de tout homme qui parle : « Il ne prononce aucune parole sans qu’un observateur vigilant ne soit auprès de lui. » (Qâf, 18)
La langue comporte deux périls majeurs ; quand on échappe à l’un, on n’est pas nécessairement à l’abri de l’autre : le péril de la parole et le péril du silence. Chacun d’eux peut, selon les circonstances, être plus gravement peccamineux que l’autre. Celui qui se tait au sujet de la vérité est un démon muet, désobéissant à Allah, hypocrite et complaisant, à moins qu’il ne craigne pour sa propre personne (1). Quant à celui qui profère le faux, il est un démon parlant, désobéissant à Allah. La plupart des gens s’égarent aussi bien dans leurs paroles que dans leurs silences ; ils se tiennent entre ces deux extrêmes.
Les gens du juste milieu – ceux de la voie droite – retiennent leur langue du faux et ne la libèrent que pour ce qui leur vaudra un profit dans l’Au-delà. Aucun d’eux n’accepte de prononcer ne fût-ce qu’un mot qui s’en irait perdu, sans utilité, et a fortiori un mot qui lui nuirait dans l’Au-delà (2).
Il se peut qu’au Jour de la Résurrection un serviteur arrive avec des bonnes œuvres aussi massives que des montagnes pour découvrir que sa langue les a toutes réduites à néant ; et qu’il vienne avec des péchés pareils à des montagnes (3), pour constater que sa langue les a abattus, grâce à l’abondance de sa mention d’Allah et de ce qui s’y rattache.
Section
Quant aux pas, on les garde (4) en veillant à ne poser le pied que là où l’on espère une récompense ; si sa marche ne recèle aucun gain supplémentaire, mieux vaut s’abstenir et rester assis. Il lui est alors possible de…