bien plus, elle prive de l’amour de Celui auprès de qui il n’est ni salut, ni félicité, ni vie vraiment profitable, si ce n’est en L’aimant, Lui seul. Qu’on choisisse donc l’un des deux amours : ils ne sauraient cohabiter dans un même cœur, ni s’en retirer ensemble. Celui, au contraire, qui se détourne de l’amour d’Allah, de Son rappel et du désir ardent de Le rencontrer, Allah l’éprouve par l’attachement à autre chose que Lui et Le châtie par cette passion même, ici-bas, dans le barzakh, puis dans l’au-delà.
Ainsi, Il peut le tourmenter par l’amour des idoles, ou par l’adoration de la croix, ou par le culte du feu, ou par la passion des jeunes imberbes, ou par la fascination des femmes, ou par la convoitise des richesses, ou par l’attachement excessif aux compagnons intimes et aux amis proches, ou encore par l’amour de tout ce qui est encore plus vil et méprisable. L’être humain est l’esclave de ce qu’il aime, quoi qu’il en soit ! Comme on l’a dit :
« Tout bien-aimé t’abat d’un coup fatal ;
Choisis donc, dans la passion, celui qui te sera idéal. »
Si Allah, le Maître et le Protecteur, n’est pas son Dieu, alors sa propre passion devient sa divinité. Le Très-Haut dit : « As-tu vu celui qui prend pour divinité sa propre passion ? Allah l’égare sciemment, scelle son ouïe et son cœur, place un voile sur sa vue ; qui donc le guidera après Allah ? Ne réfléchissez-vous donc pas ? » (s. al-Jâthiyah, v. 23).