ni devant Allah ni devant les créatures, et la goutte de semence de l’auteur de l’acte agit dans son cœur et dans son âme comme le poison agit dans le corps (1).
Les savants ont divergé à propos de la question suivante : le passif de l’acte sodomite entrera-t-il au Paradis ? J’ai entendu Cheikh al-Islâm rapporter deux avis à ce sujet. Ceux qui soutiennent qu’il n’y entrera pas avancent plusieurs arguments, dont ce hadith du Prophète ﷺ : « Ne pénétrera pas au Paradis l’enfant né de la fornication » (2).
Si telle est la condition de l’enfant illégitime – alors même qu’il n’a commis aucune faute –, c’est parce qu’il est considéré comme le réceptacle potentiel de toute perversité et de toute impureté. On ne peut guetter de lui aucun bien, puisqu’il est créé à partir d’une semence impure. Or, si un corps nourri de biens illicites est plus digne du Feu, que dire d’un corps façonné dès l’origine par une semence illicite ?
(1) *Al-Turuq al-hukmiyya*, p. 138.
(2) Ahmad l’a rapporté, 3/202 (no 6892) ; Ibn Hibban, 8 (no 3383) ; al-Nasa’i dans *al-Sunan al-kubra* (no 4916) ; et al-Tahawi dans *Sharh Mushkil al-athar* (no 914), par la voie d’al-Thawri, de Shayban et de Jarir, d’après Mansur, d’après Salim ibn Abi al-Ja‘d, d’après Jaban, d’après ‘Abd Allah ibn ‘Amr, avec une chaîne qui le fait remonter au Prophète.
Shu‘ba le rapporte d’après Mansur, d’après Salim, d’après Nabit ibn Sharit, d’après Jaban, d’après ‘Abd Allah ibn ‘Amr. Ahmad l’a rapporté (no 6882), ainsi qu’al-Nasa’i dans *al-Sunan al-kubra* (no 4914), Ibn Hibban (no 3384) et d’autres.
Al-Nasa’i a dit : « Nous ne connaissons personne qui ait suivi Shu‘ba en rapportant ce hadith par l’intermédiaire de Nabit ibn Sharit. » *Tuhfat al-ashraf*, 6/283. Après avoir mentionné la voie de Shu‘ba, al-Bukhari a dit dans *al-Tarikh al-kabir*, 2/257 : « Cette voie n’est pas authentique. On ne connaît pas de transmission directe de Jaban d’après ‘Abd Allah ibn ‘Amr, ni de Salim d’après Jaban, ni de Nabit [d’après Jaban]. » Ibn Khuzayma a dit : « Jaban est inconnu. »
Shu‘ba le rapporte également par une autre voie, d’après Ibn ‘Amr, comme une parole arrêtée à ce Compagnon. Al-Nasa’i l’a rapporté (no 4917).
Mujahid le rapporte aussi, mais la transmission qui lui est attribuée a fait l’objet de nombreuses divergences. Voir le détail chez al-Nasa’i dans *al-Sunan al-kubra*, chez Abu Nu‘aym dans *Hilyat al-awliya’*, 3/307-309, ainsi que dans l’édition critique de *Musnad Ahmad*, 11/473-493 et 474-495.