Les Compagnons du Messager d’Allah ﷺ furent unanimes quant à la nécessité de le mettre à mort ; pas deux d’entre eux ne divergèrent à ce sujet (1). Ils ne se sont opposés que sur la manière même de l’exécuter (2). Certaines personnes ont cru, à tort, qu’il s’agissait là d’une divergence au sujet de la mise à mort ; or, chez les Compagnons, la chose relève du consensus (ijmâʿ) (3), non d’une question litigieuse.
Ils ont dit : quiconque médite la parole du Très-Haut : « N’approchez pas de la fornication ; c’est certes une turpitude et quel mauvais chemin ! » (17 : 32), puis Sa parole au sujet de la sodomie : « Allez-vous commettre l’abomination telle qu’aucun des mondes n’a jamais commise avant vous ? » (7 : 80), percevra l’écart entre les deux actes. En effet (4), le Très-Haut a employé la forme indéfinie du terme faḥisha (turpitude) pour la fornication, c’est-à-dire qu’elle est une turpitude parmi d’autres (5), tandis qu’Il l’a définie, au moyen de l’article, lorsqu’Il parle de la sodomie. Cela indique qu’elle concentre, à elle seule, tous les sens que recouvre le mot « turpitude », comme lorsque l’on dit : « Zayd est l’homme » (6) ou « Quel homme que Zayd ! », autrement dit : « Allez-vous commettre le trait dont l’infamie est reconnue de tous ? » (7) Si manifeste, si complète est son ignominie (8) qu’elle se passe de toute précision ; le terme ne peut désigner rien d’autre.
C’est semblable à la parole de Pharaon adressée à Moïse (9) : « Et tu as commis l’acte que tu as commis » (26 : 19) ; autrement dit : l’acte odieux, flagrant, connu de chacun.