend, sa vue par laquelle il voit, sa main avec laquelle il saisit, et son pied avec lequel il marche », affirmation de Sa compagnie avec Son serviteur et de ce que le serviteur est par Lui dans ses perceptions — par son ouïe et sa vue — et dans ses mouvements — par sa main et son pied. Observe encore qu’Il a déclaré : « C’est par Moi qu’il entend, par Moi qu’il voit, par Moi qu’il saisit », et non : « Pour Moi il entend, pour Moi il voit, pour Moi il saisit » (1).
Quelqu’un pourrait penser que la préposition li eût été plus appropriée ici, puisqu’elle désigne mieux la finalité et donnerait à entendre que ces actes sont accomplis pour Allah, ce qui semblerait plus spécifique que de les accomplir bi-Llâh.
C’est là une méprise : la préposition bi, en l’occurrence, ne marque pas simplement l’assistance — car les mouvements et les perceptions des vertueux comme des pervers ne se réalisent qu’avec l’aide d’Allah —, elle indique la compagnie. Autrement dit, il n’entend, ne voit, ne saisit ni ne marche sans que Je sois son Compagnon et avec lui (2), comme il est dit dans un autre hadith (3) : « Je suis avec Mon serviteur tant qu’il Me mentionne et que ses lèvres s’animent à Mon souvenir » (4).