…des deux maux afin d’être délivré du plus grave. Tel est le propre de l’intelligence ; on ne tient pas pour sensé celui qui agit à l’inverse, et il arrive même que les bêtes se trouvent en meilleure posture que lui.
La seconde condition est la force de résolution et de patience grâce auxquelles l’homme peut, dans l’action comme dans l’abstention, mettre ce choix en pratique. Il est en effet courant qu’une personne connaisse (1) parfaitement la différence de valeur entre les choses, mais que la faiblesse de son âme, le manque d’élan et de détermination l’empêchent de préférer ce qui est plus profitable, en raison de sa cupidité, de son avidité, de la bassesse de son âme et de la petitesse de ses ambitions. Un tel individu ne tire aucun profit de lui-même, et nul n’en tire profit.
Allah, exalté soit-Il, n’a accordé l’imâmat dans la religion qu’à ceux qui allient patience et certitude. Il dit — et c’est par Sa parole que se guident les bien-dirigés : « Nous avons désigné parmi eux des guides qui, par Notre ordre, dirigeaient les autres lorsqu’ils eurent fait preuve de patience et qu’ils eurent une conviction ferme en Nos signes » (2) [as-Sajda : 24].
C’est celui-là qui profite de son savoir (3) et dont les gens profitent (4). Son contraire ne tire aucun avantage de sa science, et personne (5) n’en tire avantage. Il est aussi des personnes qui profitent de leur savoir pour elles-mêmes, alors que les autres n’en retirent aucun bénéfice (6).
Le premier marche à la lumière qu’il porte, et les gens marchent à sa lumière ; le second a vu sa lumière s’éteindre : il avance dans les ténèbres et ceux qui le suivent avancent dans ses ténèbres ; quant au troisième, il marche seul dans sa lumière.