De plus, ce péché se commet le plus souvent d’un commun accord entre les deux parties ; il n’y entre ni agression, ni injustice, ni viol capables de révolter les cœurs. Au contraire, un désir impérieux s’empare d’eux, ils se le représentent complaisamment et une compassion surgit alors qui les détourne de l’application de la peine.
Tout cela procède d’une faiblesse de la foi. La perfection de la foi veut qu’apparaisse chez le croyant une force grâce à laquelle il exécute l’ordre d’Allah (1), et une miséricorde par laquelle il prend en pitié le condamné, se conformant ainsi à son Seigneur — exalté soit-Il — tant dans Son commandement que dans Sa miséricorde (2).
Troisièmement, Allah — qu’Il soit exalté — a ordonné que leur peine soit infligée en présence des croyants, et non dans un lieu retiré où nul ne les verrait. Cela réalise au mieux l’intérêt du ḥadd et la sagesse de la dissuasion (3).
La peine de l’adultère pour la personne déjà mariée est empruntée au châtiment qu’Allah infligea au peuple de Loth, la lapidation. En effet, la fornication et la sodomie partagent la même obscénité, et toutes deux renferment une corruption contraire (4) à la sagesse divine dans la création et dans l’ordre qu’Il a établi.
La sodomie recèle en effet des maux que l’on ne saurait compter ni dénombrer (5). Il vaudrait même mieux pour celui qui la subit d’être mis à mort que d’être pénétré : il se corrompt d’une corruption dont on ne peut plus jamais espérer la moindre rectification.
Tout son bien disparaît, la terre aspire de son visage la sève même de la pudeur (6), si bien qu’il n’éprouve plus ensuite la moindre honte.