« Je voudrais oublier son souvenir, mais voilà que Laylâ se dresse devant moi à chaque sentier » (1). Un autre a dit (2) : « On exige du cœur qu’il vous oublie, mais la nature même se rebelle contre cet ordre » (3). Dans le hadith (4), l’ouïe, la vue, la main et le pied sont mentionnés nommément, car ces membres sont à la fois organes de perception et organes d’action. L’ouïe et la vue acheminent vers le cœur désir et aversion, y introduisent amour et haine, puis celui-ci met en œuvre la main et le pied. Ainsi, lorsque l’ouïe du serviteur est par Allah et sa vue par Allah, ses instruments de perception sont préservés et, par conséquent, son amour et sa haine le sont également ; il est donc protégé dans ses coups comme dans sa marche (5). Observe encore comment il s’est contenté de citer l’ouïe, la vue, la main et le pied sans mentionner la langue. Si déjà la perception de l’ouïe — tantôt volontaire, tantôt involontaire —, celle de la vue — qui peut survenir soudainement sans qu’on l’ait choisie (6) —, ainsi que les mouvements indispensables de la main et du pied doivent être sauvegardés, que dire alors du mouvement de la langue, qui ne se produit (7) que de propos délibéré et par choix, et dont le serviteur peut se passer sauf lorsqu’il en reçoit l’ordre ? De plus, la réactivité de la langue au cœur est plus complète que celle de tout autre membre, car elle en est l’interprète et l’ambassadrice (8).
أريد لأنسى ذكرها فكأنّما … تمثَلُ لي ليلى بكلّ سبيلِ (١) وقال آخر (٢): يراد من القلب نسيانُكم … وتأبى الطباعُ على الناقل (٣) وخصّ في الحديث (٤) السمع والبصر واليد والرجل بالذكر، فإنّ هذه الآلات آلات الإدراك، وآلات الفعل، والسمعُ والبصرُ يُوردان على القلب الإرادةَ والكراهةَ، ويجلبان إليه الحبّ والبغض، فيستعمل اليد والرجل. فإذا كان سمعُ العبد بالله وبصرُه بالله كان محفوظًا في آلات إدراكه، وكان (٥) محفوظًا في حبّه وبغضه، فحُفِظَ في بطشه ومشيه. وتأمَّلْ كيف اكتفى بذكر السمع والبصر واليد والرجل عن اللسان. فإنّه إذا كان إدراك السمع الذي يحصل باختياره تارة وبغير اختياره تارة، وكذلك البصرُ قد يقع بغير الاختيار فجأةً (٦)، وكذلك حركة اليد والرجل التي لابدّ للعبد منها؛ فكيف بحركة اللسان التي لا تقع (٧) إلا بقصد واختيار، وقد يستغني العبد عنها إلا حيث أُمِر بها؟ وأيضًا فانفعال اللسان عن القلب أتمّ من انفعال سائر الجوارح، فإنّه ترجمانه ورسوله (٨).
(١) لكثيّر في ديوانه (٢٥٢). (٢) ف: "الآخر". (٣) للمتنبي في ديوانه (٣٩٥). (٤) س: "هذا الحديث". (٥) "سمع العبد … وكان" ساقط من ف. (٦) "فجأة" ساقط من ف. (٧) س: "الذي لا يقع". (٨) "ورسوله" ساقط من س.