et existe-t-il une voie droite menant à la réussite ? L’ivrogne que grise le vin de la passion pourra-t-il jamais revenir à lui ?
Le cœur de l’amoureux lui appartient-il encore, alors que l’amour a gagné jusqu’au plus profond de son être ? Et, dans ce cas, quel moyen reste-t-il au médecin pour le guérir d’un mal si pernicieux ?
Si un censeur le réprimande, il savoure cette réprimande comme un rappel de son bien-aimé ; si un moralisateur l’admoneste, l’admonestation ne fait que l’exciter davantage et l’entraîner vers l’objet de son désir. Son état même parle pour lui, mieux encore : la langue de son propre aveu proclame :
« La passion m’a arrêté là où tu es ; de là, je ne puis
Ni reculer ni avancer d’un pas.
Tu m’as avili ; je me suis acharné à m’avilir moi-même :
Nul n’est honoré de toi quand tu le tiens pour vil.
Tu ressembles à mes ennemis, je me suis mis à les aimer,
Puisque la part que je tiens de toi est la même que je tiens d’eux.
Je goûte la douceur des reproches pour ton amour ;
Tant qu’ils rappellent ton nom, que les blâmeurs me blâment ! »
Il est fort probable que telle est précisément la première question soumise à la consultation, et le mal pour lequel on a sollicité un remède.
On répondit : « Oui ; le début de la réponse se trouve dans la parole : “Allah n’a fait descendre aucune maladie sans…” »