Ad-Dâʾ wa-ad-DawâʾIbn al-Qayyim

Section

La singularité de la dévotion cultuelle (taʿabbud) consiste en un amour accompagné d’humilité et d’abaissement devant l’aimé ; quiconque aime une chose et s’y soumet a donc consacré à celle-ci l’adoration de son cœur. Le taʿabbud représente d’ailleurs le dernier degré de l’amour, qu’on appelle aussi tatayyum.

Le premier degré est l’ʿalâqa (l’attachement), ainsi nommée parce que le cœur « s’accroche » à l’être aimé. Le poète a dit :
« Je me suis épris de Laylâ quand elle portait encore ses amulettes,
et nul galbe de sein n’était encore visible aux yeux de ses compagnes. »

Un autre a dit :
« Parle-t-on encore d’un simple attachement, ô mère du petit,
alors que les rameaux de ta chevelure ont blanchi comme les fleurs immaculées du thaghâm ? »

Vient ensuite la ṣabâba, ainsi appelée parce que le cœur se déverse vers l’être aimé.

(1) Dans la recension Z : « et en particulier l’adoration ». Dans la recension S : « et ce qui caractérise l’adoration ». (2) L’auteur a consacré, dans *Madârij al-sâlikîn* (3/27), un chapitre aux degrés de l’amour. Il en mentionne dix, le premier étant l’‘alâqa (l’attachement) et le dernier la khulla (l’amitié intime). Voir également, au sujet des appellations de l’amour et de leur étymologie, *Rawdat al-muhibbîn*, p. 95. (3) D’après la recension Sh ; on trouve également cette leçon dans *Badâ’i‘ al-fawâ’id*, p. 529, *Rawdat al-muhibbîn*, p. 152, et *Madârij al-sâlikîn*, 3/27. Dans les autres manuscrits : « en raison de l’attachement de l’amant ». (4) Dans la recension F : « certains ont dit ». (5) Vers de Majnûn Laylâ, dans *Al-Aghânî*, 2/13, entre autres sources. Voir également son *Dîwân*, p. 186. (6) Dans les recensions F et L : « l’autre ». Dans la recension Z, le vers suivant apparaît immédiatement après le précédent, sans séparation. (7) L’auteur cite ce vers dans *Badâ’i‘ al-fawâ’id* (p. 256 et 529), *Rawdat al-muhibbîn* (p. 102) et *Madârij al-sâlikîn* (3/27). Il est dû à al-Marrâr ibn Sa‘îd al-Faq‘asî. Voir *Khizânat al-adab*, 11/232. Dans la recension F : « loin de cela ». Le thaghâm est une plante dont les fruits et les fleurs sont blancs ; on la compare aux cheveux blancs. Le mukhlis désigne ce dont une partie est desséchée et l’autre encore verte. Le poète compare ainsi cette plante à ses cheveux mêlés, dont le blanc se mêle au noir.
فصل وخاصية التعبّد (١): الحبّ مع الخضوع والذلّ للمحبوب، فمن أحبّ شيئًا وخضع له فقد تعبد قلبه له. بل التعبّد آخر مراتب الحبّ، ويقال له التتيّم أيضًا (٢). فإنّ أول مراتبه: العلاقة، وسميت "علاقة " لتعلّق القلب (٣) بالمحبوب. قال (٤): وعُلِّقتُ ليلى وَهْيَ ذات تمائم … ولم يبدُ للأتراب من ثديها حَجْمُ (٥) وقال آخر (٦): أعلاقةً أمَّ الوُلَيِّدِ بعد ما … أفنانُ رأسكَ كالثَّغام المُخْلِسِ (٧) ثم بعدها الصبابة، وسمّيت بذلك لانصباب القلب إلى المحبوب.
(١) ز: "وخاصة التعبد". س: "وخاصية تعبد". (٢) عقد المؤلف في مدارج السالكين (٣/ ٢٧) فصلًا في مراتب المحبة، وذكر عشر مراتب، أولها العلاقة، وآخرها الخُلّة. وانظر في أسماء الحب واشتقاقها روضة المحبين (٩٥). (٣) من ش، وكذا في بدائع الفوائد (٥٢٩)، وروضة المحبين (١٥٢)، ومدارج السالكين (٣/ ٢٧) وفي النسخ الأخرى: "لتعلق المحب". (٤) ف: "قال بعضهم". (٥) لمجنون ليلى في الأغاني (٢/ ١٣) وغيره. انظر ديوانه (١٨٦). (٦) ف، ل: "الآخر". وفي ز ورد البيت الآتي بعد السابق دون فاصل. (٧) أنشده المصنف في البدائع (٢٥٦، ٥٢٩)، والروضة (١٠٢)، والمدارج (٣/ ٢٧). وهو للمرّار بن سعيد الفقعسي. انظر خزانة الأدب (١١/ ٢٣٢). وفي ف: "بعيد ما". الثغام: نبات أبيض الثمر والزهر، يشبّه به الشيب. المخلِس: الذي بعضه هائج وبعضه أخضر. شبّه به شعره الشميط، وهو الذي اختلط بياضه بالسواد.

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies