et existe-t-il une voie droite menant à la réussite ? L’ivrogne que grise le vin de la passion pourra-t-il jamais revenir à lui ?
Le cœur de l’amoureux lui appartient-il encore, alors que l’amour a gagné jusqu’au plus profond de son être ? Et, dans ce cas, quel moyen reste-t-il au médecin pour le guérir d’un mal si pernicieux ?
Si un censeur le réprimande, il savoure cette réprimande comme un rappel de son bien-aimé ; si un moralisateur l’admoneste, l’admonestation ne fait que l’exciter davantage et l’entraîner vers l’objet de son désir. Son état même parle pour lui, mieux encore : la langue de son propre aveu proclame :
« La passion m’a arrêté là où tu es ; de là, je ne puis
Ni reculer ni avancer d’un pas.
Tu m’as avili ; je me suis acharné à m’avilir moi-même :
Nul n’est honoré de toi quand tu le tiens pour vil.
Tu ressembles à mes ennemis, je me suis mis à les aimer,
Puisque la part que je tiens de toi est la même que je tiens d’eux.
Je goûte la douceur des reproches pour ton amour ;
Tant qu’ils rappellent ton nom, que les blâmeurs me blâment ! »
Il est fort probable que telle est précisément la première question soumise à la consultation, et le mal pour lequel on a sollicité un remède.
On répondit : « Oui ; le début de la réponse se trouve dans la parole : “Allah n’a fait descendre aucune maladie sans…” »
وهل من طريقٍ قاصدٍ إلى التوفيق؟ وهل يمكِن السكرانَ بخمرة الهوى أن يفيق؟
وهل يملك العاشق قلبَه، والعشق قد وصل إلى سويدائه؟ وهل للطبيب بعد ذلك حيلة في برئه (١) من سوء دائه؟
إن لامه لائم التذّ بملامه ذكرًا (٢) لمحبوبه، وإن عذله عاذل أغراه عَذلُه (٣)، وسار به في طريق مطلوبه. ينادي عليه شاهدُ حاله، بل لسانُ قالِه (٤):
وقف الهوى بي حيث أنتِ فليس لي … متأخَّرٌ عنه ولا متقدَّمُ
وأهنتِني فأهنتُ نفسي جاهدًا … ما من يهون عليكِ ممن يُكرَمُ
أشبهتِ أعدائي فصرتُ أحِبّهم … إذ كان حظّي منكِ حظّي منهمُ
أجد الملامةَ في هواكِ لذيذةً … حيًّا لذكركِ فَلْيَلُمْني اللُّوَّمُ (٥)
ولعل هذا هو المقصود بالسؤال الأول الذي وقع عليه الاستفتاء، والداء الذي طُلِب له الدواء.
قيل: نعم، الجواب من رأسِ "وما أنزل الله سبحانه من داءٍ إلا
(١) ف: "من برئه".
(٢) ف: "ذاكرًا".
(٣) "أغراه عذله" ساقط من س.
(٤) ف: "شاهد حاله بلسان قاله".
(٥) الأبيات لأبي الشيص الخزاعي في ديوانه (١٥١). وقد أوردها المصنف في روضة المحبّين (٤٥٢)، وانتقدها في طريق الهجرتين (٦٥٩).