Les deux kunyas que porte le père d’Ibn al-Qayyim sont « Abū Muḥammad » et « Abū Bakr ». En effet, « Abū Bakr » constitue son nom propre, tandis que « Abū Muḥammad » est sa kunya ; quant à Muḥammad, il s’agit d’Ibn al-Qayyim lui-même.
Il convient de relever que cette même tournure se rencontre, à l’identique, au début de la copie conservée à la Ẓāhiriyya.
Les deux manuscrits présentent d’ailleurs les mêmes lacunes ; la plus importante se trouve au fol. 47a, où environ sept lignes ont disparu à la suite d’un saut du regard du copiste. Cette phrase manque également dans la copie de la Ẓāhiriyya, ce qui montre que l’un des deux manuscrits dérive de l’autre ou qu’ils ont tous deux été copiés sur un même modèle.
La présente copie a été collationnée sur l’original, comme l’atteste la note placée à la fin : « Collation achevée dans la mesure du possible. » Cette indication est confirmée par les corrections marginales, par les cercles pointillés placés dans le texte et par le mot « balagha » relevé au fol. 41a.
Le manuscrit est passé par bien des mains — ainsi qu’en témoignent les formules de propriété — et il n’est donc pas surprenant que ses feuillets portent les commentaires de divers lecteurs. Certains ont même intercalé, entre les lignes, quelques mots destinés, pensaient-ils, à rectifier ou à expliciter le texte. En voici quelques exemples :
– fol. 2a : « fa-hādhā dawāʾ nāfiʿ muzīl li-l-duʿāʾ. » Tel qu’il figure dans la copie. Un lecteur a vocalisé « muzīl » avec redoublement du yāʾ et a écrit au-dessus : « c’est-à-dire muqawwī (fortifiant) ! » Sans se rendre compte que « li-l-duʿāʾ » est une mélecture et que la leçon correcte est « li-l-dāʾ » (pour le mal).
– fol. 3a : « wa-tawassala ilayhi bi-asmāʾihi wa-ṣifātihi wa-tawḥīdihi. » Après « asmāʾihi », quelqu’un a ajouté le mot « al-ḥusnā ».
– fol. 4b : « wa-ka-dhālika qadar dukhūl al-janna bi-l-aʿmāl. » Le passage est tronqué ; il faut lire : « … et l’entrée en Enfer par les œuvres », omission que le correcteur a suppléée en marge.